Accès aux services courants : la grande inégalité entre communes

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Le temps median pour accéder à une gare ou une maternité varie entre 13 et 25 minutes
Le temps median pour accéder à une gare ou une maternité varie entre 13 et 25 minutes (Crédits : CC BY-SA 3.0)
Une étude de l'Insee met en relief les très fortes disparités entre habitants dans le temps mis pour accéder à des services de la vie courante.

En France métropolitaine, un habitant sur deux accède en moins de quatre minutes, par voie routière, aux principaux services de la vie courante. Certes, mais, selon les communes, ce temps d'accès varie du simple au triple. C'est une étude originale qu'a menée l'Institut national de la statistique (Insee) sur les disparités constatées dans l'accès aux services. L'Insee s'est donc concentré sur la question des temps de trajet pour accéder aux services essentiels de la vie courante. L'institut a défini « un panier de la vie courante » qui regroupe à la fois des commerces (boulangeries, supermarchés, etc.), des établissements d'enseignement (écoles, collèges...), des services de soin, etc. Le temps d'accès à un service du panier déterminé par l'Insee est le temps théorique de trajet par la route vers celui qui est le plus proche. Alors que le temps d'accès au panier est la moyenne de ces temps pour l'ensemble des services du panier.

Le temps d'accès médian aux services varie entre 4 et 10 minutes selon les territoires

En France métropolitaine, la moitié de la population vit dans 3.000 communes (sur un total de plus de 36.000) et accède à chacun des équipements du panier de la vie courante en moins de 4 minutes. En revanche, à l'autre extrémité, les 5% les plus éloignés, résidant dans 13.000 communes, parcourent un trajet d'au moins 9 minutes.

Bien entendu, les temps d'accès aux services dépendent fortement de la densité de population des communes. L'Insee a ainsi déterminé quatre catégories de communes : « densément peuplées », « de densité intermédiaire », « peu denses » et « très peu denses ». Dans les deux premières, un habitant sur deux accède aux principaux services de la vie courante en moins de 3,5 minutes. En revanche, le temps d'accès médian double dans les territoires peu denses (6 minutes) et fait plus que tripler dans les communes très peu denses (10 minutes).

L'Ile-de-France favorisée, la Corse beaucoup moins

Selon les régions, le temps d'accès aux services est donc très différent. En Ile-de-France, sans surprise, la quasi-totalité de la population accède aux principaux services de la vie courante en moins de 7 minutes. C'est aussi le cas des habitants des deux autres régions très urbanisés : Provence-Alpes-Côte d'Azur (95%) et Nord-Pas-de-Calais-Picardie (91%). En revanche, seule la moitié des habitants de la Corse bénéficient de conditions d'accès aisées. Le relief et la répartition du peuplement expliquent bien entendu cette desserte plus difficile. Trois habitants sur quatre accèdent aux principaux services en moins de 7 minutes en Bourgogne-Franche Comté (75%). Cette part monte à 80% en Centre-Val de Loire et à 85% en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées.

De façon générale, et sans surprise également, dans les départements, tous les chefs-lieux sont mieux desservis que les communes périphériques. Et d'une façon générale, dans les pôles urbains, les temps de trajet médians pour accéder aux services avoisinent 4 minutes. Et c'est, bien entendu, dans les territoires les moins denses que les accès sont les plus longs : ils dépassent 10 minutes.

De 13 à 25 minutes pour atteindre une gare

Si, maintenant, on affine le contenu du « panier de la vie courante », pour se concentrer sur les services « spécifiques aux parents », l'Insee constate alors que, quel que soit le type de territoire, les temps d'accès médians pour accéder à ce panier sont plus élevés que ceux constatés pour accéder au panier général. En effet, le « panier parents » rassemble des équipements plus rares : maternité, gares. Dans les 1.800 communes des rassemblés dans les gros pôles urbains métropolitains, le temps médian pour parvenir à ces « services parents » atteint 13 minutes. Ensuite, plus on s'éloigne de la ville, plus le temps d'accès médian augmente jusqu'à atteindre 25 minutes pour les lieux les plus retirés.

D'où des tentatives de réponses pour désenclaver avec l'apparition de services mutualisés : station-service/épicerie, maison de services au public, services itinérants, dématérialisation des services, etc.

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Commentaires
a écrit le 10/01/2016 à 19:37 :
On occupe son monde comme on peut à l'Insee. " Ensuite, plus on s'éloigne de la ville, plus le temps d'accès médian augmente jusqu'à atteindre 25 minutes pour les lieux les plus retirés." Fermez la porte ouverte, il y a des courants d'air, à moins de vouloir l'enfoncer ? Vivement les statistiques réalistes de l’efficacité de nos ADMINISTRATIONS pléthoriques et impotentes !!!
a écrit le 09/01/2016 à 7:09 :
Il serait utile de mener la même étude en matière de santé en croisant les données avec celle du PMSI faisant ressortir la qualité des soins. Ce serait assez révélateur de la nullité de gestion du ministère et des ARS
a écrit le 08/01/2016 à 15:01 :
Scoop: il y a plus de commerces dans le 15ème arrondissement de Paris que dans le Larzac. Encore une inégalité inadmissible !
Une solution comme aurait dit Alphonse Allais: mettre les villes à la campagne.
a écrit le 08/01/2016 à 14:39 :
Je vis dans une ville de 20.000 habitants du sud ouest , chef lieu du département où nous avons à peu prêt tout , mais dès que vous vous éloignez de 10 ou 15 km vous passez beaucoup de temps en transport , que ce soit pour le travail, l'école , les loisirs, les questions de santé etc...
Mais celui qui habite en grande banlieue parisienne rencontre les mêmes difficultés plus les embouteillages en bagnole et les alertes à la pollution .....comme quoi !!!
a écrit le 08/01/2016 à 14:18 :
Oui mais on peut aussi constater que selon les communes le prix du m2 varie du simple au triple (en étant gentil). Comme les deux classements sont à peu près inversés, la nature est bien faite et il suffit de laisser les prix libres et dépéréqués pour que finalement au global personne ne soit pénalisé...
a écrit le 08/01/2016 à 13:34 :
Encore l'une de ses études générée par des appointés de l'état avec objectif de culpabilisation et démonstration des méfaits d'un chimérique "ultralibéralisme" cause de tous nos maux qui nous confirme qu'il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade.

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