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Femmes dirigeantes : encore un effort messieurs !

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Si les entreprises du CAC 40 ouvrent leurs conseils d'administration à la gent féminine, qu'en est-il des postes exécutifs ? Les progrès sont réels mais la route est encore longue...

En juillet dernier, à la parution de l'étude Ethics & Boards, clôturée aux lendemains des dernières assemblées des entreprises du CAC 40, nous étions parmi les premiers à nous enthousiasmer. Ces deux dernières années, les ténors de la place de Paris ont joué les enfants modèles en matière de mixité dans les conseils d'administration. Devançant de trois ans le seuil prôné par la loi Zimmermann-Copé pour 2014, les femmes sont désormais 20 % à siéger dans les conseils d'administration des entreprises du CAC 40. Le nombre de leurs mandats est passé de 60 à 119 en deux ans. Cerise sur le gâteau, ces administratrices sont plus jeunes (54,7 ans en moyenne contre 60,7 pour les hommes) et plus internationales (31 % sont d'origine étrangère).

Parmi les entreprises modèles, Publicis, Vallourec, Vivendi, France Télécom, PPR, la Société générale et BNP Paribas font la course en tête. Au SBF 80 en revanche, toujours selon Ethics & Boards, le taux de femmes administrateurs ne décolle pas ; il n'est que de 15 %. Autre phénomène, comme l'atteste le tableau ci-contre, elles sont une dizaine au sein des conseils d'administration à succomber à la tentation du cumul des mandats, Patricia Barbizet en tête. L'arbre ne doit pas masquer la forêt : la réalité est nuancée. Pour Caroline de La Marnierre, présidente de Capital com : « Il est urgent de réagir à la stagnation, voire à la baisse du taux de mixité à tous les échelons de l'entreprise ! En l'espace de cinq ans, la part des femmes dans l'effectif global du CAC 40 est passée de 34,3 % en 2006 à 31,8 % en 2010 ; le taux de mixité dans l'encadrement de 27,2 % à 29,5 % ; enfin, le nombre de femmes dans les comités exécutifs, de 5,9 % à 7,5 %. Elles représentent donc moins du tiers des effectifs, quels que soient les échelons...» Seules deux entreprises présentent une mixité supérieure à 20 % à tous les niveaux, L'Oréal et la Société générale, avec respectivement 59,6 % et 64 % des effectifs, 41 % et 57 % de l'encadrement, et enfin 21,5 % et 23 % au sein des comités exécutifs.

Heureusement, les initiatives se multiplient et près de la moitié des entreprises du CAC 40 ont compris l'intérêt de la mixité au quotidien. Elles étaient 38 % en 2010 contre 25 % en 2009 à afficher un objectif chiffré. Une société comme GDF Suez s'est engagée à ce qu'un cadre dirigeant sur trois soit une femme en 2015, et Suez Environnement s'est fixé un objectif de 30 % au sein de ses directions opérationnelles à la même période.
Les perspectives sont encourageantes... sur le papier ; elles doivent désormais se traduire par des actions concrètes. De l'avis de Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne, responsable de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, les femmes restent nettement sous-représentées en Europe aux postes de responsabilité dans les entreprises. À l'exception de quelques pays, les progrès sont extrêmement lents. Au nord de l'Europe, l'Islande, les pays scandinaves et la Suisse figurent parmi les contrées où il fait bon vivre pour les femmes, dans tous les domaines. Les États-Unis sont 8e, la France, elle, est 12e derrière la Nouvelle-Zélande. Sans doute pouvons-nous mieux faire. Merci messieurs.

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Commentaires

Dubucque  a écrit le 16/01/2012 à 21:18 :

Aujourd'hui les femmes sont libres de choisir leurs études et leur carrière ! Comme les hommes elles doivent se faire connaître, montrer leur capaité et leur ambitrion ! Il n'y a pas besoin de mlf ou quotas ! Cela doit se faire naturellemnt ! Que disent les jeunes hommes qui doivent ramer pour entrer dans leur cattière si l'on favorise au sexe !

taranis  a répondu le 18/01/2012 à 14:48:

Vous êtes bien gentil, mais justement cela ne fait pas naturellement, et la première étape est de ne pas faire comme vous de nier l évidence des statistiques. Ce sont les blocages qu il faut démonter et ils sont plus culturels que basés sur l?incapacité des femmes à prendre des décisions .La mixité est source de richesse pour une entreprise on ne peut pas confronter les sexes comme vous le faites.
Pourquoi pas au bras de fer, attention les exécutives womens pratiquent aussi les salles de Gym !