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par Daren Butler
ISTANBUL (Reuters) - La police turque a procédé mercredi à un nouveau coup de filet dans les rangs de l'armée, arrêtant notamment un général, dans le cadre d'une enquête sur les conditions de la chute du gouvernement islamiste de Necmettin Erbakan en 1997.
D'après les médias turcs, la police a procédé à des perquisitions à Istanbul, Ankara et Izmir, de même qu'à Kars dans l'est du pays.
Le parquet a déclaré aux chaînes de télévision qu'il avait émis des mandats d'arrêt contre sept officiers d'active et six autres à la retraite.
Parmi les premiers officiers arrêtés figure l'ancien général Fevzi Turkeri, ancien chef de la gendarmerie au domicile duquel la police a effectué une perquisition, rapporte la chaîne publique NTV.
La police a également interpellé Yildirim Turker, président d'un fonds de pension de l'armée, Oyak, un puissant conglomérat industriel ayant des intérêts dans la sidérurgie, les cimenteries ou encore la construction automobile.
Necmettin Erbakan, qui est mort en mars 2011 à l'âge de 85 ans, avait été porté au pouvoir par la victoire électorale d'une formation se réclamant d'un islam modéré, une première dans l'histoire de la Turquie moderne.
L'actuel AKP (Parti de la justice et du développement) au pouvoir est la résurgence du Parti de la prospérité, d'Erbakan, qui avait été interdit après la chute du gouvernement que dirigeait ce dernier.
Sous l'impulsion de l'actuel gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, l'appareil judiciaire turc a ouvert une série d'enquêtes contre des membres actuels ou passés de la hiérarchie militaire, qui s'est longtemps présentée comme la garante du caractère laïque de l'Etat turc.
KENAN EVREN EN PROCÈS
Les arrestations intervenues mercredi portent à une cinquantaine le nombre de personnes appréhendées depuis deux semaines dans le cadre des enquêtes judiciaires visant le rôle de l'armée dans des complots présumés ainsi que dans la chute d'Erbakan.
Lors de la première vague d'arrestations le 12 avril, la police a appréhendé 31 personnes, dont le général en retraite Cevik Bir, l'une des 18 personnes à avoir été maintenues en détention par la suite en l'attente de leur procès, ce pour éviter qu'ils ne prennent la fuite.
Durant le week-end dernier, huit autres personnes, dont un ancien général, ont été placées en détention provisoire. Aucune clause ne permet d'obtenir une libération sous caution en Turquie et la détention provisoire peut durer des mois.
Au total, plusieurs centaines d'officiers, dont une partie d'active et les autres en retraite, doivent être jugés ou sont actuellement en procès pour leur participation présumée aux complots "Ergenekon" et "Marteau de forge" contre Recep Tayyip Erdogan et son gouvernement.
Erdogan a déclaré durant le week-end que les dernières instructions en cours ne devaient pas tourner à une "chasse aux sorcières", tout en ajoutant que l'enquête devrait mettre au jour la collusion entre des officiers conspirateurs et des dirigeants du monde de la finance, des médias mais aussi des universitaires.
Ce mois-ci s'est ouvert le procès du général en retraite et ancien président Kenan Evren, âgé de 94 ans, qui dirigea le putsch militaire de 1980. Ce coup d'Etat s'était soldé par une cinquantaine d'exécutions, des milliers de cas de torture et la disparition de centaines de personnes durant les années de régime militaire qui avaient suivi.
Bertrand Boucey et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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