Commerce extérieur : faut-il redouter la taxe Trump ?

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Le America first se précise. Donald Trump envisage de mettre en place une « border adjustement tax » de 20 % pour protéger son économie.
Le "America first" se précise. Donald Trump envisage de mettre en place une « border adjustement tax » de 20 % pour protéger son économie. (Crédits : © Jonathan Ernst / Reuters)
Le président américain envisage de mettre en place une « border adjustement tax » de 20 % pour protéger son économie. Quels sont les secteurs économiques qui pourraient être marqués par cette décision ?

Depuis 2003, la balance commerciale est dans le rouge. En 2016, le déficit commercial s'est élevé à 48,1 milliards d'euros, en dépit de la politique de l'offre menée par le gouvernement et d'une conjoncture favorable, symbolisée par la relative faiblesse des cours des matières premières, en particulier du pétrole, et du niveau de l'euro face au dollar.

Peut-elle se redresser au cours des prochaines années ? Il faudrait que cette politique de l'offre se poursuive, permettant ainsi d'améliorer à la fois la compétitivité prix et hors-prix du "made in France". Il faudrait également que les mesures protectionnistes ne se multiplient pas.

Or, Donald Trump, le président américain, n'est pas de cet avis. Pour protéger et relancer le "made in USA", celui-ci envisage sérieusement la création d'une « border adjustement tax » de 20 %. Le dossier est désormais entre les mains du Congrès.

Certains secteurs s'inquiètent

Plusieurs secteurs fortement exportateurs - il y en a peu - s'inquiètent. C'est le cas de l'aéronautique. Certes, Airbus est présent en Alabama, à Mobile. Mais pour assembler ses aéronefs aux Etats-Unis, le groupe doit importer des pièces qui n'y sont pas produites . Par ailleurs, tous les Airbus vendus à l'Oncle Sam ne sortent pas de l'usine de Mobile.

Pour le secteur du luxe, cette idée de taxe est également inquiétante. Parce que le savoir-faire des parfumeurs, des joailliers, des maroquiniers, entre autres artisans mondialement réputés ne peut s'exporter - seuls leurs produits le sont -, les entreprises du secteur pourraient être directement frappées par la taxe Trump. Même chose pour les vins et spiritueux, à moins d'arracher les ceps de vigne, de les replanter outre-Atlantique, de déplacer la terre bordelaise ou bourguignonne - pardon pour les autres - et de recréer le climat qui permettait jusqu'ici à nos vignes de s'épanouir.

Les Etats-Unis, le troisième partenaire de la France

Sur le plan macro-économique, les conséquences seraient aussi importantes. Certes, la France accuse un déficit commercial chronique avec les Etats-Unis. Il s'est élevé à 3,3 milliards d'euros en 2016, selon les Douanes. Néanmoins, un relèvement des taxes douanières serait une bien mauvaise nouvelle pour la balance commerciale, puisqu'il saperait les efforts consentis pour augmenter la compétitivité-prix des produits fabriqués en France. Rappelons que les Etats-Unis sont le troisième partenaire de la France, derrière l'Allemagne et l'Espagne, qu'ils talonnent.

Interrogé sur ce point lors de son point presse mensuel, mardi, Pierre Gattaz, le président du Medef, s'est dit inquiet. "Il faudrait réfléchir à une solution européenne si cette taxe devait voir le jour ", a-t-il déclaré. Il reste à savoir si les intérêts européens seraient convergents, auquel cas, l'Union européenne pourrait se défendre. Sinon, il y a fort à parier que chacun de ses membres tente de jouer sa propre partition et négocie seul des accords bilatéraux avec les Etats-Unis.

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Commentaires
a écrit le 16/03/2017 à 19:48 :
si une taxe passait pour nos exportation, il faudrait appliquer la meme mesure vis a vis des usa....
a écrit le 16/03/2017 à 12:24 :
C'est bien là que l'UE EST ou n'est pas!
Jusqu'à présent c'est plutôt ce dernier et c'est bien là le problème.
a écrit le 16/03/2017 à 12:10 :
Je cite : "Sinon, il y a fort à parier que chacun de ses membres tente de jouer sa propre partition et négocie seul des accords bilatéraux avec les Etats-Unis."
Là je ne comprends plus. Je pensais qu'il était impossible de passer au-dessus des règlements européens et de justement conclure des accords bilatéraux.
Dans le cas du Brexit, les journalistes nous disent que ces accords sont interdits, dans le cas des Etats-Unis, ça deviendrait possible ?
a écrit le 16/03/2017 à 10:25 :
Le commerce mondial est en,stagnation....la bonne question,a,se poser est....la pertinence dz la fuite en avant, avec en particulier en Europe.....le,dumping des pays périphériques.....espagne et est de l Europe....
Ca n enrichit pas vraiment ces pays et va appauvrit les autres.....
L euro a perdu 30% de sa valeur face au dollars, et la France est toujours a la traine,des,exportations....je pense que la faute est au dirigeants d entreprise...pas aux salariés.....
Le patronat devrait se poser les bonnes questions......
80% des Citroën sont produites ailleurs au en France...mais sont vendues majoritairement en France.....on a desinvestit en,France pour aller chercher de la main,d oeuvre a bas cout ailleurs ......
Tous les pays qui fonctionnent...a peu près, ont des,secteurs industriels fort.....cela fait trente ans que j entends chez nous que les usines si.t,faites poir les pays pauvres....on voit le résultat......
a écrit le 16/03/2017 à 9:15 :
Comme quoi, les accords commerciaux, cela a son utilité, tout comme l'Union Européenne.

Cela conforte l'idée qu'aucun pays Européen isolé ne fera le poids, seul face à des puissances économiques ou militaires. On l'a déjà vu avec la Chine et avec Poutine et maintenant c'est Trump qui veut déclencher une guerre économique.

Dans un sens, cela donne un aperçu des rapports de force qui vont prédominer si on choisit les mêmes options nationalistes. On a pu constater qu'il y avait des fans. Cela conduira immanquablement à un rétrécissement des échanges, donc de l’économie et certainement des esprits.

Côté Européen, beaucoup reste à faire.
Il faut faire en sorte que la solidarité Européenne ne soit pas un vain mot et mettre en place des actions communes en termes d'harmonisations fiscales, sociales et de défense. Instaurer une équité, ou au moins un équilibre des échanges intra-muros.

Deux interrogations : quelle sera la crédibilité de l'élu(e), représentant la France, pour aller mener des négociations bilatérales ? vu la réputation internationale de nos prétendants, de droite qui plus est.
Comment en est on arrivé là ?

"Il faudrait réfléchir à une solution européenne"..., c'est bien le Pierre Gattaz, qui dialogue avec les partis nationalistes qui prônent la sortie de l'Euro, qui dit cela ?
a écrit le 16/03/2017 à 9:14 :
Tout ce qui n'est pas adaptable doit disparaitre, l'UE de Bruxelles réforme mais n'adapte pas et donc, sera destiné a disparaitre!
a écrit le 16/03/2017 à 0:23 :
Le plus drole ce sera quand Macron devra unilatéralement et en désespoir de cause mettre en place une taxe similaire. Ca ne servira a rien mais ca fera plaisir.
a écrit le 15/03/2017 à 23:05 :
Je vois un point positif: au moins, les européens vont se rendre compte qu'ensemble, nous sommes plus fort, plutôt que chacun chez soi. Certes il faut réformer l'Europe, mais il y a vraiment un sens et des intérêts à ce que nous ayons l'union européenne.
a écrit le 15/03/2017 à 21:31 :
Pas de panique :
1) une taxe de 20% a un impact finalement bien plus faible sur les prix payés par le consommateur que la simple variabilité des taux de change. En 7 ans le prix aux USA du "made in €zone" a baissé de près de 35% du simple fait de la baisse de l'€.
2) la principale caractéristique des exportations françaises vers les USA de produits de luxe est d'être peu sensibles au facteur prix. Un sac Vuitton est très cher avant taxe Trump, il le sera simplement encore un peu plus après.
3) on voit mal comment l'UE pourrait ne pas appliquer de réciprocité sur les importations US, et ce d'autant plus qu'il y a peu de biens véritablement produits aux USA qui ne soient pas substituables ( à part pour le moment quelques drones tactiques pas encore produits en Europe). On ne vendra peut être plus d'Airbus aux USA, mais Boeing n'est pas près non plus de vendre un avion en Europe. L'usine Airbus de Mobile fermera certainement. Au jeu du protectionnisme tout le monde est perdant, mais il est loin d'être certain que les plus perdants ne seront pas les USA.
a écrit le 15/03/2017 à 21:28 :
Cet article n'est évidemment pas une étude d'impact. Il semble que les pays les plus visés soient le Mexique, l'Allemagne, et le Canada. Dès lors nos exportations de composants vers ces pays ensembliers risquent de diminuer, mais les exportation directe vers les US qui se réindustrialisent pourraient en contrepartie augmenter. A titre d'exemple, Alstom, qui est souvent associé au canadien Bombardier, pourrait souffrir contrairement à ce que disait son patron Henri Poupart-Lafarge juste après l'élection de Trump, qui avait boosté son cours en bourse.C'est aussi une invitation pour les multinationales étrangères à investir directement aux US, mais la productivité US sera-t-elle au rendez-vous? La spécialisation internationale n'est pas un vain mot. Les papetiers canadien en ont déjà fait l'expérience.
a écrit le 15/03/2017 à 18:01 :
"Il faudrait réfléchir à une solution européenne si cette taxe devait voir le jour ""

Fais attention pierro tu vas te fatiguer les neurones.

C'est pas juste ils devraient taxer abondamment des pays comme l’allemagne et la chine qui ont des balances commerciales largement excédentaires qui sont néfastes à l'économie mondiale en plus et laisser tranquille les autres.

En 2020 après 832 réunions, 33 colloques et 5 réunions internationales l'europe en réaction à cette mesure protectionniste votera pour une réponse adaptée à la situation:"C'est pas bien." Enfin si en 2020 elle existe toujours parce qu'on voit bien qu'il y a mort cérébrale là.
Réponse de le 15/03/2017 à 21:42 :
Pourquoi toujours sous estimer la capacité de l'UE à défendre ses intérêts ? S'il y a relèvement des barrières douanières US contre les productions européennes les représailles viendront naturellement assez vite. Et connaissez vous beaucoup de produits US qui nous soient indispensables (contrairement aux productions chinoises qui sont devenues incontournables) ?
Quant à votre tentation Robespierre de punir les économies les plus dynamiques et performantes... ça n'améliorera pas d'un iota les performances des autres.
Réponse de le 16/03/2017 à 15:20 :
"Pourquoi toujours sous estimer la capacité de l'UE à défendre ses intérêts ?"

Personne ne vous a parlé du brexit ?! Cette europe de l'oligarchie est un monumentale échec sur pattes.

Parce que l'UE défend les intérêts de son oligarchie et non de ses peuples or quand ceux si sont différents ce n'est pas qu'elle n'est pas capable, comme d'habitude vous interprétez systématiquement mes commentaires que finalement vous ne semblez pas comprendre, alors que pourtant vous venez régulièrement me coller, c'est qu'elle ne veut pas.

"Quant à votre tentation Robespierre de punir les économies les plus dynamiques et performantes... "

L'allemagne doit son "dynamisme" à l'ensemble des autres pays européens donc ce n'est pas deu dynamisme c'est de l'exploitation, il est évident que les esclavagistes ne donnaient pas de salaires à leurs employés ce qui en effet rendait leurs économies "dynamiques".

En ce qui concerne la chine elle doit son "dynamisme" au fait que les actionnaires milliardaires ont délocalisé leurs usines là bas grâce à un main d’œuvre au rabais et des conditions d'exploitation quasiment sans limite.

"Il a vraiment sale gueule votre "dynamisme", alors je comprends bien que vous lisiez tous mes commentaires vous devez apprendre beaucoup mais comprenez-vous pourquoi je ne lis jamais les vôtres ? Sauf bien entendu quand vous me l'imposez régulièrement en me répondant (n'importe comment)

Sinon merci pour la comparaison Robespierre étant un personnage que j'aime bien d'autant que les historiens se sont bien acharnés à en faire un monstre alors que la réalité s'avère tout autre.
a écrit le 15/03/2017 à 17:53 :
L'UE doit en principe appliquer la réciprocité, et ce n'est pas chaque pays, mais la commission qui négocie.

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