reuters.com

Rumeurs et désinformation nourrissent le conflit syrien

07/08/2012, 16:23 - 659 mots

par Peter Apps

LONDRES (Reuters) - Le conflit syrien, de plus en plus sanglant sur le terrain, s'intensifie aussi dans le cyberespace où des hackers des deux bords alimentent rumeurs et désinformation.

Dimanche, des messages sur un compte Twitter piraté de l'agence Reuters laissaient présager la défaite des rebelles à Alep. Le lendemain, des "tweets" émanant d'un soi-disant diplomate russe annonçaient la mort de Bachar al Assad et Moscou diffusait un démenti officiel.

Reuters a dû fermer temporairement vendredi le système permettant de poster des blogs sur www.reuters.com après l'apparition d'une série d'articles non autorisés et inexacts faisant état de revers militaires de l'opposition syrienne.

Deux jours plus tard, l'agence a suspendu son compte @ReutersTech sur la plate-forme de microblogging Twitter dont le nom avait été modifié en @ReutersME (pour Middle East) et qui diffusait de faux messages visant l'Armée syrienne libre.

Ce n'est pas la première fois que des médias ou des institutions sont visés par les partisans de Bachar al Assad. L'an dernier, un portrait du président syrien en uniforme militaire était apparu sur le site de l'université d'Harvard, une action revendiquée par "l'armée électronique syrienne".

Mais le gouvernement syrien n'est pas non plus à l'abri d'attaques informatiques. Le groupe Anonymous a ainsi affirmé être à l'origine du vol de milliers de courriels internes au régime, y compris des échanges entre Bachar al Assad et son épouse, qui ont ensuite été diffusés sur le site WikiLeaks.

"Il n'est pas surprenant que la Syrie cherche à développer une capacité en matière de guerre électronique", relève John Bassett, ancien haut responsable de la société de renseignement électronique GCHQ.

"Mais les capacités techniques du régime semblent assez basiques et le piratage des emails personnels d'Assad et sa femme cette année montrent que ses cyberdéfenses ont des failles importantes", ajoute-t-il.

DES AMATEURS ?

Ces derniers mois, "l'armée électronique syrienne" a semble-t-il choisi de viser les médias étrangers.

En avril, la chaîne saoudienne Al Arabia a brièvement perdu le contrôle d'un de ses comptes Twitter, qui a été utilisé pour diffuser une série de messages évoquant une crise politique au Qatar, allié de la rébellion. Les "tweets" annonçaient le limogeage du Premier ministre, l'arrestation de sa fille à Londres et un coup d'Etat militaire.

En juillet, Al Djazira, dont le siège est à Doha, a subi une attaque similaire.

Cette 'cyberguerre des mots' ne joue pourtant pas un effet primordial, estime Tal Be'ery, chercheur en sécurité informatique de la société Imperva.

"Le problème avec ces attaques, c'est qu'elles sont vite repérées et que même si elles parviennent à faire les grands titres et à tromper des gens pendant une courte période de temps, elle n'ont qu'un effet très limité."

"Ce n'est pas techniquement très perfectionné et je pense que ces attaques sont plutôt le fait d'amateurs que du régime lui-même. Cela nous enseigne qu'Assad jouit toujours d'un certain soutien à l'intérieur et à l'extérieur du pays, mais c'est tout", juge-t-il.

TRAQUE DES RÉSEAUX

La priorité pour les experts informatiques des deux camps est bien plutôt la surveillance des réseaux.

"La première cible de l'armée électronique syrienne est certainement ses propres citoyens", estime Alexander Klimburg, de l'institut autrichien des affaires internationales.

"Il est dur d'évaluer le succès de leur traque des opposants, mais ils semblent bien meilleurs que les anciennes polices secrètes tunisienne ou égyptienne, et aussi bons que les forces de sécurité iraniennes dans ce domaine."

L'Iran, voire la Russie, alliés de Damas, sont d'ailleurs soupçonnés d'aider le gouvernement. Téhéran a étouffé la contestation consécutive à l'élection présidentielle de 2009 pourtant partie d'internet.

Quant aux Russes, précise Tal Be'ery, "on sait qu'ils enregistrent beaucoup de succès avec de faux profils Facebook, de faux certificats de sécurité ou d'autres méthodes pour forcer les sites de l'opposition".

Les experts soulignent cependant que la Syrie de Bachar al Assad s'intéresse elle-même depuis longtemps à internet. Avant d'accéder à la présidence à la mort de son père Hafez en 2000, Bachar al Assad dirigeait la "société informatique syrienne", un groupement considéré souvent comme le précurseur de l'armée électronique syrienne.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

LA TRIBUNE BOURSE
  • CAC 40
  • Internationaux
  • Indicateurs
Palmarès
Valeurs Cours Variation
CAP GEMINI 38,67 € +1,59 % up
ALSTOM 28,87 € +1,41 % up
EADS 42,53 € +1,20 % up
ESSILOR INTL. 87,27 € -2,42 % down
VEOLIA ENVIRONNEMENT 9,62 € -2,32 % down
CREDIT AGRICOLE 7,12 € -1,89 % down
Accéder à la plateforme bourse
Libellé Cours Var. Var.
1er janv.
NASDAQ Com.. 0 (c) 0,00 % 0,00 %
NASDAQ 100 0 (c) 0,00 % 0,00 %
S&P 500 1 651 Pts (c) -0,29 % +18,03 %
DOW JONES 15 244 Pts -0,33 % +16,72 %
FTSE 100 0 (c) 0,00 % 0,00 %
NIKKEI 14 612 Pts (c) +0,89 % +40,57 %
RTS Moscou 1 386 Pts (c) -1,10 % -8,15 %
Toronto S&.. 12 658 Pts (c) -0,74 % +2,71 %
Accéder aux indices internationaux
Matières premières
Libellé Cours Variation
Or 1 387,80 $ +0,01% up
Brent 102,03 $ +0,91% up
Wti 93,41 $ +0,45% up
Argent 22,54 $ +0,20% up
Platine 1 451,50 $ -0,41% down
Devises
USD EUR JPY GBP CHF CNY
USD - 0,7744 100,9400 0,6614 0,9625 6,1331
EUR 1,2914 - 130,3900 0,8543 1,2433 7,9219
JPY 0,0099 0,0077 - 0,0066 0,0095 0,0607
GBP 1,5119 1,1698 152,6070 - 1,4551 9,2810
CHF 1,0386 0,8037 104,8500 0,6867 - 6,3736
CNY 0,1631 0,1262 16,4664 0,1077 0,1569 -
Accéder aux devises et matières premières