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ROME (Reuters) - Le président du Conseil italien, Mario Monti, a subi un premier revers parlementaire qui illustre les divergences de la coalition sur laquelle il s'appuie et le mécontentement suscité à droite comme à gauche par son programme d'austérité.
La Chambre des députés s'est prononcée tard jeudi soir par 264 voix contre 211 en faveur d'un amendement qui autorise à poursuivre des juges pour des erreurs judiciaires.
Le gouvernement était hostile à ce texte, dont l'adoption pourrait donner lieu à une grève dans la magistrature. La ministre de la Justice, Paola Severino, a promis qu'il serait rejeté au Sénat.
Présenté par la Ligue du Nord, l'amendement était soutenu par le Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi, prédécesseur de Mario Monti, et par quelques élus frondeurs du Parti démocrate, qui cohabitent difficilement au sein de la coalition gouvernementale. La Ligue faisait partie du gouvernement Berlusconi, connu pour ses démêlés avec les juges.
Bien que le gouvernement de Mario Monti ne soit pas menacé, le résultat du vote et les acclamations qui ont suivi donnent la mesure du mécontentement d'une classe politique éclipsée par des experts non élus, dont l'action face à la crise de la dette est très appréciée des Italiens et de l'Union européenne.
Qui plus est, le trouble suscité par la démission en novembre de Silvio Berlusconi, qui avait perdu la confiance des marchés financiers, reste palpable au PDL.
L'adoption rapide d'un plan d'austérité et de mesures de relance de la croissance a permis de restaurer en partie cette confiance, mais les détracteurs de la nouvelles équipe au pouvoir déplorent son inexpérience des affres parlementaires.
Barry Moody, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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