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Quatre complices présumés de Jean-Pierre Treiber mis en examen

PARIS (Reuters) - Trois hommes et une femme soupçonnés d'avoir aidé Jean-Pierre Treiber, double assassin présumé arrêté vendredi après 74 jours de cavale, ont été mis en examen pour "recel de malfaiteur" dimanche par un juge d'Auxerre (Yonne), apprend-on de source judiciaire.

Ce délit est passible de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Régis Charpentier, déjà condamné pour proxénétisme, a été écroué. Il a fourni à Jean-Pierre Treiber le logement où il a résidé du 8 novembre jusqu'à son arrestation, un appartement à Melun (Seine-et-Marne) loué au nom de la fille de Régis Charpentier.

Michel Huys, ouvrier agricole, a également été placé en détention provisoire. C'est chez lui, dans un village de l'Essonne, que Jean-Pierre Treiber s'était d'abord rendu le 10 octobre et où il a été initialement abrité.

La compagne de Michel Huys, Marie-Thérèse Fournier, a été laissée libre sous contrôle judiciaire, de même que le quatrième suspect, Christian Top, un handicapé au chômage.

Lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision, le procureur d'Auxerre, François Pérain, a mis en cause les médias, qui ont, selon, lui gêné l'enquête et fait concurrence à la police.

Pendant qu'il hébergeait le criminel présumé, Régis Charpentier a tenté de négocier avec plusieurs personnes et plusieurs sociétés la vente de photos et de témoignages, a par ailleurs dit le magistrat.

Deux autres femmes, compagnes de Charpentier et Top, avaient été libérées samedi sans être inquiétées.

Le studio de 27m² où se cachait le fugitif à Melun a été ouvert à la presse, qui en publie des photos dimanche. Il apparaît très sale et dénué de tout ameublement.

PASSIBLE DE LA PERPÉTUITÉ

L'ancien garde-chasse est écroué à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) depuis vendredi soir, dans l'attente de son procès à la cour d'assises de l'Yonne en avril.

Accusé des meurtres de Géraldine Giraud et de Katia Lherbier en novembre 2004, il s'était évadé le 8 septembre de la prison d'Auxerre en se glissant dans un carton. Il risque trois ans de prison et 45.000 euros d'amende pour s'être évadé et la perpétuité pour les crimes qui lui sont reprochés.

Dans leurs dépositions relatées par le procureur, Michel Huys a expliqué que Jean-Pierre Treiber, un de ses anciens collègues de travail, s'était présenté chez lui, dans le village des Ecrennes (Essonne), le 10 octobre, "affamé et amaigri". On ignore ce que Jean-Pierre Treiber a fait entre son évasion et cette date, a dit le magistrat.

Le fuyard est resté chez Michel Huys jusqu'au 8 novembre. Ce dernier a ensuite sollicité Régis Charpentier, qui a conduit l'évadé dans le studio de Melun le même jour.

"Régis Charpentier a tenté de négocier les droits à l'image de Jean-Pierre Treiber et ses déclarations auprès de différents intermédiaires et entreprises", a dit le procureur. Charpentier a dit à la police: "Je voyais la commission au bout."

Christian Top, ami de Huys, a fourni au fugitif de la confiture et du fromage. La police est remontée jusqu'au fuyard par Michel Huys, plaçant une balise sous sa voiture.

Depuis son évasion, Jean-Pierre Treiber avait envoyé plusieurs lettres à des journaux et à son amie où il se disait innocent, déclarait sa flamme à son amie baptisée son "Hartzala" (petit coeur, en alsacien) et livrait des récits détaillés et poétiques de sa supposée existence dans les bois.

La police, qui a manqué début octobre d'arrêter le fuyard grâce à un traquenard monté près d'un arbre où il plaçait les lettres destinées à son amie, était depuis tournée en dérision dans les médias internationaux.

Le procureur a blâmé la presse pour les difficultés de l'enquête. "Nous avons eu le sentiment d'être en compétition avec certains journalistes", a-t-il dit.

Thierry Lévêque, édité par Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André

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