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par Marat Gurt
ASHGABAT (Reuters) - Les Turkmènes se rendent aux urnes ce dimanche pour une élection présidentielle promise au chef de l'Etat sortant, Kourbangouli Berdimoukhamédov.
Elu en 2007 avec 89% des voix, ce dentiste de 54 ans qui se trouve à la tête de 4% des réserves mondiales de gaz naturel exerce également les fonctions de Premier ministre, de commandant en chef des armées et de président du parti unique. Ses décisions sont sans appel.
Rares sont ses administrés capables de reconnaître les portraits de ses adversaires sur les bulletins de vote. Impossible en revanche de manquer le sien, omniprésent dans les rues comme dans les halls d'hôtels.
Pour les sept autres prétendants, parmi lesquels figurent plusieurs ministres et le directeur d'une firme textile publique, la campagne s'est résumée à faire l'éloge le chef de l'Etat.
A l'issue d'une mission d'évaluation, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a jugé inutile de dépêcher des observateurs.
"Le Turkménistan reste, par choix, fermé à toute surveillance internationale. Aucune organisation internationale indépendante n'a été autorisée à se rendre dans le pays pour y mener des missions de recherche ou de surveillance.
"VOIX DISSIDENTES RÉDUITES AU SILENCE"
"Dans un tel climat, les voix dissidentes sont réduites au silence et les citoyens privés de leur droit à la liberté d'expression", déplore John Dalhuisen, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International dans un communiqué.
Seule la Corée du Nord et l'Erythrée figurent plus bas que le Turkménistan dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporter sans frontières.
Après son arrivée aux affaires, Berdimoukhamédov s'est attaché à démanteler le culte de la personnalité entretenu par son prédécesseur, Saparmourat Niazov, premier président de l'ère post-soviétique, qui a succombé à une crise cardiaque en décembre 2006.
Il est notamment revenu sur sa décision de rebaptiser les mois pour célébrer les symboles nationaux. Janvier fut ainsi désigné pendant plusieurs années sous le nom de Turkmenbachi, qui signifie chef des Turkmènes. Entre autres bizarreries, Niazov avait en outre interdit l'opéra, le cirque et les dents en or.
Soucieux de diversifier les sources de devises et de séduire les investisseurs, son successeur a noué des liens solides à l'étranger, notamment avec Pékin, qui a englouti plus de huit milliards de dollars dans le secteur turkmène de l'énergie.
La Chine a ainsi fait construire un oléoduc de 2.000 km pour acheminer le pétrole de la Caspienne jusqu'à sa frontière, alors que les négociations sur son équivalent vers l'Europe patinent.
Jean-Philippe Lefief pour le service français
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