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C'est presque un cliché, celle du gaucho révolutionnaire qui porte chapeau à large bord orné de pendeloques, une veste étroite qui ressemble à celle du matador et un pantalon fait pour chevaucher dans les plaines mexicaines. Un de ces hommes rudes au visage épais prêts à tout pour gagner une bataille, celle de l'indépendance de ce qui va devenir son pays, le Mexique. Un photographe a immortalisé ces hommes, ces femmes et parfois ces enfants dans leur lutte, c'est l'Anglais Jimmy Hare, dont les clichés que l'on peut voir aujourd'hui à Arles étonnent par leur vérité, leur force politique et humaine. Clichés découverts récemment. Mais il y a aussi tous les anonymes qui ont laissé des témoignages de cette révolution mexicaine. Ces photos datent du début des années 1910. Elles montrent des paysans prêts au combat, dans des trains bondés, sur des camions, à pied ou à cheval. Une photo rongée par l'humidité illustre bien cette force combattante, elle représente ceux qui sont à la tête de la révolution, comme Pancho Villa ou Zapata.

Du surréalisme au fantastique. Si ces images ont créé un mythe que l'on retrouve en particulier dans le cinéma et le western, elles sont à l'origine de cette photographie mexicaine qui va évoluer vers une esthétique où se côtoient aussi bien surréalisme que climat baroque, avec très souvent l'omniprésence de la mort. À ce titre Graciela Iturbide, une des photographes vivantes les plus célèbres aujourd'hui, en est à elle seule la plus impressionnante représentante. Ses portraits baignent dans l'insolite, l'étrange, les objets masquent la figure, prennent une dimension mystérieuse. Climat fantastique que l'on retrouve dans ses paysages qui deviennent comme des sortes de sanctuaires païens.
Dans une société où l'image et en particulier le cinéma ont joué un rôle prépondérant dans la culture, il n'est pas étonnant que certains photographes se soient emparés de cet univers à la recherche d'une autre réalité. C'est le cas de Enrique Metinides. Fan de Bogart et d'Edward G. Robinson il a passé sa vie à traquer le fait divers le plus tragique, du meurtre à l'accident. Dans ses photos il ne cherche pas à provoquer, non, ses clichés restent humains, profondément humains, malgré l'horreur qu'ils peuvent dégager. L'horreur, elle serait plutôt du côté du monde que montre Daniela Rossell. Sa série de photos s'intitule « Riches et Célèbres ». En effet ils le sont jusqu'au dégoût, pataugeant dans l'excès en tout genre, visages liftés, corps refaits. On est là en présence de l'extrême vulgarité lorsqu'elle s'étale sans complexe. Des trashs victimes contentes de l'être.

Heureusement ce n'est pas le cas de Dulce Pinzón qui, elle, s'intéresse à ceux qui font le ménage, ramassent les ordures, ou lavent les carreaux. Dans ses clichés elles les transforment en héros d'un jour, les habillant de la tenue de superman, de Spiderman, icônes qui font rêver l'Amérique. Et curieusement elle leur redonne leur dignité. Mais on ne peut pas quitter ce panorama de la photographie mexicaine sans évoquer le travail conceptuel d'Iñaki Bonillas. Partant d'un portrait retrouvé de son grand-père, il s'interroge aussi bien sur la mémoire de sa famille que sur celle de la photographie. Il décompose, recompose l'image en explorant les limites de la représentation. C'est un des plus jeunes artistes mexicains présentés à Arles.
Un peu à part dans la sélection mexicaine, Gabriel Figueroa est pour sa part un directeur de la photographie qui a réalisé des films aussi bien avec Buñuel, John Huston ou Emilio Fernández. Dans un montage vidéo sur écrans géants, on voit à quel point cet artiste a influencé le cinéma mexicain, créant des atmosphères qui exaltaient par un jeu d'ombres et de lumières ces mélos qui poussaient parfois jusqu'au tragique. Avec Figueroa les femmes, qu'elles soient paysannes ou bourgeoises, devenaient toutes des madones.
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La valise mexicaine de Robert Capa
C'était devenu une légende, une histoire que l'on se raconte en ne sachant trop si elle est vraie ou inventée. Une valise du photographe Robert Capa avait disparu depuis 1939. Cette valise contenait, disait-on des clichés pris par celui qui a couvert la guerre d'Espagne et l'a immortalisée par l'image. Cette valise a été retrouvée au Mexique après un parcours rocambolesque. Ayant appartenu, on ne sait comment, à un général mexicain, elle va atterrir entre les mains du frère de Robert Capa qui vit à New York, près de 70 ans après sa disparition. Alors que contient-elle cette valise ? Près de 4.500 négatifs répartis en trois petites boîtes. Ces planches et certains tirages inédits sont présentés à Arles. C'est un trésor.
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