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PARIS (Reuters) - Jean-Pierre Treiber, arrêté vendredi après deux mois et demi de cavale, a été écroué à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) et cinq de ses complices présumés doivent être présentés à un juge dimanche, apprend-on de source judiciaire.
Accusé des meurtres de Géraldine Giraud et de Katia Lherbier en novembre 2004, Jean-Pierre Treiber s'était évadé le 8 septembre de la prison d'Auxerre (Yonne). Il a été arrêté dans un appartement du centre de Melun (Seine-et-Marne).
Il risque trois ans de prison et 45.000 euros d'amende pour s'être évadé.
Six personnes soupçonnées de l'avoir aidé pendant sa fuite ont été placées en garde à vue à Nanterre (Hauts-de-Seine), et cinq d'entre elles devraient être déférées dimanche à Auxerre, a déclaré cette source.
"Le parquet envisage une ouverture d'information des chefs de recel de malfaiteur", a-t-elle ajouté, précisant que la peine encourue était de trois ans de prison.
Le procès de Jean-Pierre Treiber pour meurtre, prévu en avril devant la cour d'assises de l'Yonne, se déroulera comme prévu, a indiqué le ministère de la Justice. Il encourt la réclusion à perpétuité.
La police a arrêté le fugitif dans un logement appartenant à la fille d'un de ses amis, qui avait été placé sous surveillance depuis quelque temps, a-t-on expliqué vendredi de source judiciaire.
Une balise avait été placée sous la voiture de cet homme, ce qui a permis de constater qu'il se rendait régulièrement dans ce logement en principe inhabité.
AUCUNE RÉSISTANCE
L'homme a découvert la balise vendredi. Les policiers s'en sont aperçus et ont décidé de l'arrêter et de perquisitionner dans le logement, où ils ont découvert le fugitif, qui s'est rendu sans résistance.
Depuis son évasion, Jean-Pierre Treiber avait déjoué des dispositifs de surveillance perfectionnés et s'était manifesté à plusieurs reprises en envoyant des lettres à des journaux et à son amie, dans lesquelles il clamait son innocence.
Le fuyard, ancien garde-forestier, promettait de venir à son procès, se disait victime d'une injustice et livrait des récits détaillés et poétiques de sa supposée existence dans les bois.
Jean-Pierre Treiber est accusé des crimes car les corps des deux femmes ont été retrouvés enterrés dans sa propriété et parce qu'il était en possession, lors de son arrestation, de leurs cartes de crédit.
Des zones d'ombre demeurent toutefois. Une femme accusée d'avoir commandité le crime a bénéficié d'un non-lieu et des ADN inconnus ont été trouvés sur les pièces à conviction.
L'assassin présumé a mis sur les dents l'administration pénitentiaire ainsi que la police et la gendarmerie lancées à ses trousses depuis sa rocambolesque évasion, caché dans un carton emporté par le camion d'une entreprise.
La fuite n'avait été découverte qu'au bout d'une journée, Jean-Pierre Treiber ayant fait croire qu'il voyait un magistrat ce jour-là pour éviter que l'alerte ne soit donnée trop vite après la constatation de son absence.
Jean-Baptiste Vey, édité par Jean-Loup Fiévet
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