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20/07/2012, 17:47 - 479 mots
par Oliver Holmes
BEYROUTH (Reuters) - Alors que les combats font rage entre les rebelles et les pro-Assad dans plusieurs quartiers de Damas, les habitants du centre-ville ont commencé vendredi le ramadan le coeur lourd.
Habituellement, le premier jour du mois sacré du calendrier musulman est une journée calme, avant que l'animation ne reprenne à la tombée de la nuit, avec la rupture du jeûne. Mais vendredi les Damascènes ont découvert une ville morte, avec de rares véhicules passant dans les rues, un spectacle contrastant avec les embouteillages qui engorgent normalement l'agglomération.
Les rares habitants qui ont osé sortir de chez eux ont pu noter que les forces de sécurité protégeant les lieux de pouvoir étaient moins présentes que les jours précédents.
Les forces pro-gouvernementales sont mises à rude épreuve, notamment après l'attentat de mercredi qui a décapité une partie de l'appareil sécuritaire du régime en plein coeur de Damas.
Voulant montrer que le régime gardait la maîtrise de la situation, la télévision d'Etat a diffusé vendredi en direct des images des principales voies de communication et des quartiers.
"Je ne vois pas l'Armée syrienne libre (ASL) dans les rues de Damas, mais je ne vois pas non plus l'armée", explique un Damascène qui s'est rendu dans le centre-ville, de la vieille ville à la place des Omeyyades.
CHALEUR ACCABLANTE
Dans ce climat, seules quelques supérettes restaient ouvertes, tandis que la majorité des autres magasins avait gardé leur rideau fermé. Difficile dans ces conditions de fêter le ramadan comme il est de coutume.
"Si le régime reste en place et si les tueries se poursuivent, alors il va être difficile de ressentir l'ambiance habituelle du ramadan, avec le plaisir de se retrouver tous ensemble", explique Ghassan, homme d'affaires de 52 ans, qui a préféré ne pas donner son nom de famille.
"Maintenant, il n'y a plus d'unité. Nous ne savons même pas où se trouvent les membres de notre famille. Dans ces conditions, il ne peut pas y avoir de ramadan", regrette-t-il.
L'ambiance est d'autant plus pesante qu'il n'y a plus d'électricité dans de nombreux quartiers de la capitale, alors que la température dépasse les 40°C.
"Je pense plus à la révolution qu'au ramadan. Normalement, nous nous préparons au ramadan, mais là, il n'y a que mort et destruction", dit Lina, 40 ans, femme au foyer. "Mais si le régime tombe ces prochains jours, alors la portée du ramadan va redoubler", poursuit-elle.
Sur la grande place où se trouve la mosquée des Omeyyades, une dizaine de familles déplacées par les combats sont assises par terre, entourées des mosaïques vertes et dorées, qui faisaient il y a encore quelques mois l'admiration des touristes.
"Tous les hôtels pas trop chers sont pleins", se désespère une femme pauvre, venue de Kfar Sousseh, un quartier ravagé par les combats.
Maigre consolation, le personnel de la mosquée a donné son accord pour que les familles dorment à l'intérieur des murs de la célèbre mosquée.
Benjamin Massot pour le service français