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PARIS (Reuters) - Philippe Séguin épingle des "dérives" dans les dépenses de la présidence française de l'Union européenne, dont le budget suscite une passe d'armes entre majorité et opposition.
Le président de la Cour des comptes, dont l'institution a publié un rapport établissant à 171 millions d'euros la facture globale de la présidence française, de juillet à décembre 2008, est revenu jeudi sur ses conclusions.
"Ce n'était pas un épisode très glorieux de l'utilisation de nos finances publiques", a-t-il déclaré sur Europe 1.
"Il y a eu un certain nombre de dérives, un certain nombre d'erreurs", en grande partie dues à des décisions de dernière minute, a-t-il souligné.
Compte tenu de délais très courts, il n'a pas été possible de lancer des appels d'offre ou de rédiger des cahiers des charges: "On a improvisé et les fournisseurs s'en sont un peu donnés à coeur joie", a estimé Philippe Séguin.
Pour lui, ce genre de dépenses et de controverses pourrait être évité si la France était dotée d'un vrai centre de rencontres internationales.
Au-delà du coût total de la présidence, les critiques se sont cristallisées sur le sommet de l'Union pour la Méditerranée, en juillet 2008 à Paris.
La Cour consacre cinq pages au sommet, des repas servis aux dignitaires aux travaux au Grand Palais dans son rapport, commandé par le Sénat et publié la semaine dernière.
Le sommet a coûté près de 17 millions d'euros, dont plus d'un million pour le dîner officiel des chefs d'Etat et de gouvernement et 245.572 euros pour les bureaux des délégations, dont une douche provisoire pour Nicolas Sarkozy.
"SARKOSHOW"
"Les 245.000 euros dont il est question ne s'appliquent pas aux douches et encore moins à la douche qui aurait été prévue spécialement pour le président de la République. Ils sont relatifs à un espace de rencontres et de bureaux et les douches ne sont qu'un élément parmi les autres", a précisé Philippe Séguin.
Mercredi, sans contester la facture totale, plusieurs ministres se sont attachés à défendre les dépenses de la présidence française, dénoncés par le socialiste René Dosière, qui s'est spécialisé dans le contrôle des dépenses de l'Elysée.
"Le président de la République ne demande pas à prendre sa douche au Grand Palais. Il prend sa douche à l'Elysée ou chez lui", a expliqué le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, lors du compte rendu du conseil des ministres.
Un coût de 245.000 euros pour une douche, "ce serait scandaleux si c'était vrai mais c'est faux", a défendu le ministre du Budget, Eric Woerth, à l'Assemblée.
A l'instar de Philippe Séguin, le Quai d'Orsay a expliqué que le Grand Palais avait dû être aménagé faute de structure existante.
"Dans ce contexte, les frais engagés ont été plus importants que ceux qu'ils auraient pu être sur une plate-forme d'accueil de type centre de conférences internationales", a dit un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
A gauche, on dénonce un gaspillage des finances publiques.
"Dépenser l'argent des contribuables pour des dîners prestigieux qui ne servent pas à grand-chose, c'est une honte", a dit le député socialiste André Vallini sur i "Un million d'euros par jour, cela n'a pas grand sens", a renchéri Pierre Moscovici. "Cette présidence s'annonçait comme un Sarkoshow. C'est ce qui s'est passé". Laure Bretton, édité par Yves Clarisse
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