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Les dirigeants d'une usine Akers toujours séquestrés à Fraisses

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a demandé la libération de quatre cadres dirigeants de l'entreprise Akers, séquestrés depuis la veille à Fraisses (Loire) dans le cadre d'un conflit social.

Le groupe métallurgique suédois Akers a annoncé le 3 novembre la fermeture, en juin prochain, de cette usine qui emploie 117 salariés.

La majorité des salariés, en grève, contestent le plan d'indemnisation et de reclassement et ont décidé de séquestrer les dirigeants pour se faire entendre.

"Il ne saurait y avoir de poursuite du dialogue tant que les dirigeants n'auront pas recouvré leur entière liberté d'action", déclare Christian Estrosi dans un communiqué.

"Rien ne peut justifier des comportements aussi irresponsables, qui remettent en cause les avancées obtenues pour les salariés dans le cadre de la table ronde organisée à Bercy", ajoute-t-il.

La direction a proposé mercredi soir pour chaque salarié une prime de 30.000 euros sous conditions - notamment la reprise du travail. Les grévistes exigeaient jusqu'à présent 30.000 à 60.000 euros.

"On avait démarré à 60.000 euros et hier soir, le président d'Akers France s'engageait à annoncer 30.000 euros", a expliqué l'un d'eux, Yves Pardon, sur i>Télé.

"Ce matin, apparemment, ça a un petit peu changé puisqu'on ne serait plus que sur une base de 20.000, donc on va voir ce qu'on va faire", a-t-il ajouté.

"LA BONNE SOLUTION"

Laurent Dousselin, le directeur du site, qui figure au nombre des cadres séquestrés, a déclaré jeudi matin aux journalistes qu'il ne disposait plus de la part d'Akers Suède des "mêmes marges de négociation".

"On est déterminés. On est dans une multinationale qui a un carnet de commandes pour 2010 qui peut monter jusqu'à 20 millions d'euros. (...) S'ils veulent vraiment fermer l'usine, il va falloir qu'ils financent", a dit Yves Pardon.

Ce dernier a justifié le choix de la séquestration par l'échec de leurs précédentes initiatives.

"Ça fait deux mois à peu près qu'on a essayé d'autres méthodes, on va dire beaucoup plus simples", a-t-il témoigné.

"Le problème, c'est qu'on a démarré sur une base de 6.000 euros à peu près, à la première réunion on est montés à 10.000 et on est restés sur 10.000", a précisé ce salarié.

"Donc en une seule nuit, on a eu des propositions jusqu'à 30.000 avec une séquestration. C'est triste à dire, mais apparemment c'était la bonne solution", a-t-il commenté.

Il n'a pas exclu une intervention des forces de l'ordre. "Plus ça durera et plus on risque de se faire sortir, c'est le jeu".

Akers France emploie quelque 800 personnes en France sur quatre sites: Sedan, dans les Ardennes, Thionville (Moselle), Berlaimont (Nord) et Fraisses.

Le groupe est spécialisé dans la production de plaques de refroidissement pour hauts fourneaux, de cylindres en acier, en composite, en fonte et en alliages spéciaux.

(Sophie Louet et Jean-Baptiste Vey, édité par Gilles Trequesser)

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