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NANCY (Reuters) - Un pharmacien hospitalier a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle, vendredi à Nancy, pour avoir mortellement empoisonné son fils de cinq ans.
Les jurés de la Cour d'assises de la Meurthe-et-Moselle l'ont en revanche relaxé de l'accusation d'empoisonnement sur son épouse qui n'avait pas été prouvée. La femme avait survécu.
L'avocat général Yvon Calvet avait requis trente ans de prison assortis d'une période de sûreté de quinze ans en estimant que l'accusé était coupable des deux crimes.
Xavier Haristoy, 35 ans, encourait la réclusion criminelle à perpétuité pour les deux chefs d'accusation.
Il a reconnu avoir tué son fils en lui administrant de l'azoture de sodium le 2 juillet 2005, alors qu'il venait de prendre l'enfant en charge pour le début des vacances, quinze jours après le prononcé de son divorce.
Il a en revanche toujours nié avoir empoisonné sa femme, également pharmacienne hospitalière, qui avait été hospitalisée trois fois au printemps 2004 pour des maux dont la cause est restée indéterminée, à un moment où le couple était en train de se déliter.
Pour Me Bertrand Becker, l'un de ses avocats, Xavier Haristoy, issu d'une famille bordelaise quelque peu "rigide", a très mal vécu cette dissolution des "liens sacrés du mariage", mais pas au point d'empoisonner sa femme ou de vouloir la mort de son fils.
"Pour des raisons que je ne m'explique toujours pas, il a voulu faire du mal à cet enfant mais il n'a jamais réalisé que ce mal entraînerait sa disparition", a-t-il plaidé.
Alexis était mort dans la nuit à l'hôpital de Nancy où son père l'avait conduit sans révéler l'origine de ses souffrances.
CRIME PRESQUE PARFAIT
Pendant plus de quatre heures au cours desquelles son fils avait agonisé, il avait, au contraire, orienté les urgentistes vers d'autres hypothèses, comme une chute de vélo.
"C'est parfaitement éclairant de votre volonté de tuer", a souligné Yvon Calvet.
Quant aux motivations de cet infanticide, elle restent "incompréhensibles", a admis l'avocat général, tout faisant le tri dans les explications "fluctuantes" de l'accusé.
Si la volonté de récupérer la garde de l'enfant, confié à son épouse, ne tient "pas du tout", le fait qu'Alexis ait constitué un obstacle à sa volonté de débuter une nouvelle vie peut expliquer le geste, a-t-il dit.
Une nouvelle conquête du pharmacien venait de lui signifier qu'elle n'envisageait pas de s'engager avec un homme divorcé ayant un enfant.
Les expertises psychiatriques ont décrit Xavier Haristoy comme un "narcissique qui fait primer son intérêt".
L'accusé, mince homme brun au visage lisse souligné de fines lunettes, est resté impassible.
Il a failli réaliser un crime parfait.
L'azoture de sodium, substance peu connue proche du cyanure, disparaît en effet rapidement de l'organisme.
Sans les maux dont avait souffert son épouse l'année précédente, ni celle-ci, ni l'hôpital n'auraient sans doute réagi assez vite à la mort de l'enfant pour demander des expertises toxicologiques.
Ce n'est qu'au vu des résultats, un mois plus tard, que Xavier Haristoy avait avoué ce seul crime.
Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse et Nicole Dupont
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