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Relance médiatique de l'enquête sur la disparition d'Estelle

PARIS (Reuters) - La justice française recourt aux médias et à un portrait électroniquement vieilli pour tenter de relancer l'enquête sur la disparition d'Estelle Mouzin, à Guermantes (Seine-et-Marne) le 9 janvier 2003.

Le document commandé par un juge d'instruction montre la jeune fille - âgée de neuf ans à sa disparition - théoriquement à l'âge de 16 ans et dans l'hypothèse où elle serait vivante. Le portrait vieilli est publié mardi en "Une" du Parisien-Aujourd'hui en France.

La chaîne de télévision TF1 devait diffuser mardi soir une émission sur le dossier et montrer le portrait.

"Je ne suis pas le chef d'orchestre de cette opération", a dit le père de la fillette, Eric Mouzin, sur France Info.

Il explique avoir lancé un appel en direction du ravisseur potentiel pour qu'il donne des informations.

L'affaire Estelle Mouzin, disparue sur le chemin de l'école, est remontée jusqu'au sommet de l'Etat, le président Nicolas Sarkozy ayant promis à ses parents que tout serait mis en oeuvre pour faire la lumière sur ce dossier.

Des centaines d'interrogatoires et des investigations tous azimuts n'ont pas permis aux policiers de trouver la moindre piste.

En février 2008, des policiers ont détruit partiellement un restaurant chinois des environs de Guermantes, à la recherche d'un corps de fillette qu'une rumeur, infondée, disait enterré sur les lieux.

Une piste incriminant le tueur en série Michel Fourniret, condamné à perpétuité au printemps 2008 pour une série de meurtres de fillettes et jeunes filles, a été délaissée.

Il avait été soupçonné après son arrestation en 2003, car il possède une camionnette blanche comme celle qui a été signalée près des lieux de la disparition d'Estelle Mouzin. Une photo de presse de la fillette a été retrouvée sur son ordinateur.

Michel Fourniret a nié toute implication à son procès.

La police française le considère comme hors de cause, car un appel téléphonique au fils de Fourniret, Christian, qui fêtait le 9 janvier 2003 son anniversaire, a été passé peu après 20h00 le jour de la disparition d'Estelle Mouzin, du domicile que les Fourniret avaient alors en Belgique, à Sart-Custinne.

La police belge croyait toutefois à cette piste et Me Didier Seban, avocat de la famille Mouzin, estime que le coup de téléphone n'innocente pas Michel Fourniret. Il entend demander de nouvelles investigations aux magistrats de Meaux (Seine-et-Marne), réticents sur cette piste.

Un expert judiciaire mandaté pour identifier les personnes qui consultaient le site internet de l'association créée par Eric Mouzin n'a par ailleurs jamais rendu son travail, a dit le père de la fillette.

Thierry Lévêque, édité par Sophie Louet

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