Assurance chômage : l'UPA claque la porte, furieux contre le Medef et la CGPME

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"Le gouvernement fait des petites affaires avec le Medef et la CGPME, c'est insupportable", s'est emporté le représentant de l'organisation qui est, selon lui, "complètement déconsidérée", "flouée".
"Le gouvernement fait des petites affaires avec le Medef et la CGPME, c'est insupportable", s'est emporté le représentant de l'organisation qui est, selon lui, "complètement déconsidérée", "flouée". (Crédits : reuters.com)
Le syndicat patronal représentant des artisans et commerçants a quitté les négociations. Il réagit aux dispositions de la loi El Khomri qui règlent la question de la représentativité patronale, et qui seraient directement inspirées d'un accord entre le Medef et la CGPME.

L'UPA, organisation patronale des artisans et commerçants, a claqué lundi la porte de la négociation sur l'assurance chômage pour protester contre la réforme de la représentativité patronale qui la traite comme une "moins que rien", a annoncé son vice-président Patrick Liébus.

"Pour l'instant, être autour de la table avec le Medef et la CGPME, qui nous considèrent comme moins que rien au niveau patronal, pour nous, il n'y a qu'une solution, c'est quitter la salle", a déclaré à la presse le négociateur de l'UPA, dix minutes après le démarrage des tractations au siège du Medef à Paris. Les discussions ont néanmoins continué.

La loi El Khomri au cœur du conflit?

La mauvaise humeur de l'UPA est la conséquence d'un conflit en marge de la négociation sur l'assurance chômage. Il oppose le syndicat des artisans contre le Medef et la CGPME. L'UPA accuse ces deux derniers d'avoir scellé le sort de la représentativité patronale dans la loi El Khomri sur le travail, un sujet récurrent de discordes entre les trois syndicats patronaux.

La future réforme de la représentativité patronale, qui figure dans le projet de loi El Khomri, prévoit que le mode de calcul de l'audience patronale soit pondéré de telle sorte qu'il tienne compte du nombre d'entreprises adhérentes à hauteur de 20% et du nombre de salariés à hauteur de 80%, alors que la loi actuelle, votée en 2014, tient seulement compte du nombre d'entreprises. Cet article serait directement inspiré d'un accord entre la CGPME et le Medef.

Le patronat "c'est trois organisations"

"Le gouvernement fait des petites affaires avec le Medef et la CGPME, c'est insupportable", s'est emporté le représentant de l'organisation qui est, selon lui, "complètement déconsidérée", "flouée".

"Je suis le négociateur de l'UPA depuis des années, j'ai toujours fait mon travail et j'estime qu'à un moment, il y a une question de respect : le patronat, ce n'est pas une organisation, c'est trois organisations", a-t-il poursuivi.

"On discutera quand ce sera le moment, a-t-il ajouté, quand on aura trouvé des solutions et que l'Etat sera revenu à meilleure fortune concernant la qualification de nos entreprises, c'est-à-dire nous donner tout le poids qu'on représente et pas seulement un poids modeste par rapport au Medef".

Cette négociation s'est ouverte sous une grosse pression politique car l'exécutif a déjà fait savoir à maintes reprises et par diverses voix, y compris celle du président de la République, qu'il fallait absolument que l'Unedic, l'organisme paritaire gestionnaire de l'assurance chômage, parvienne à réaliser des économies substantielles, et ce en plein période de chômage de masse.

>> Aller plus loin Assurance chômage : ce qu'il faut savoir avant l'ouverture de la négociation

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Commentaires
a écrit le 23/02/2016 à 8:23 :
Il est temps que cette représentation prenne son envol seule. Le poids en terme d'emplois, d'investissement, de CA est un des plus important sur le marché français. Par contre les tracasseries administratives le peu d'engouement des banques pour les TPE la formation sur le compte de ce mastodonte de 32 milliards d'euros ne profitent pas au TPE, les aides de l'Etat pas ou peu prévues pour ces entreprises. Ces problèmes ne sont pas nouveaux ils existent depuis des décennies, il faut également dire que souvent les TPE ont voté à droite comme les paysans le miroir politique de la droite a rendu aveugle car la droite comme la gauche n' ont jamais rien fait pour ses acteurs économiques et cela ne date pas d'aujourd'hui déjà dans les années 60 j'entendais mon père s'époumoner contre les charges contre l'Etat qui ne comprenait pas cet acteur économique, contre toutes, déjà, les contraintes que l'Etat stupide imposait. Alors pour une fois que l'UPA n'est pas un mouton je m'en réjouis mais il doit continuer et aller plus loin prendre seul son envol et traiter directement avec l'Etat sans passer par un Medef qui bien souvent prend les TPE pour quantité négligeable. Bravo l'UPA continuez et peut- être verrez vous des adhérents arriver et qui vous soutiendrons avec force.
Réponse de le 23/02/2016 à 9:45 :
La ponctuation c'est pas que dans les livres xD
Réponse de le 23/02/2016 à 10:28 :
D'après un rapport public thématique sorti en janvier 2013, plusieurs choses ne vont pas.D'abord, les salariés qui bénéficient le plus de la formation professionnelle sont ceux qui sont déjà ... les mieux formés ! Un cadre, ou un ingénieur, a deux fois plus de chances qu'un ouvrier d'avoir une formation au cours d'une année.
Par ailleurs, c'est dans les grandes entreprises qu'on accède le plus à la formation, malheureusement sans caractere promotionnel pour le salarié en particulier non-cadre qui peut effectuer de nombreuses formations sans jamais progresser dans sa qualification ni son coefficient ce qui finit par décourager celui-ci. Dans les entreprises de moins de 20 salariés, 15% des personnes seulement accèdent à une formation. 51% dans les sociétés de 500 salariés et plus.Quant aux chômeurs, seuls 10 % d'entre eux suivent aujourd'hui une formation.
a écrit le 23/02/2016 à 5:39 :
Le medef représente le cac 40 et les entreprises qui ont la chance de délocaliser comme Renault Peugeot etc


Les artisans devraient boycotter aussi l apprentissage pendant un an et ne siéger dans aucune des réunions organisées par celle qui ne connait même pas le CDD
a écrit le 22/02/2016 à 21:50 :
Ah bon! A en croire une pub récente, l'artisanat serait la première entreprise de France. Ils devraient donc être contents, ça devrait augmenter leur représentativité. Serait-il possible que cette pub fut mensongère?
a écrit le 22/02/2016 à 17:55 :
De toute façon la petite entreprise c'est fini. Place aux "grands groupes".
Réponse de le 22/02/2016 à 19:33 :
Alors les milliers de start-ups c'est quoi ?
Réponse de le 22/02/2016 à 20:18 :
Un tiers des salariés travaillent dans des entreprises de moins de 20 salariés et la moitié des salariés sont dans des entreprises de 50 salariés maxi. Le Medef a une image dans le public bien plus grande que son poids en terme de salariés dans les grands groupes. Peu d'entreprises se sentent représentées par le Medef.
Réponse de le 23/02/2016 à 10:11 :
@bof

Près d'un tiers des salariés français travaille dans une entreprise de plus de 5.000 personnes tandis que 19% sont en activité dans une micro-entreprise (moins de 10 salariés), indique l'Insee dans une étude publiée qui souligne "l'extrême dualisme du tissu productif".
L'étude, réalisée sur l'année 2009, établit que 217 grandes entreprises (+ de 5.000 salariés) emploient 31% des salariés (hors agriculture, secteur financier et administrations publiques), soit près de 4 millions de personnes.Parmi ces 217 entreprises, 69 sont sous le contrôle d'un groupe étranger.A l'autre bout du spectre, le nombre de salariés travaillant dans une micro-entreprise s'élève à 2,3 millions de salariés, ceux dans une PME (moins de 250 personnes) à 3,5 millions (28%) et ceux dans une entreprise de taille intermédiaire (ETI, 250 à 5.000 personnes) à 2,8 millions (23%).
a écrit le 22/02/2016 à 17:45 :
Le chômage serait élevé et on compterait 80 000 départs, existe-t-il une forme d’Edit de Nantes du talent ou de certaines religions par exemple on publie que des gens de confession juive partiraient, n’est-ce pas une honte ? Prend-on pour cible les militaires et pompiers, les enfants des morts pour la France alors qu’on dégrade la statue du général de Gaulle et qu’on ferait des arnaques économiques ? Les chrétiens sont-ils moins bien considérés ? On parle d’un Brexit est-ce à cause d’une déviance institutionnelle ou de fautes en Etat de droit ? L’Europe n’est-elle pas à montrer du doigt comme une zone de déviance fasciste anti jeune et anti croissance avec une proportion de jeunes inférieure aux USA et un produit par habitant en baisse. Ne devrait-on se poser la question de savoir qui veut la peau des Européens ?
Réponse de le 22/02/2016 à 20:13 :
En bon français, on dit :"ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément."
a écrit le 22/02/2016 à 17:24 :
Très ennuyeux que les artisans/ commerçants soient ainsi défavorisés par l'état. Ce sont pourtant les seuls qui, actuellement, embauchent et sauvent l'économie. Le pas les reconnaître est une grave erreur qui risque de coûter cher au pays.
Réponse de le 22/02/2016 à 18:26 :
"Ce sont pourtant les seuls qui, actuellement, embauchent et sauvent l'économie... " Vous plaisantez ? Ils essayent surtout de sauver leur peau ! Ne confondez pas les artisans / commerçants et les PME ! Les PME qui n'embauchent pas non plus d'ailleurs parce que la mentalité "réduire les coûts" est dans toutes les têtes même si cela condamne les entreprises : pas d'investissements, pas de maintien de compétences : on fait confiance au discours du medef ... on attend tout de l'état ... C'est drôle , non ?
a écrit le 22/02/2016 à 16:57 :
C'est pourtant le monde de l'artisanat,qui tire avec la plus grande énergie notre Economie,les apprentis,les formations par alternance,et qui est en bute avec l'autoentrepreneur,qui sans diplôme,ni obligations financières,est une grave nuisance à l'entreprise NORMALE!!!
Alors les politiques ,qui font le Buzz,pour faire parler d'EUX,sont à recadrer.
Réponse de le 23/02/2016 à 10:16 :
"qui est en bute avec l'autoentrepreneur,qui sans diplôme,ni obligations financières,est une grave nuisance à l'entreprise NORMALE!!!"

Le paradoxe est que les artisans ont votés majoritairement à droite en 2007 pour se retrouver au final avec des auto-entrepreneurs pour les concurrencer.Merci qui ?

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