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Les primaires pour 2012, nouveau casus belli socialiste

par Laure Bretton

MARSEILLE (Reuters) - Avant la rentrée officielle du Parti socialiste, les partisans de primaires ouvertes à toute la gauche pour la présidentielle de 2012 ont donné de la voix samedi à Marseille.

Comme en Italie ou aux Etats-Unis, ces derniers veulent faire désigner le candidat par les sympathisants de gauche, lors d'un vote dont les modalités techniques - corps électoral, participation financière, etc. - restent à définir.

Ils pressent Martine Aubry d'en accepter le principe le plus rapidement possible mais la dirigeante socialiste n'entend pas discuter de cette question avant les élections régionales, au printemps prochain.

Au début des années 70, François Mitterrand avait oeuvré au "programme commun" de la gauche, qui devait contribuer à sa victoire de 1981.

Trente ans, trois présidentielles consécutives perdues et une crise de leadership plus tard, les avocats des primaires estiment qu'un candidat commun à tous les partis est la seule solution pour que la gauche revienne au pouvoir.

"Dans ce cycle politique qui commence, c'est la dernière tentative pour nous sauver (...) C'est une question de vie ou de mort", a prévenu Manuel Valls, l'un des orateurs du débat organisé à Marseille par le courant du PS dirigé par Vincent Peillon, l'Espoir à gauche.

Au PS, le débat sur les primaires est principalement animé par des anciens partisans de Ségolène Royal lors de la présidentielle de 2007 et des "quadras" soupçonnés de vouloir en faire un instrument pour se débarrasser de la vieille garde.

Mais l'engagement, samedi sur RTL, de Bertrand Delanoë, très sceptique jusqu'alors, est venu démentir tout combat de chapelle ou de génération. "Il faut ouvrir les portes et les fenêtres et inviter tous les citoyens de gauche à réfléchir avec nous" à la question du leader, a dit le maire de Paris, qui se prononce pour des primaires ouvertes "le plus rapidement possible" et un travail en parallèle sur le projet de la gauche.

ULTIMATUM

D'autres au PS, notamment dans l'entourage de l'ancien premier secrétaire François Hollande, traînent les pieds au motif que les militants socialistes pourraient se sentir dépossédés de leur voix si on faisait voter tous les "citoyens de gauche".

"Dans la tradition du PS, il n'y a de leader que naturel", a fait remarquer Olivier Ferrand, qui dirige le "think tank" socialiste Terra Nova lors du débat marseillais. Or, a souligné le chercheur, depuis l'ex-Premier ministre Lionel Jospin, "ce leader naturel, qui n'est contesté par personne d'autre, n'existe pas". "Si, Obama!", a plaisanté un militant présent dans l'assistance.

Même si la direction valide l'idée de primaires ouvertes, le processus risque d'être compliqué au PS, concède Vincent Peillon.

Faudra-t-il organiser une "primaire dans la primaire" pour désigner le candidat socialiste qui sera en compétition avec les autres leaders de la gauche ? Et si, une fois le candidat socialiste choisi, l'un des concurrents déçus décide de se présenter quand même, le PS devra-t-il l'exclure ? s'interroge le député européen.

Arnaud Montebourg, qui a présidé une commission sur les primaires au PS et doit publier la semaine prochaine un livre sur le sujet, s'est finalement décommandé à Marseille.

Son absence, alors qu'il entend tenir un "atelier clandestin" sur la question lors de l'université d'été de La Rochelle, irrite le camp Peillon. "Cela prouve qu'il roule pour lui et considère qu'il fait des primaires un instrument personnel", juge un proche du député européen.

Mercredi, Arnaud Montebourg avait pourtant lancé un ultimatum à Martine Aubry, promettant de quitter la direction du parti si son "dernier combat" n'aboutissait pas rapidement.

"Le PS n'est pas sommé de résoudre la question du mode de sélection du prochain candidat dans les trois mois sous peine de disparaître", lui répond indirectement le porte-parole du PS, Benoît Hamon, dans Le Parisien samedi.

Edité par Gérard Bon

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