Contenu :
reuters.com - 28/02/2009 à 16:53 - 571 mots

par Laure Bretton
PARIS (Reuters) - Après avoir scellé les retrouvailles entre la direction de Martine Aubry et les partisans de Ségolène Royal, les socialistes se sont mis samedi tant bien que mal en ordre de bataille pour les élections européennes.
La composition des listes a fait l'objet d'âpres négociations jusque tard dans la nuit mais à la mi-journée, la plupart des dirigeants réunis à Paris entonnaient le refrain de l'unité, pour "donner un nouveau sens à l'Europe", selon les mots de Martine Aubry.
Pour le nouveau premier secrétaire, la tâche relevait quasiment de la mission impossible : respecter les critères qu'elle avait elle-même fixés - parité, diversité, renouvellement - et réussir un savant dosage entre les courants nés du congrès de Reims, en novembre.
Finalement, si les proches de Bertrand Delanoë tirent un peu mieux leur épingle du jeu que les trois autres écuries, les équilibres sont globalement respectés.
Au-delà des questions de personnes, la maire de Lille avait à trouver un modus vivendi sur le fond entre anciens partisans du "non" et du "oui" à la Constitution européenne, quatre ans après le référendum qui avait conduit le PS au bord de l'implosion.
"Quand j'ai été élue premier secrétaire, on a dit: 'oh la la, la pauvre fille, l'Europe, c'est une des barrières qui l'attendent'. Moi je n'avais pas grande crainte", a-t-elle assuré à l'issue de la réunion du Conseil national, le Parlement du PS.
Face à "l'Europe de Barroso, Sarkozy et Berlusconi", les socialistes français "sont unis pour dénoncer et proposer", a-t-elle ajouté.
En 2004, le PS avait obtenu 28,9% des suffrages, le meilleur score de son histoire aux européennes, soit 31 des 78 eurodéputés hexagonaux. Les sondages oscillent aujourd'hui entre 20 et 23% des intentions de vote, ce qui donnerait au parti de 20 à 24 élus sur les 72 en jeu.
VOTE SANCTION
Les listes, dont certaines ont été composées aux forceps dans la nuit, seront soumises au vote des militants, le 12 mars. Le programme du PS sera présenté le 21 mars.
Samedi, le Conseil national a également adopté le projet électoral du PS, en partie basé sur le "Manifesto" rédigé en décembre par le Parti socialiste européen (PSE).
Là encore, Martine Aubry a réfuté toute dissension interne. Le texte a été adopté par 215 voix, deux abstentions et "aucun vote contre", a-t-elle remarqué.
"Aujourd'hui, tous les socialistes se sont réconciliés avec leur idée commune de l'Europe et ils ont envie de faire des petits chez les Français", a déclaré le premier secrétaire à l'orée de sa première bataille électorale à la tête du PS.
Huit meetings sont prévus dans chacune des grandes régions électorales et Martine Aubry envisage une tournée des capitales européennes, a-t-on appris dans son entourage.
Vacances de Pâques obligent, la campagne sera courte - quatre à cinq semaines.
L'enjeu pour le PS consiste à drainer une partie du vote sanction contre Nicolas Sarkozy, dont l'impopularité va croissant, tout en faisant une "campagne positive" sur le contenu de la politique européenne, explique le conseiller du premier secrétaire, François Lamy.
Après avoir médiatisé le retour des "royalistes" dans sa direction mardi, Martine Aubry a multiplié les égards envers Vincent Peillon, l'un des lieutenants de l'ancienne candidate présidentielle et l'un des hérauts du "non" en 2005.
"Viens à côté de moi, on est nouveaux amis!", lui a-t-elle glissé au moment de la photo de famille. Député européen élu dans le Nord-Ouest en 2004, Vincent Peillon conduira finalement la liste PS dans le Sud-Est. "C'est notre cerise sur le gâteau", a lancé Martine Aubry.
© 2009 Thomson Reuters. All rights reserved. Reuters content is the intellectual property of Thomson Reuters or its third party content providers. Any copying, republication or redistribution of Reuters content, including by framing or similar means, is expressly prohibited without the prior written consent of Thomson Reuters. Thomson Reuters shall not be liable for any errors or delays in content, or for any actions taken in reliance thereon. "Reuters" and the Reuters Logo are trademarks of Thomson Reuters and its affiliated companies. For additional information on other Reuters media services please visit http://about.reuters.com/media/.
|
Les plus commentés |
|
Les plus envoyés |
| Les plus lus |



Pied de page :