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par Chrystel Boulet-Euchin
PARIS (Reuters) - La Française Amélie Mauresmo baisse à 30 ans le rideau d'une carrière qui l'a vue occuper le haut de la hiérarchie mondiale du tennis et décrocher deux titres du Grand Chelem.
"Je suis venue pour vous annoncer la fin de ma carrière. C'est une décision mûrement réfléchie", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse, avant d'éclater en sanglots.
Cette décision s'est imposée "lors des dernières semaines, des derniers mois".
"Ca devenait difficile mentalement. Ça a été une période douloureuse, limite dépression", a-t-elle dit. "Entre la petite fille qui en rêvait et l'envie de faire d'autres choses, j'étais entre ange et démon. Il y avait une lutte entre les deux."
Une première fois numéro un mondiale en 2004, Amélie Mauresmo a remporté l'Open d'Australie et Wimbledon en 2006 et repris alors la tête du classement.
"Ce qui se passe, c'est que je n'ai plus envie d'aller à l'entraînement", a-t-elle reconnu. "Ma vie tennistique, ça fait 25 ans que ça dure, il y a eu des choses extraordinaires, mais aussi des choses difficiles."
Amélie Mauresmo, qui possédait l'un des tout meilleurs revers du circuit, a décroché 25 titres sur le circuit WTA depuis ses débuts professionnels en 1993.
Elle a gagné la Fed Cup avec la France en 2003, obtenu la médaille d'argent aux Jeux olympiques d'Athènes en 2004 et compte à son palmarès une victoire au Masters l'année suivante.
"J'avais trois objectifs dans ma carrière: devenir n°1 mondiale, décrocher un titre du Grand Chelem et une Fed Cup, je les ai remplis", a dit Amélie Mauresmo, joueuse française la plus titrée depuis Suzanne Lenglen.
IMMENSE FIERTÉ
Elle n'a toutefois pas réussi à s'imposer devant son public à Roland-Garros, où elle n'a jamais passé le cap des quarts de finale.
Après une victoire au tournoi d'Anvers en février 2007, elle a mis longtemps à se remettre d'une appendicite et sa carrière a ensuite été perturbée par des blessures.
Amélie Mauresmo a connu une traversée du désert de deux ans, émettant déjà l'idée d'une retraite, avant de remporter l'Open Gaz de France à Paris cette année.
Elle a ensuite échoué dans sa quête d'un nouveau titre à Wimbledon, battue en huitième de finale par Dinara Safina. Amélie Mauresmo n'avait plus joué depuis sa défaite au deuxième tour de l'US Open face à la Canadienne Aleksandra Wozniak.
"Ma chance cette saison a été de vivre des émotions fortes, plus que les années précédentes", a-t-elle raconté.
"Mais aujourd'hui, je ne suis plus capable de faire ce que demande une victoire à l'Open Gaz (...). Quand je joue à la belote, j'ai envie de gagner grave... Là, la flamme, l'envie, la passion, ce n'est plus là."
Elle n'a pas souhaité, à la manière de Fabrice Santoro cette année, faire une saison d'adieux programmés.
"J'ai vu Fabrice faire ses adieux sur tous les tournois, ce n'est pas quelque chose qui me tente", a dit Amélie Mauresmo.
"Je me retourne sur ma carrière avec aucun regret et une immense fierté. Ce dont je suis la plus fière ? Ma persévérance pour aller chercher mes objectifs. Je n'ai jamais vécu tout ça comme un sacrifice mais comme des choix et aujourd'hui, je ne me sens pas frustrée."
Amélie Mauresmo aime à penser qu'elle aura laissé une trace, au delà de ses performances sportives.
"L'honnêteté, la simplicité, le respect, ce sont des valeurs, en dehors du sport, que je crois avoir apportées."
"UN PEU PEUR DE L'AVENIR"
Le Française ne sait pas encore de quoi sera fait demain. "Ce qui est sûr, c'est que c'est une décision qui va changer ma vie, ni plus, ni moins, et ce n'est pas anodin", a-t-elle dit.
"Moi, j'aime bien prendre mon temps pour me décider comme vous avez pu le constater. Transmettre, pourquoi pas ? Mais ce n'est pas d'actualité tout de suite.
"Bien sûr j'ai un peu peur de l'avenir, c'est la fin de quelque chose. Certains psys appellent ça 'la petite mort', ce n'est pas anodin."
Un retour en arrière et donc sur les courts, comme l'ont fait récemment les Belges Kim Clijsters et Justine Henin, n'est pour l'instant pas envisagé par l'ancienne numéro un mondiale.
"La vie m'a appris qu'il ne faut jamais dire jamais mais les joueuses que vous évoquez ont arrêté beaucoup plus jeunes que moi. j'ai 30 ans, les chances sont minces", a-t-elle souligné.
Côté vie privée, Amélie Mauresmo, qui avait révélé son homosexualité lors de sa première finale à l'Open d'Australie perdue en 1999 contre Martina Hingis, alors qu'elle était âgée de 20 ans, n'a pas voulu se faire le porte-parole de l'homoparentalité. "Fonder une famille n'est pas mon désir profond aujourd'hui", a-t-elle dit.
Edité par Julien Prétot
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