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Moscou veut la paix en Syrie avant une mission de l'Onu

Source : reuters.com - 13/02/2012 | 13:32 - 554 mots  | 
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par Steve Gutterman

MOSCOU (Reuters) - La Russie étudie la proposition de la Ligue arabe d'envoyer une force de maintien de la paix de l'Onu en Syrie mais souhaite l'arrêt des combats comme préalable à son éventuel déploiement, a déclaré lundi le ministre russe des Affaires étrangères.

Sergueï Lavrov a également répété que la communauté internationale devait faire pression à la fois sur l'opposition et sur le gouvernement syrien pour mettre fin à l'insurrection débutée mi-mars 2011.

La Ligue arabe a voté dimanche une résolution demandant aux Nations unies d'envoyer une mission de paix de l'Onu et des pays arabes en Syrie, où se poursuit la répression contre l'opposition au président Bachar al Assad.

"Nous étudions cette initiative, et nous comptons sur nos amis de la Ligue arabe pour nous présenter des éclaircissements sur certaines clauses", a déclaré Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse à l'issue d'un entretien avec son homologue des Emirats arabes unis, Abdoullah Bin Zayed al Nahyanin.

L'appel de la Ligue arabe accentue la pression sur la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité dont le veto opposé le 4 février à une résolution appelant Assad à renoncer à ses pouvoirs a été dénoncé par les pays arabes et occidentaux.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elarabi, a estimé que Moscou et Pékin avaient perdu leur crédit diplomatique à la suite de ces vetos.

Lundi, la Chine a déclaré soutenir les efforts de médiation de la Ligue arabe en Syrie mais ne s'est pas prononcée explicitement sur l'envoi de casques bleus préconisé par l'organisation du Caire.

HAGUE EXCLUT DES TROUPES "AU SOL"

Sergueï Lavrov a de son côté estimé qu'une mission de l'Onu devait être précédée d'une paix effective sur le terrain que des casques bleus se chargeraient ensuite de faire respecter.

Mais en laissant entendre que l'opposition syrienne n'était pas prête à mettre fin à la violence, le chef de la diplomatie russe a ajouté qu'il n'existait pour l'heure aucun mécanisme susceptible de déboucher sur une trêve.

"En d'autres termes, il est nécessaire de se mettre d'accord sur une sorte de cessez-le-feu mais le drame, c'est que les groupes armés qui affrontent les forces de ce régime ne dépendent d'aucune autorité et ne sont pas contrôlés", a déclaré Sergueï Lavrov. L'arrêt des violences doit être "universel", a encore souligné le ministre.

Tout déploiement d'une mission de maintien de la paix nécessiterait un consensus des grandes puissances qui restent divisées sur leur attitude face à la situation en Syrie.

La proposition de la Ligue arabe ne précise pas si la création d'une mission commune Onu-Ligue arabe impliquerait l'envoi de troupes armées, ou si l'aide qu'elle se propose de donner à l'opposition couvrirait la livraison d'armes.

Lors d'une visite au Cap, le secrétaire au Foreign Office, William Hague, a déclaré ne pas envisager que des troupes occidentales puissent intervenir "au sol" en Syrie dans le cadre d'une force de maintien de la paix.

Moscou, comme Pékin, a été échaudé par le vote de la résolution 1973 sur la Libye, en mars dernier, qui a ouvert la voie à une intervention de l'Otan contre les forces de Mouammar Kadhafi. La Russie est une proche alliée de la Syrie, à qui elle vend des armes et qui héberge une base navale russe.

Avec Ben Blanchard à Pékin, Wendell Roeff au Cap, Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Source : reuters.com - 13/02/2012 | 13:32 - 554 mots  | 
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