Téléchargez
notre application
Ouvrir

Les belles promesses de l'autopartage

Par Pascal de Rauglaudre  |   |  556  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Facilités par les nouvelles technologies, les projets d'autopartage et de covoiturage se multiplient dans les villes de France, avec des perspectives de croissance optimistes. Reste à convaincre les Français de l'utilité de ces nouveaux modes d'utilisation de la voiture.

Buzzcar, Hertz on Demand, Comuto, Autolib'... Les projets de voiture en libre-service se multiplient en France. De plus en plus de villes s'apprêtent à bloquer une partie de la voirie pour accueillir ces flottes d'un genre nouveau. Paris a son Autolib', mais Lyon, Metz, Rennes, Saint-Étienne, Toulouse, et même des villes de taille moyenne comme Montbéliard, vont mettre sur pied leur propre système, avec des motorisations variables : essence, hybride, électrique, et selon des modalités différentes : plus ou moins d'interconnexion avec les transports en commun, libre-service ou sur réservation.

Un potentiel non négligeable
Le potentiel de ce nouveau mode de déplacement n'est pas négligeable : le nombre d'utilisateurs, déjà multiplié par cinq en trois ans, pourrait dépasser les 150?000 personnes en 2015, et générer un chiffre d'affaires de 75 millions d'euros, selon l'étude « L'autopartage en France à l'horizon 2015 », du cabinet Xerfi. L'automobiliste français serait en train d'évoluer de l'économie de la possession vers celle du service et de l'usage, conclut l'étude : disposer d'une voiture sans la posséder permettrait de ne payer que ce qui est réellement consommé.
Mais les Français sont-ils vraiment prêts à bouleverser leurs habitudes de déplacement?? D'après le baromètre de la mobilité durable, dont la quatrième édition a été publiée en septembre 2011 par Harris Interactive, les Ateliers de la Terre, Mobivia Groupe et la SNCF, 67 % des Français interrogés déclarent ne pas vouloir renoncer à leur voiture personnelle.
Même s'ils se prétendent préoccupés par l'environnement, ils préfèrent en témoigner par d'autres actions, comme le tri des déchets. Et s'ils s'accrochent à leur volant, c'est parce qu'ils estiment que les alternatives, transport en commun, covoiturage ou autopartage, sont encore insuffisantes, inadaptées, ou parce qu'elles coûtent trop cher : un tiers des personnes interrogées refusent de partager leur véhicule. Un gros effort de pédagogie reste donc à fournir de la part des opérateurs de voitures en libre-service, s'ils veulent atteindre un jour la rentabilité.

_______

1,80 euros le litre : le prix du renoncement pour les automobilistes français
À partir de quel prix du litre d'essence les automobilistes français renonceraient-ils à leur véhicule?? ING Car Lease, un loueur longue durée de véhicules, a commandé à l'institut BVA un sondage sur cette question, et a rendu public ses résultats en septembre 2011. Pour plus de la moitié des personnes interrogées, 1,80 euros le litre d'essence est le prix butoir. 96 % des Français estiment que le prix du carburant ne fera qu'augmenter dans les dix prochaines années, une augmentation que 76 % attribuent à l'épuisement des ressources pétrolières et à l'explosion de la demande des pays émergents. Les experts sont d'un autre avis : Éric Champarnaud, vice-président du Bureau d'information et de prévisions économiques, explique par exemple que la hausse du prix du pétrole, inéluctable, ne se fera pas toujours au même rythme, car « elle va accélérer le développement d'alternatives, qui deviendront plus rentables : en conséquence, la demande et le prix du pétrole cesseront d'augmenter. » Quant à la voiture électrique, 23 % des Français seulement seraient prêts à en acquérir une pour faire des économies, le prix d'achat élevé étant un obstacle pour la majorité d'entre eux.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :