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10/07/2012, 18:22 - 545 mots
par Ioana Patran
BUCAREST (Reuters) - Le président roumain, Traian Basescu, accusé d'abus de pouvoir par le gouvernement et le Parlement, garde une chance de conserver son poste à l'issue du référendum du 29 juillet sur la procédure de destitution qui le vise.
La Cour constitutionnelle a approuvé une nouvelle loi qui prévoit que, pour être adoptée, une mesure soumise à référendum ne doit plus être votée par plus de la moitié des électeurs inscrits mais par la simple majorité des votants.
Cependant, et cela laisse une chance au président, la Cour a précisé que pour qu'un référendum soit valable, la participation devra être supérieure à la moitié des électeurs inscrits.
La participation aux élections locales du mois dernier, remportées par l'Union sociale libérale (USL), parti de centre gauche du Premier ministre Victor Ponta, a été d'environ 56%. Si les partisans de Basescu s'abstiennent lors du référendum, elle pourrait tomber sous les 50%, ce qui permettra le maintien à son poste du chef de l'Etat.
"J'aimerais bien voir comment l'USL fera pour conduire neuf millions de gens à aller voter en juillet", s'interroge Laura Stefan, du groupe de réflexion Expert Forum.
Le gouvernement a annoncé qu'il respecterait la décision de la Cour constitutionnelle.
Mais peu après, un responsable de l'USL, Mihai Voicu, affirmait que le décret rendu la semaine dernière, qui ne fixe aucun seuil de participation lors du référendum, s'appliquait toujours. La décision "de la Cour constitutionnelle concerne un projet de loi dont le contenu n'est pas identique à celui du décret", a-t-il affirmé.
VICTOR PONTA JEUDI À BRUXELLES
Le Parlement roumain, où l'USL est majoritaire, a suspendu vendredi le président soutenu par la droite, accusé d'avoir tenté d'influer sur la justice et d'avoir enfreint la Constitution.
La Commission européenne s'est dite mardi inquiète de cette situation. "Nous sommes inquiets (...) de la rapidité et des conséquences des décisions qui ont été prises ces dernières semaines", a déclaré la porte-parole de la Commission.
La semaine dernière, José Manuel Barroso, le président de la Commission, avait invité la Roumanie à respecter "l'Etat de droit, les contre-pouvoirs démocratiques et l'indépendance de la justice". Il recevra jeudi à Bruxelles Victor Ponta.
Selon un sondage de l'institut IMAS publié dimanche, deux tiers des Roumains voteraient en faveur de la destitution du président lors du référendum.
Les partisans du président, dont la popularité a été affaiblie par son soutien à des mesures d'austérité, affirment que Victor Ponta cherche à faire oublier des accusations de plagiat dans la rédaction de sa thèse de doctorat rendue en 2003, et menace par ses actions un accord de cinq milliards d'euros conclu avec le Fonds monétaire international (FMI).
Victor Ponta, troisième Premier ministre en Roumanie depuis le début de l'année, avait initialement menacé de remplacer des juges de la Cour constitutionnelle. Trois de ses neuf membres sont nommés par les députés et trois autres par le Sénat, l'USL étant majoritaire dans les deux chambres.
Il y a renoncé face aux critiques internationales mais gouverne désormais par des décrets d'urgence, qui prennent effet avant que la Cour puisse juger de leur validité.
Le Premier ministre a nié mettre en danger l'Etat de droit et l'économie de la Roumanie, le deuxième Etat le plus pauvre de l'Union européenne après la Bulgarie.
Avec Radu Marinas, Sam Cage et Luiza Ilie, Justyna Pawlak à Bruxelles, Baptiste Bouthier et Guy Kerivel pour le service français