Contenu :

Des renforts arrivent à... Déluge sur le sud d'Israël, un mort...

Sarkozy interpelle les Mahorais sur l'immigration clandestine

par Yann Le Guernigou

MAMOUDZOU, Mayotte (Reuters) - Nicolas Sarkozy a appelé la population de Mayotte à participer à la lutte contre l'immigration clandestine, fléau dans cette île de l'océan Indien, en refusant d'employer des étrangers en situation irrégulière.

Il a invité en outre les Mahorais, qui affichent le niveau de richesse par habitant le plus bas de toutes les collectivités françaises d'Outre-mer, à prendre en mains leur développement économique en exploitant notamment le potentiel touristique "formidable" de leur île.

Symboliquement, le chef de l'Etat a consacré la première étape d'une visite de quelques heures à Mayotte, une collectivité appelée à devenir en 2011 le 101e département français, à une rencontre avec les acteurs de la lutte contre l'immigration clandestine en provenance des Comores voisines.

Il s'est fait fort de souligner que les effectifs de la police des frontières sur place avaient été multipliés par 12 depuis 2002, qu'ils disposaient désormais d'un hélicoptère et recevraient prochainement un quatrième radar pour traquer les passeurs en mer.

Le résultat en est que, l'an passé à Mayotte, 20.000 étrangers en situation irrégulière ont été expulsés, soit quatre fois plus qu'en 2002 et quasiment autant qu'en France métropolitaine.

"Mais ne nous voilons pas la face: le combat est loin d'être gagné", a dit Nicolas Sarkozy dans un discours prononcé devant plus de 10.000 personnes dans le centre de Mamoudzou, la capitale du territoire.

Venus pour la plupart de l'île d'Anjouan (Comores), distante de 115 km, sur des embarcations de fortune, les immigrés clandestins, sont estimés entre 40.000 et 60.000 sur une population globale de 186.000 personnes. Beaucoup travaillent dans le secteur agricole.

VASTE HYPROCRISIE

Pour le chef de l'Etat, "il faut mettre fin à une vaste hypocrisie", celle que "15.000 travailleurs à Mayotte sont des clandestins" dans une collectivité où le taux de chômage est estimé à 26%.

"On ne peut pas, d'un côté, vouloir de l'emploi pour la jeunesse mahoraise, se plaindre des problèmes engendrés par l'immigration irrégulière et, de l'autre côté, en tirer avantage", a-t-il dit.

Il est revenu d'autre part sur les événements de décembre dernier, où des manifestations contre la vie chère ont dégénéré en violences qui ont fait deux blessés graves dans les rangs des forces de l'ordre, pour demander que les responsables de ces débordements "soient recherchés, jugés et punis".

Même si la presse locale a déploré une visite menée "à vitesse supersonique", Nicolas Sarkozy a été accueilli en "père de la départementalisation", ayant tenu sa promesse de campagne d'organiser un référendum sur la question où le "oui" a recueilli l'an passé 95% des voix.

Officiel en 2011, le statut de département ne sera mis en oeuvre que progressivement, notamment au niveau des prestations sociales pour éviter autant que possible de rendre Mayotte encore plus attractive pour les immigrés des Comores, dont l'île a fait sécession en choisissant de rester française en 1974.

"La lettre programme aux Mahorais" publiée lors de la campagne électorale de 2007 promettait une augmentation des capacités portuaires et aéroportuaires de l'île ainsi que son "désenclavement numérique", dossiers qui restent d'actualité.

Deuxième président français à se rendre à Mayotte après Jacques Chirac en 2001, Nicolas Sarkozy a souligné que la métropole, distante de 10.000 km, était prête à lui donner "toutes les infrastructures nécessaires" mais qu'il revenait à l'île de créer sa propre richesse économique.

Il a plus particulièrement évoqué le tourisme, jugeant "honteux" que le nombre de visiteurs ne dépasse pas 40.000 par an du fait de l'insuffisance d'infrastructures.

La création d'un parc marin, dont il a signé le décret lundi, organisé autour du lagon de Mayotte et de ses récifs coralliens, devrait contribuer sur ce point à son attractivité.

Édité par Yves Clarisse

© 2010 Thomson Reuters. All rights reserved. Reuters content is the intellectual property of Thomson Reuters or its third party content providers. Any copying, republication or redistribution of Reuters content, including by framing or similar means, is expressly prohibited without the prior written consent of Thomson Reuters. Thomson Reuters shall not be liable for any errors or delays in content, or for any actions taken in reliance thereon. "Reuters" and the Reuters Logo are trademarks of Thomson Reuters and its affiliated companies. For additional information on other Reuters media services please visit http://about.reuters.com/media/.

CAC 40 : 3047,94 +0,32%
Recherche valeurs :
Dernière Minute

Pied de page :