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Les grands rendez-vous culturels - 01/08/2011 | 08:21 - 1011 mots

Concert : Irma, la confirmation

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Après le festival Terres du son, en juillet, la chanteuse Irma, révélation 2011, produite par le label musical My Major Company (un réseau social de financement communautaire) sera de nouveau sur les planches en août. Rencontre.

My Major Company (MMC) existe depuis 2007. Habituellement, ce sont les artistes qui prennent l'initiative de s'inscrire sur le site pour trouver le financement de leur premier album, grâce aux mises des « internautes-producteurs ». Mais dans votre cas, c'est la maison de production qui est venue vous chercher. Pour quelles raisons ?

C'est un hasard. Lorsqu'on m'a contactée en 2008, les responsables de cette maison de production cherchaient des artistes pour lancer leur concept. Ils sont tombés sur des vidéos que j'avais postées sur Youtube. Ils ont aimé et m'ont proposé de travailler avec eux. D'autres majors m'avaient appelée mais celle-ci sortait du lot par son concept original : une couverture sur Internet qui permet d'échanger plus facilement avec les différents producteurs. J'avais l'impression qu'aucune pression ne pesait sur moi avec ce petit label qui ne me demandait pas de changer ma musique puisqu'il m'avait choisie pour ce que je proposais.

Vous avez battu un record encore inégalé sur le site : en moins de quarante-huit heures, vous avez séduit 416 « producteurs » et obtenu les 70.000 euros nécessaires à l'enregistrement de l'album [aujourd'hui, il faut 100.000 euros, Ndlr]. Comment expliquer cet engouement ?

Encore aujourd'hui, personne n'explique ce qui s'est passé. MMC commençait tout juste à lancer des coups de projecteurs, Grégoire n'était pas encore connu. Je me suis inscrite un week-end d'août 2008 et j'ai eu énormément de visites sur ma page. Il semblerait que les internautes aient été séduits par mes chansons. Il y avait en ligne mon titre « I Know », parmi d'autres, mais je n'avais pas encore la matière pour faire un album. Je n'étais pas prête à me lancer tout de suite : je n'étais pas encore professionnelle, je ne savais pas comment se passait un enregistrement en studio. Je pensais avoir du temps pour pouvoir écrire et apprendre au fur et à mesure. Et, finalement, tout est allé très vite. Je me suis dit que cet exploit était sans doute dû à Youtube, mais, pas du tout, car c'était surtout des Américains qui venaient voir mes vidéos, des personnes qui ne pouvaient pas connaître MMC. Cela reste un phénomène bien étrange.

Vos producteurs ne sont pas des professionnels mais des internautes qui ont « misé » une somme d'argent sur votre talent. Vous devez avoir noué une relation particulière avec eux.

Sur le site de My Major Company, il y a un « espace producteur » qui leur est dédié. Ce qui permet de garder un lien direct et privilégié avec eux. Je peux dialoguer avec eux, leur proposer de nouvelles choses. Mais aussi leur demander leur aide. Je me suis tournée vers eux quand j'ai dû choisir les chansons finales et la pochette de l'album. Chaque fois que je joue dans une ville près de chez eux, ils viennent me voir et nous en profitons pour discuter à la fin du concert. J'aime ce contact avec le public de façon générale. C'est très important pour moi. Je n'hésite pas à aller voir et remercier les personnes qui sont venues. Elles me racontent comment elles m'ont découverte, comment ma musique les accompagne au quotidien. Parfois même, des musiciens me demandent d'écouter ce qu'ils font. Je fais beaucoup de festivals cet été, dont celui de Chanteix, en Corrèze, le 13 août prochain. Là, c'est encore différent car il faut convaincre, se présenter, tout en allant chercher le public pour le transporter dans son univers. La musique c'est ça : un moment de partage constant avec des personnes venant de tous horizons.

Vous avez enregistré une première fois votre album aux États-Unis avec Henry Hirsch [qui a notamment travaillé avec Lenny Kravitz, Ndlr] mais vous l'avez entièrement refait à Paris ensuite. Pourquoi ?

J'ai beaucoup appris de mon expérience aux États-Unis, notamment à travailler en studio. Mais j'étais très jeune, je suis arrivée là-bas avec mes maquettes guitare-voix et je n'ai pas osé m'imposer et dire ce dont j'avais réellement envie. Je me suis retrouvée avec des chansons qui ne me ressemblaient plus du tout. Quand je suis rentrée à Paris, j'ai pris conscience que je ne pouvais pas assumer ces versions, ce n'était pas mes chansons mais des titres produits par Henry Hirsch que je ne reconnaissais plus. Ils étaient trop lisses, trop parfaits. J'ai trouvé que l'album manquait d'âme.

Entre Youtube et My Major Company, Internet a été un outil de premier ordre pour lancer votre carrière. Comment gérez-vous cette ascension fulgurante ?

Tout se passe très bien même si mon rythme de vie est très différent désormais. Je suis tout le temps sur les routes mais je reçois toujours un accueil bienveillant. Quand on vient me dire que ce que je fais est génial, je vois que je n'ai aucune raison de changer ma manière d'être ou ma musique. Car c'est comme ça que je plais aux gens. Et c'est ce qui me permet de garder la tête froide.

Vous étiez en classe préparatoire HEC avant cet album. Qu'auriez-vous fait si ce n'était de la musique ?

Je voulais être présidente de la République étant petite mais j'ai vite abandonné l'idée. Je ne sais pas vraiment ce que j'aurais pu faire d'autre si ce n'est de la musique. Je suis née au Cameroun et la musique fait vraiment partie de la culture dans ce pays. Mes parents en écoutaient tout le temps. J'ai eu envie d'apprendre le piano classique à 7 ans. Une discipline très rigoureuse pour laquelle il faut être un bon interprète. Je m'en suis libérée ensuite à 12 ans, lorsque j'ai commencé à écrire et à jouer de la guitare. Je ne m'attendais pas à vivre de ma passion. Je trouvais prétentieux de m'imaginer dans ce monde inaccessible. Je continue mes études malgré tout car cela permet de garder les pieds sur terre et de trouver un équilibre.

Quels projets pour la fin de l'année ? Un nouvel album en préparation ?

Pour le moment, je me concentre sur cet album. Il va sortir en Allemagne et dans d'autres pays prochainement. J'irai donc le présenter en temps voulu. Mais en parallèle, je continue à écrire en vue d'un autre album.

Propos recueillis par Jessica Ibelaïdene - 01/08/2011, 08:21  | 
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