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15/03/2011 à 12:51 - Ces patrons mis en cause par l'Etat pour leurs primes en or
L'ancien patron d'Air France KLM, Pierre-Henri Gourgeon, devrait bien garder sa prime de non-concurrence d'un montant de 400.000 euros. L'opposition de l'État qui doit voter à l'assemblée des actionnaires ce 31 mai n'y changera rien. Cette clause serait en effet conforme à la législation, les actionnaires n'auraient donc aucun recours pour s'y opposer. A l'instar de celle de l'ex-PDG d'Air France, les rémunérations élevées des patrons donnent du grain à moudre aux observateurs. Outre les syndicats, des ministres eux-mêmes se sont parfois impliqués... jusqu'à pousser certains à renoncer. En voici quelques exemples.
Reuters
En pleine crise, le parachute doré de 3,2 millions d'euros accordé à Thierry Morin fait scandale. Ce dernier doit quitter Valeo en mars 2009 à la suite de "divergences stratégiques", alors que l'entreprise affiche une perte nette de plus de 150 millions d'euros et évoque alors son intention de supprimer 1.600 postes rien qu'en France. Par décret, François Fillon encadre temporairement les sommes versées aux dirigeants d'entreprises publiques ou aidées par l'Etat.
Photo AFP
Le 9 mars 2009, la direction de la Société générale se voit attribuer un lot de 320.000 stock-options, dont 70.000 pour le PDG Daniel Bouton. Alors que l'établissement vient de recevoir l'aide de l'État, la polémique enfle. Après avoir notamment déclaré qu'il "serait grand temps que Société générale rime un peu plus avec intérêt général", la ministre des Finances de l'époque Christine Lagarde exige le renoncement à cette prime exceptionnelle. L'actuelle présidente du FMI obtiendra gain de cause quelques jours plus tard. Le 22 mars, la direction de la Société générale annonce officiellement renoncer aux options d'achat d'actions à cours préférentiel réservées à Daniel Bouton, son président mais aussi à Frédéric Oudéa, alors directeur général et devenu depuis le patron de la banque.
Sous la pression du gouvernement Français, Axel Miller, ex-patron de la banque franco-belge Dexia, renonce en 2008 à une indemnité de 3,7 millions d'euros initialement prévue en cas de départ. Le gouvernement, par la voix de son porte-parole de l'époque Luc Châtel, avait menacé de ne pas débloquer l'argent nécessaire au sauvetage de la banque alors au bord de la faillite. Axel Miller recevra finalement 825.000 euros en plus des 636.00 euros reçus en 2008 au titre de son salaire fixe sur neuf mois.
Photo AFP
En 2006, Noël Forgeard est forcé de quitter EADS à cause de retards de livraisons prévus sur l'A380 annoncés tardivement et qui ont fait plonger le titre en Bourse. L'avionneur lui verse alors quelque 6 millions d'euros auxquels s'ajoutent une prime de non-concurrence de 2,4 millions d'euros. Le parachute doré de l'ex-PDG d'Airbus s'invite dans la campagne présidentielle et conduit Nicolas Sarkozy à soumettre, via le "paquet fiscal", le versement de ces primes à des conditions de performance.
Photo AFP
Après sa démission d'Alcatel-Lucent en 2008, la DG Patricia Russo, doit recevoir 6 millions d'euros. Problème : le groupe enregistre alors de lourdes pertes. L'année précédente, l'assemblée générale du groupe avait approuvé le principe de cette indemnité, au grand dam des syndicats et des petits actionnaires. De son côté, Serge Tchuruk, PDG d'Alcatel avant la fusion avec Lucent avait obtenu 5,6 millions d'euros. Des syndicats dans 8 pays leur demande de renoncer à parachutes. Xavier Bertrand, alors ministre du Travail ainsi que Claude Guéant, Secrétaire général de l'Elysée et même Laurence Parisot, la patronne du Medef, s'offusquent eux aussi. Aucun des deux ne renoncera.
En 2005, le départ de Daniel Bernard, l'ancien patron de Carrefour, avec une indemnité de 9,8 millions d'euros et une retraite chapeau nécessitant une provision de 29 millions d'euros passe très mal. Ce sont en effet 1,243 million d'euros par an de retraite complémentaire qui sont alors négociés pour l'ex-PDG du géant de la grande distribution. Face au tollé, Thierry Breton, alors ministre de l'Économie, impose notamment de soumettre les "packages" de rémunération à l'accord de l'assemblée générale de l'entreprise.
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Autre scandale retentissant : l'affaire Jean-Marie Messier. A la tête de Vivendi, l'"empereur des médias" est contraint de démissionner après l'annonce de pertes abyssales et suite à l'éviction contestée du patron de Canal+ de l'époque, Pierre Lescure. Le plus médiatique des patrons s'octroie alors un parachute doré de quelque 20,5 millions d'euros, sans l'accord du conseil d'administration. Sous le feu des critiques, il cède à la pression et renonce à ses indemnités. Une bataille judiciaire s'engage par la suite, "J2M" étant accusé d'abus de biens sociaux, il est condamné à 3 ans de prison avec sursis et 150.000 euros d'amende. Décision dont il fait appel. Le procès aura lieu à l'automne 2013.
Décédé à 62 ans en 2007, Philippe Jaffré a dirigé Elf de 1993 à 1999. Il s'était notamment chargé de redorer le blason d'une entreprise ternie par des affaires de détournement de fonds qui conduiront, entre autres, à la mise en examen de son prédécesseur Loïc Le Floch-Prigent. En septembre 1999, l'ancienne TotalfFina absorbe Elf. Philippe Jaffré démissionne et se retrouve au cœur de la polémique à cause de ses indemnités de départ et surtout des plus-values de ses stock-options. Lui refuse d'en donner le montant et les qualifie de "banales". Plusieurs estimations sont lancées certains parlent alors des "200 millions" (de francs) de Jaffré". A l'Assemblée, les députés socialistes votent un "amendement Jaffré" visant à relever de 40 à 50% la taxation des plus-values des stock-options.
Ses 4 millions d'euros d'indemnités de départ, Pierre Bilger y a renoncé. En 2003, à la suite d'une crise financière du groupe Alstom - qu'il a dirigé pendant douze ans - , l'ancien PDG jette l'éponge et "repli" son parachute doré. Un geste qu'il justifiera plus tard en expliquant qu'il avait été motivé par ses "convictions chrétiennes". De ce choix personnel et inédit, Pierre Bilger avait même tiré un livre : "Quatre millions d'euros, le prix de ma liberté". Il est décédé en mars 2011.
Photo AFP
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