Espagne : Podemos et les socialistes vont voter contre l'investiture de Rajoy

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Lundi, le Parti socialiste et le parti de gauche radicale Podemos ont annoncé sans surprise, qu'ils voteraient contre l'investiture d'un gouvernement espagnol formé par le conservateur sortant Mariano Rajoy (du Parti Populaire), compliquant sa reconduction.
Lundi, le Parti socialiste et le parti de gauche radicale Podemos ont annoncé sans surprise, qu'ils voteraient contre l'investiture d'un gouvernement espagnol formé par le conservateur sortant Mariano Rajoy (du Parti Populaire), compliquant sa reconduction. (Crédits : ANDREA COMAS)
Le Parti populaire (conservateur) a remporté les élections législatives espagnoles de dimanche mais sans majorité, et ses divergences avec les deux partis de gauche entravent encore un peu plus la perspective d'une investiture de son président.

Article publié le 20/12 à 20h16, dernière mise à jour le 21/12 à 14h44.

Les choses se compliquent encore pour le Parti Populaire (conservateur), vainqueur sans majorité des élections législatives de dimanche en Espagne. En effet, dès lundi, le Parti socialiste et le parti de gauche radicale Podemos ont annoncé sans surprise, qu'ils voteraient contre l'investiture d'un gouvernement espagnol formé par le conservateur sortant Mariano Rajoy (du Parti Populaire), compliquant sa reconduction.

"Le PSOE va voter non au Parti populaire et à Rajoy", a déclaré le secrétaire d'organisation du Parti socialiste espagnol, Cesar Luena, deuxième force politique, avec 22% des suffrages et 90 sièges.

"Podemos ne permettra d'aucune manière un gouvernement du PP", a de son côté déclaré Pablo Iglesias, dirigeant de cette formation de gauche radicale, arrivée troisième avec 20,6 % des voix et disposant avec ses alliés de 69 sièges à la chambre des députés.

Le Parti Populaire en difficulté

Le parti libéral Ciudadanos ayant déjà annoncé qu'il s'abstiendrait, Mariano Rajoy n'aurait ainsi pas les voix pour être investi. En effet, la Constitution prévoit que le roi désigne, après consultations, un candidat chargé de former un cabinet qui doit ête investi par la chambre. Pour ce faire, il doit obtenir la majorité absolue des sièges, 176 sur 350. En cas d'échec, l'investiture est possible à la majorité simple, que Mariano Rajoy n'obtiendrait pas.

Avec ses 123 sièges et faute du soutien de Ciudadanos, le Parti Populaire serait forcément bloqué par PSOE et Podemos qui ont ensemble 159 sièges.

"La balle est dans le camp du PSOE. Il doit décider s'il s'abstient et permet la constitution d'un gouvernement (...) j'espère qu'ils prendront (cette) décision", avait déclaré auparavant Albert Rivera, le leader de Ciudadanos.

À l'issue du scrutin de dimanche, le PP a obtenu 123 sièges sur les 350 du Congrès des députés (la chambre basse des Cortes Generales, le Parlement espagnol), contre 90 pour les socialistes (PSOE), 69 pour le parti anti-austérité Podemos et ses partenaires et 40 pour les centristes de Ciudadanos. La majorité absolue se situe à 176 sièges: pour gouverner ces quatre prochaines années, le PP devra donc s'allier avec d'autres partis.

Plusieurs majorités possibles

S'exprimant devant ses partisans après l'annonce des résultats, Mariano Rajoy avait déclaré qu'il allait tenter de former un gouvernement et qu'il faudrait poursuivre les réformes économiques. Il n'a pas caché que les jours à venir allaient être difficiles et que des alliances devraient être forgées.

La Constitution espagnole ne prévoit pas de délai précis pour la formation d'un gouvernement après des élections, et plusieurs configurations sont possibles: un accord de centre droit entre le PP et Ciudadanos, un gouvernement PP minoritaire, mais aussi une alliance de centre gauche entre le PSOE et Podemos ou de nouvelles élections. Quant à la possibilité d'une grande coalition entre le PP et les socialistes, elle avait déjà été vigoureusement exclue par les deux partis lors de la campagne électorale.

Le système politique bipartisan mis en cause

L'entrée spectaculaire de Podemos à la chambre basse fait quant à elle basculer l'équilibre des forces vers la gauche. "Le PP sera le premier à essayer de former une coalition mais le bloc de gauche à plus de chances parce qu'il additionne plus de sièges", a déclaré  Ignacio Jurado, professeur de Sciences politiques à l'Université de York.

Pour Pablo Iglesias, de Podemos, le résultat de dimanche montre que le système politique bipartisan, en vigueur depuis la fin de la dictature franquiste il y a quarante ans, a vécu.

"Aujourd'hui est un jour historique pour l'Espagne (...). Nous entamons une nouvelle ère politique dans notre pays", s'est-il réjoui devant ses partisans: "L'Espagne ne sera plus jamais la même".

(Avec Reuters, AFP)

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Commentaires
a écrit le 22/12/2015 à 10:22 :
La balle est dans le camp du pied. En bloquant la création d'une majorité, n'importe laquelle, les habiles tacticiens causent de nouvelles élections. Les électeurs, irrités et affamés de tranquillité, voteront massivement pour le parti le plus conservateur. Olé !
a écrit le 22/12/2015 à 9:26 :
Romaric Godin voyait Artur Mas en président d'une Catalogne indépendante, tous les jours il nous amusait avec sa fixette.
Romaric a eu raison de prendre des vacances, le ridicule tue.
Réponse de le 23/12/2015 à 19:15 :
Il voyait aussi Tsipras faire plier l'Europe et les créanciers de la Grèce, car il pensait qu'avec le duo Tsipras-Varoufakis la Grèce était "en position de force" et admirait leur stratégie.
a écrit le 21/12/2015 à 22:25 :
Mariano Rajoy est le symbole de la montée des travailleurs pauvres, de la misère, des sans logis,

in finé,

Mariano Rajoy ressemble comme un jumeau à Sarkozy et à Valls ;

Qui en France voudrait de Sarkozy ? plus personne excepté un groupuscule LRPS appelé autrefois microcosme par Raymond BARRE

Qui en France supporte encore Valls ? plus personne excepté un groupuscule lrps appelé autrefois microcosme par Raymond BARRE
a écrit le 21/12/2015 à 17:44 :
les Espagnols ont les mêmes socialistes qu'en France; ils préfèrent s'acoquiner avec des apprentis dictateurs et couler le pays que tenter une alliance objective sur le plan économique; un socialiste reste un socialiste, le fric d'abord le peuple après comme en France (le drian, bartolone, et les pistonnés des C. régionaux d'avant le 15 décembre 2015.
Réponse de le 21/12/2015 à 18:17 :
Soyez sérieux quand vous faites un commentaire sinon abstenez vous. Prenez de la hauteur ! Votre commentaire vous ridiculise auprès de ceux qui le lisent car il n'est pas crédible
a écrit le 21/12/2015 à 17:44 :
les Espagnols ont les mêmes socialistes qu'en France; ils préfèrent s'acoquiner avec des apprentis dictateurs et couler le pays que tenter une alliance objective sur le plan économique; un socialiste reste un socialiste, le fric d'abord le peuple après comme en France (le drian, bartolone, et les pistonnés des C. régionaux d'avant le 15 décembre 2015.
a écrit le 21/12/2015 à 16:27 :
Et vlan, premier coup de couteau dans le contrat :-) ne devaient-ils pas refuser de s'allier avec les partis traditionnels ? On va se retrouver dans la situation Mélanchon qui vocifère contre le PS, mais qui finalement vote pour eux :-) Et après, on va s'étonner que les gens soient complètemet désabusés et ne vont plus voter !!!
Réponse de le 21/12/2015 à 20:24 :
PODEMOS, rien a voir avec Mélanchon, PODEMOS sont le vraie changement en Espagne, donc ne comparez pas svp. et en Espagne sont comme ils sont.
un pays enorme et une personnalité propre et diverse
Réponse de le 22/12/2015 à 9:47 :
@joseli : "PODEMOS sont le vrai changement en Espagne"... mieux vaut en rire. Après avoir fait perdre 8 mois à la Grèce qui n'avait pas besoin de ça, étouffé le petit retour de croissance qui s'y était fait jour fin 2014 et amené le pays au bord du gouffre début juillet, Syriza a bien été obligé de s'asseoir sur ses promesses. La plupart des espagnols a compris que ce serait exactement pareil avec Podemos.
a écrit le 21/12/2015 à 16:07 :
De toutes façons il faudra trouver une solution puisqu'une coalition de gauche n'est pas davantage possible, le PSOE et Podemos même réunis n'ayant pas davantage de majorité. La solution de raison serait une coalition centriste anti-populiste autour de Ciudadanos avec participation du PSOE ET du PP. Peut-être plus facile à réaliser qu'une grande coalition à l'allemande, qui s'imposerait arithmétiquement parlant et qui verrait un gouvernement Rajoy inclure des ministres PSOE à hauteur de 40% afin de respecter les équilibres électoraux. De toutes façons c'est le système proportionnel qui impose ce genre d'accords.
a écrit le 21/12/2015 à 15:40 :
En 2017, en France, nous pouvons nous retrouver avec une chambre introuvable !! Le PS espagnol est lui aussi mal en point malgré sa mue en parti social-libéral cela n'empêche pas les électeurs de s'en détourner vers une autre gauche. Je crois que la social-démocratie européenne est en train de disparaitre.
Réponse de le 21/12/2015 à 16:11 :
Sauf bidoullage du mode de scrutin d'ici-là (et question bidouillage, Hollande s'y entend), c'est peu probable. Le scrutin majoritaire (dont idéalement il faudrait éliminer la possibilité de triangulaires) ne le permet pas.
a écrit le 21/12/2015 à 0:45 :
Boof... ça va se faire : socialo, c'est de droite. Nous, en "France"(colonie us), on sait.
a écrit le 20/12/2015 à 21:45 :
Comment dit-on "casse-tête" en espagnol?

C'est une situation inextricable.
Ceci devrait nous faire réfléchir au gros inconvénient des élections à la proportionnelle intégrale: elle ne dégage pas toujours de majorités stables quand on sort du bipartisme.

On a connu ça en France après la 4eme république,
Les premières élections régionales étaient de ce type et ça a été un énorme b.....l dans les exécutifs

En 86 Mitterand avait fait élire le parlement de cette façon là, et il en avait résulté 35 braillards FN à l'assemblée (qui n'ont jamais été réélus (sauf une, qui a été assassinée par la suite), comme quoi ils n'avaient pas bien convaincus dans leurs circonscription).

Chirac a vite rétabli la proportionnelle et la république ne s'en est que mieux portée.

Puisse t'on apprendre aussi des erreurs des autres.
Réponse de le 20/12/2015 à 22:54 :
La solution existe en Espagne, c'est la même qu'en Allemagne, une grande coalition anti-populiste des partis de gouvernement PP-PSOE.
Réponse de le 20/12/2015 à 23:18 :
JM57 drôle d'idée de la démocratie !!! Continuez à ignorer 46% des électeurs comme en France et vous verrez bien ou ca vous amènera !!! UMPS dehors. FG et FN ensemble au pouvoir Debout la France et le MRC. Du sang neuf, fini les magouilles et la tambouille UMPS
Réponse de le 21/12/2015 à 0:54 :
Hhmm... J'ai été confronté au problème. Voire, pire. Vu que j'ai imposé un vote à la majorité des 2/3. Humaniste un jour, Huma.. Et donc, c'est la MINORITE qui dirigeait. Logique. Là, vous avez appuyé sur le bouton du F-Haine qui REVE de la proportionnelle, car ils pourraient revendiquer le nombre de voix de leurs fanatiques lobotomisés. Car EUX, votent, ces fachos. Les "autres" sont des incroyants bisounours qui sont incapables de tuer. Te dire...
Réponse de le 21/12/2015 à 1:19 :
Il est vrai que depuis 40 ans nos gouvernants ont été formidables! Chez nous, on invoque un "front républicain" et le tour est joué pour garder le pouvoir!!!! Honnêtement, ce n'est pas mieux et sûrement pas plus démocratique.
Réponse de le 21/12/2015 à 10:35 :
@JM57 @yvan
Vous avez totalement raison, la proportionnelle doit non seulement êre éradiquée, mais en plus doit être remplacée par du scrutin majoritaire pur et dur sans possibilité de triangulaire ni quadrangulaire, et seuls se qualifient les deux candidats en tête du premier tour. C'est le seul scrutin démocratique car il assure que le vainqueur a bien réuni une majorité des suffrages, donc n'est pas refusé par la majorité des électeurs. Tout le reste est balivernes. Sans aucun scrutin proportionnel il y a belle lurette que le FN serait sorti des écrans radar (ce qui ne veut pas dire que les problèmes sur lesquels il prospère seraient résolus).
Réponse de le 21/12/2015 à 19:55 :
Le bipartisme c'est la dictature des médiocres et des profiteurs donc finissons en avec ça.
Par contre avec de la proportionnelle intelligente style régionales ou municipales mais sans 2ème tour, ce serait peut être une façon de réellement démocratiser le pays à condition que nos politiques fassent preuve d'intelligence au bénéfice de tous.

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