Contenu :
Retour aux diaporamas | auto defilement | 19/12/2011 à 15:26 -
Quelle année 2011 ! Réveil arabe, porteur d'un printemps démocratique assombri dans un automne islamiste. Catastrophe nucléaire à Fukushima, qui réveille les peurs du grand cataclysme et relance le débat sur les énergies propres. Krach de DSK, favori des sondages pour la présidentielle de 2012, qui perd la France dans la suite 2806 du Sofitel de New York. Disparition de Steve Jobs, icône mondiale qui laisse orpheline toute la planète informatique. Krach de la zone euro, enfin, mûri en Grèce, et nourri des indécisions d'une gouvernance politique et économique paralysée. 2012 ne s'annonce pas moins agitée...
Après la révolution de Jasmin en Tunisie, déclenchée pendant l'hiver 2010-2011, les manifestants renversent le pouvoir mafieux du président Ben Ali. Au début du printemps, l'Égypte se soulève à son tour contre son vieux pharaon Moubarak, en occupant la place Tahrir (« liberté »). La contagion atteint tout le monde arabe, grâce à Internet, aux réseaux sociaux et à la télévision Al-Jazira. En Libye, il faudra une intervention occidentale pour venir à bout de Kadhafi. Pour survivre, certains régimes acceptent des réformes institutionnelles, comme le Maroc, mais d'autres répriment la révolte dans le sang, comme en Syrie.
Cinq jours après le séisme et le raz-de-marée qui a dévasté la côte nord-est du Japon, le monde est en état d'alerte. L'accident nucléaire dans la centrale de Fukushima fait craindre un nouveau Tchernobyl. Un bouleversement majeur pour le secteur de l'énergie, alors que plusieurs pays, comme l'Allemagne, choisissent de renoncer au nucléaire sous la pression de leur opinion publique. En France, aussi, un vif débat s'installe et devient l'un des enjeux de l'élection présidentielle de 2012, entre la droite, qui défend le maintien du nucléaire, et la gauche, qui prône une réduction de sa prépondérance dans la production d'électricité.
La chute de Dominique Strauss-Kahn, accusé de viol par une femme de ménage de l'hôtel Sofitel de New York, est un séisme pour le Parti socialiste. Assigné à résidence dans Manhattan, le favori des Français pour 2012 voit s'envoler tous ses espoirs de l'emporter. Il est remplacé au FMI par une femme, Christine Lagarde. Son suicide politique en direct relance le jeu au sein de la primaire du PS, qui choisit à l'automne François Hollande pour le représenter face à Nicolas Sarkozy.
La vidéo dans laquelle l'héritier de Jean-Luc Lagardère, futur patron du groupe aéronautique EADS, se met en scène de façon lascive avec sa nouvelle compagne, Jade, fait le buzz sur Internet pendant l'été. Jugée ridicule, elle suscite l'émoi dans un groupe de 28.000 personnes qui s'interroge sur la désinvolture de son patron, et elle renforce les doutes de l'establishment de la politique et des affaires sur sa crédibilité de manager à la tête de l'empire industriel créé par son père.
Certes, un accord bipartisan a enfin été trouvé sur le plafond de la dette et les dépenses fédérales après des semaines longues de palabres. Mais il ne satisfait pas les marchés qui plongent dès l'ouverture. Les chiffres de l'indice manufacturier sont tombés : la première économie mondiale est désormais en panne. Et les difficultés liées à son endettement se font sentir à tous les niveaux : États, collectivités, ménages... La perte du triple A, dont tout le monde parle, ne ferait qu'empirer la situation en faisant grimper les impôts et les coûts d'emprunt. Elle interviendra trois jours plus tard.
Vladimir Poutine sera donc le candidat à l'élection présidentielle russe de mars prochain qui, on le sait depuis, sera plus compliquée que prévu... Cet échange de rôle entre l'actuel président Medvedev, humilié, et son mentor ne doit pas être minimisé : il marque le renoncement russe à s'inscrire dans les codes de la démocratie à l'européenne, basés sur offre politique diversifiée et alternance dans l'exercice du pouvoir. Trois chantiers s'ouvrent pour le futur président : la relance des privatisations, le développement d'entreprises innovantes et des nouvelles technologies, et la modernisation des infrastructures.
Le président Sarkozy, élu sur la promesse de ne pas augmenter les impôts, aura été celui du record de création de taxes pendant son mandat. Le budget 2012, présenté sous la pression des marchés et de notre vigilant partenaire allemand, ne déroge pas à la règle. À sept mois de la présidentielle, il taille dans les dépenses et fait flamber les impôts. Avec les taxes sur les mutuelles complémentaires ou sur le tabac et les boissons sucrées, ce sont les ménages qui devront supporter le tiers de la facture. Et l'on sait déjà que le chiffre de la croissance, revu à la baisse par le gouvernement à 1,75 %, est encore trop optimiste. Le plan Fillon 2 suivra quelques semaines plus tard.
La mort de l'inventeur de l'ordinateur personnel crée une onde de choc mondiale. Sa personnalité, sa vision et ses inventions ont marqué deux générations. Il aura laissé son empreinte sur tous les secteurs de l'industrie de l'information : informatique, téléphonie, musique, cinéma et même télévision. Il laisse derrière lui un géant redoutable et prospère, créé dans un garage en 1976 et qu'il aura sauvé de la faillite vingt ans plus tard après en avoir été écarté. Sa disparition marque sans doute la fin de l'ère du micro-ordinateur, remplacé par les mobiles et les tablettes, évolution que ce visionnaire aura su anticiper.
Tout va mal... La Commission européenne sort des chiffres inquiétants pour la croissance française, bien inférieurs à ceux qui servent de base à l'élaboration du budget 2012, caduc avant même d'être adopté. Sur le front des marchés, le « spread » France-Allemagne se tend, la prime de risque exigée étant de plus en plus élevée. Enfin, la polémique sur la dégradation de la notation française bat déjà son plein dans la classe politique. Les banques françaises, sous pression, procèdent à des ventes massives de titres de dettes souveraines.
Quoi qu'en disent ses partisans, au fil des rencontres en urgence, surmédiatisées, et des sommets européens, c'est bien Angela qui aura fait prévaloir ses positions face à Nicolas Sarkozy. La réforme institutionnelle, consacrant la rigueur budgétaire et la généralisation de la « Schuldenbremse » (frein à l'endettement ou règle d'or), est d'inspiration allemande, tandis que les propositions françaises sur l'élargissement de la mission de la BCE ou la mutualisation de la dette européenne via des euro-obligations seront rejetées par l'inflexible Angela.
Le chronomètre qui mesure les chances de survie de l'euro a fait entendre sa petite musique depuis le sommet consacrant un premier accord européen sur la dette grecque du 21 juillet. Les sommets et les déclarations définitives se sont ensuite succédé sans jamais convaincre. Fin novembre, la France et l'Allemagne, à la manoeuvre sous l'oeil agacé des autres membres de la zone euro, cherchent à s'entendre sur une solution convaincante pour le sommet européen des 8 et 9 décembre. Il accouchera finalement lui aussi d'une souris et aboutira à une rupture avec la Grande-Bretagne.
Les temps forts d'une année de crises
Quelle année 2011 ! Réveil arabe,...14 février : ce réveil arabe qui ébranle le monde
Après la révolution de Jasmin en...15 mars : Japon, réactions en chaîne
Cinq jours après le séisme et le...17 mai : l'après-DSK, la nouvelle donne
La chute de Dominique Strauss-Kahn,...25 juillet : Arnaud dirige-t-il encore Lagardère ?
La vidéo dans laquelle l'héritier...2 août : Obama, « Yes, we can't ! »
Certes, un accord bipartisan a enfin...26 septembre : Poutine II
Vladimir Poutine sera donc le candidat à...290929 septembre : Mister Taxman
Le président Sarkozy, élu sur la...7 octobre : l'icône (mort de Steve Jobs)
La mort de l'inventeur de l'ordinateur...14 novembre : triple A, la France dans le viseur
Tout va mal... La Commission européenne...18 novembre : « Nein, Nicolas ! » (Merkel refuse la proposition française sur la BCE)
Quoi qu'en disent ses partisans, au fil des...28 novembre : tic tac, tic tac, tic tac (compte à rebours de la crise de l'euro)
Le chronomètre qui mesure les chances de...
Pied de page :
Plan du site :






