Conseil des ministres franco-allemand : Macron veut faire "bouger" l'Allemagne

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Angela Merkel et Emmanuel Macron, lors du dernier Conseil européen, en juin dernier, avaient déjà évoqué la possibilité d'un changement de traité.
Angela Merkel et Emmanuel Macron, lors du dernier Conseil européen, en juin dernier, avaient déjà évoqué la possibilité d'un changement de traité. (Crédits : Reuters/Gonzalo Fuentes)
Le président de la République s'est exprimé dans une interview accordée au quotidien Ouest France ainsi qu'au groupe de journaux allemands Funke, à la veille du Conseil des ministres franco-allemand.

Pour corriger les "dysfonctionnements" de la zone euro et lui donner "le destin qu'elle mérite", l'Allemagne "doit bouger...comme la France doit bouger", a estimé Emmanuel Macron. Le président de la République s'est confié au quotidien régional Ouest France et au groupe de journaux allemands Funke, quelques heures à peine avant un Conseil des ministres franco-allemand. Il a notamment invité Berlin à "accompagner une relance de l'investissement public et privé en Europe".

Ce jeudi matin, l'Elysée accueille la chancelière allemande Angela Merkel pour le 19e Conseil des ministres du couple franco-germanique.

"L'Allemagne a formidablement réformé, elle dispose d'une économie solide, mais qui a des fragilités démographiques, des déséquilibres économiques et commerciaux avec ses voisins". D'où, selon lui "des responsabilités partagées pour donner à la zone euro le destin qu'elle mérite".

Plus de solidarité ?

Emmanuel Macron poursuit son analyse : "Une partie de la compétitivité allemande est due aux dysfonctionnements de la zone euro, à la faiblesse d'autres économies", estimant alors pourquoi les pays "déjà endettés se sont retrouvés plus endettés" et "ceux qui étaient compétitifs se sont retrouvés plus compétitifs".

Une fois ce constat tiré, le président de la République se prononce alors en faveur de "mécanismes de solidarité plus puissants pour l'avenir" qui passent, selon lui, par un "budget" de la zone euro, "un gouvernement qui décide de l'allocation de ce budget et un contrôle démocratique qui n'existe pas aujourd'hui".

Une place plus grande à l'allemand, dans l'éducation française

Emmanuel Macron est, d'autre part, également revenu sur la dimension éducative du couple franco-allemand promettant "d'améliorer la place de l'allemand dans (le) système éducatif" français. Il ambitionne avec la réouverture de 1.200 classes bi-langues dans les collèges :

"L'enseignement de l'allemand va atteindre un niveau qu'il n'a jamais connu (...) Pour l'automne, nous allons préparer (...) un Erasmus de la culture et de l'apprentissage".

Le président français évoque aussi un "fonds d'investissements d'un milliard d'euros" dans le numérique, des "appels à projets", avec les Allemands, pour attirer des chercheurs dans le cadre de l'initiative "Make our planet great again" et le "lancement d'un programme conjoint sur les nanotechnologies et les batteries".

De nouveaux traités ?

A l'issue de ce nouvel entretien franco-allemand, les deux pays doivent présenter une feuille de route pour la réforme de l'UE et de la zone euro mais la date reste à préciser.

Emmanuel Macron a d'ailleurs estimé, dans la même interview, que des changements des traités européens étaient nécessaires :

"L'Europe a été fondée sur une promesse de paix, de progrès, de prospérité. Il faut aujourd'hui un projet qui puisse renouer cette promesse (...) Il faudra à un moment des changements de traités, parce que cette Europe est incomplète ; la question n'est pas de savoir si ces changements seront nécessaires, mais quand et comment."

Lors d'une conférence de presse conjointe avec Angela Merkel, suite au dernier Conseil européen fin juin, le président français avait déjà déclaré qu'un changement de traité n'était ni un tabou ni une fin en soi.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 13/07/2017 à 16:40 :
Macron veut confisquer l'argent des Allemands, donc l'argent des travailleurs Allemands.Macron lui, il fait tout pour eviter la reforme en profonde de la France.Parceque il a de peur, de peur pour reformer. Donc c'est plus simple de voler l'argent des voisins.Sans gene
a écrit le 13/07/2017 à 15:56 :
C'est un "rigolo" Macron. Il est bien comme Hollande ou Sarko.
Vous qui avez de l'argent en trop, vous pourriez nous en donner. Il nous en manque.
Ça nous évitera de faire nos réformes douloureuses !
a écrit le 13/07/2017 à 13:00 :
C'est l'histoire du cancre qui dit au premier de la classe de se saboter volontairement pour qu'il puisse le rattraper.
a écrit le 13/07/2017 à 12:16 :
ce pays ne peut bouger. trop vieux. trop archaïque.
le nombre d'entreprises baisse parce-qu'ils manquent de jeunes pour reprendre et créer. comme le dit Olaf Gersemann, les boites locales investissent de moins en moins dans le pays. la proportion de salariés bas salaires est passée de 20% en 2006 à 22,5% en 2014. cela semble étonnant avec le déclin démographique et une économie censée être florissante.
faut développer l'apprentissage de l'allemand chez nous pour coloniser la Germanie et civiliser le pays. mais c'est probablement trop tard. comme chez d'autres partenaires européens et d'ailleurs.
a écrit le 13/07/2017 à 10:06 :
Il est à côté de ses plaques, le président français, il n'arrive déjà pas à faire bouger la France et il s'imagine faire bouger l'Allemagne, ahahha `c'est rigolo comme conception mais c'est à côté cela est dû à son inexpérience, son dilletantisme, on ne peut pas pas être banquier socialiste et après ne plus savoir d'où l'on vient.
a écrit le 13/07/2017 à 9:54 :
Piètre récupération de récupération d' en recul, pensez comme Frau Merkel se fiche éperdument de notre héros national.. Le coupe franço allemand est le mythe inventé pour plaire aux bobos droito/gaucho intoxiqués et leur laisser à penser que la France compte encore pour l' Allemagne ...

Un peu d' explication sur cette affaire historico/géopolItique ne peut qu' élever le niveau et à la seule fin d' éviter les contorsions intellectuelles.

https://www.upr.fr/dossiers-de-fond/le-mythe-du-couple-franco-allemand-traite-elysee
a écrit le 13/07/2017 à 9:48 :
L'Allemagne est hypnotisée par la rente et la finance donc elle est morte Macron n'a aucune chance de la faire bouger.

Vite un frexit

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