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Poutine veut promouvoir une "aristocratie ouvrière" en Russie

Source : reuters.com - 13/02/2012 | 17:40 - 692 mots  | 
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par Alissa de Carbonnel

MOSCOU (Reuters) - A trois semaines de l'élection présidentielle, Vladimir Poutine a promis lundi une hausse des dépenses dans les domaines de la santé, de l'éducation et des services sociaux pour s'attirer les suffrages des classes moyennes en mal de reconnaissance en Russie.

Dans un article publié à la "une" du quotidien populaire Komsomolkaïa Pravda, le Premier ministre et candidat le 4 mars pour un troisième mandat au Kremlin reconnaît que le pays souffre d'une crise de logements abordables et de services sociaux dignes de ce nom.

Il rejoint ainsi les préoccupations des classes moyennes urbanisées qui sont descendues dans la rue ces derniers temps pour protester contre son gouvernement.

Déplorant qu'un Russe sur huit vive sous le seuil de pauvreté avec un tout petit plus que l'équivalent de 200 dollars par mois, l'ancien agent du KGB s'engage à combler le fossé entre les riches et les pauvres et à relever les salaires des enseignants.

Il promet aussi d'agir pour améliorer le niveau de vie de ses compatriotes après des années de déclin en augmentant les allocations familiales.

"Il y a tout juste dix, douze ans, le débat tournait sur la manière d'empêcher toute une catégorie de la société -avant tout et principalement les retraités- de tomber au-dessous du seuil de pauvreté", écrit le chef du gouvernement sortant dans un article intitulé "Bâtir l'égalité: une politique sociale pour la Russie".

Pour lui, la perception de ce qui correspond à un niveau de vie adéquat a changé. "La population, et surtout les classes moyennes, instruites et bien payées, est globalement mécontente de la qualité des services sociaux", admet Vladimir Poutine.

ENSEIGNANTS, FAMILLES NOMBREUSES, ÉTUDIANTS

Selon les sondages d'opinion, il sera réélu dans un fauteuil au poste qu'il a occupé pendant huit ans jusqu'en 2008, avant de permuter avec Dmitri Medvedev, le président sortant avec qui il a dirigé la Russie en tandem, la Constitution lui interdisant de briguer un troisième mandat présidentiel consécutif.

Toutefois, Vladimir Poutine est confronté à des manifestations de rue sans précédent depuis qu'il a pris les commandes de la Russie il y a douze ans. Et il n'est même pas sûr qu'il échappe cette fois-ci à un second tour au soir du 4 mars.

Parmi les promesses du candidat Poutine figure une forte hausse des traitements des agents de la fonction publique, y compris pour les professeurs des écoles et des universités, les médecins et les chercheurs.

Les familles nombreuses et les étudiants sont également choyés par le Premier ministre sortant qui s'engage à réduire le coût du logement.

"ARISTOCRATIE OUVRIÈRE"

Il préconise une "aristocratie ouvrière" en proposant une série de mesures accordant des pouvoirs accrus aux travailleurs dans la gestion des entreprises, une formation professionnelle renforcée et de meilleures perspectives de carrière.

Il reconnaît que satisfaire ses objectifs en matière d'augmentations de salaire pour le personnel de santé, les chercheurs et les enseignants exigera "des ressources importantes", équivalant selon lui à 1,5% du PIB, soit environ 30 milliards de dollars.

Bien que, d'après lui, les pensions et retraites des agents de l'Etat "pèsent" environ 10% du PIB, Vladimir Poutine s'est prononcé contre un relèvement de l'âge de la retraite à 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes, ce qui soulagera d'autant le budget de l'Etat.

Pour certains économistes et analystes politiques, semblables promesses relèvent du populisme et pourraient coûter cher à l'Etat en période d'incertitude économique.

"Cet article est un exemple flagrant de populisme, qui ne semble pas très efficace de nos jours, parce que Vladimir Poutine a, pour une bonne part, perdu son crédit auprès de la population russe", tranche Dmitri Orechkine.

Les Russes se sont globalement enrichis depuis la fin de l'économie centralisée et l'introduction du libéralisme au lendemain de la désintégration de l'Union soviétique en 1991. L'économie a connu une rapide expansion à l'époque où Vladimir Poutine occupait le Kremlin grâce, notamment, à l'envolée des cours mondiaux des hydrocarbures, principale exportation du pays.

Mais les classes moyennes émergentes de grandes villes comme Moscou ou Saint-Pétersbourg s'inquiètent d'une corruption omniprésente, des écarts de richesse et d'un système politique verrouillé et dominé par un homme qui pourrait accomplir deux nouveaux mandats de six ans à la tête de la Russie.

Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Source : reuters.com - 13/02/2012 | 17:40 - 692 mots  | 
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