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En vingt ans, le destin de la Russie a suivi un cours plutôt inattendu. Elle a échappé aux bras que l'Occident lui tendait, esquivant une étreinte dont elle craignait qu'elle ne l'étouffe. Servie par la conjoncture pétrolière, elle a reconstruit une économie en ruine, s'est nourrie de la rente des matières premières,s'est relevée de deux crises financières majeures, en 1998 et 2008, et affiche aujourd'hui l'image d'un pays stable, en développement, aux pratiques et aux discours parfois un peu raides, mais qui a pris une place particulière dans le concert des nations, à équidistance de l'Occident et de l'Asie. Le défi de la Russie d'aujourd'hui est celui de la modernisation et de la diversification. La rente pétrolière a surtout servi au désendettement, au renforcement de l'industrie financière, à l'assainissement des finances de l'État, à la consolidation des compagnies opérant dans le secteur du pétrole et du gaz, au lancement de programmes sociaux et d'infrastructures dans les régions défavorisées. Reste à accélérer les programmes de recherche et développement dans les technologies du futur, à densifier un réseau d'entreprises dans ces secteurs, à consolider l'activité de capital-investissement. L'autre volet est celui de la diversification de l'économie. Au rythme actuel de l'augmentation du niveau de vie de la population et des besoins de financement dans la création de nouvelles infrastructures, les revenus du pétrole n'y suffiront pas. Il faudra donc ouvrir plus largement l'espace économique aux grands projets de développement, avec le soutien du capital et des technologies étrangers. C'est cette voie que le probable futur président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, semble vouloir suivre. Du succès de cette politique dépend le statut de la Russie dans l'économie mondiale au cours de la prochaine décennie.
François Roche
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