Pas de reprise en 2017 ?

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Selon le ministère des Finances et de l'Economie, le PIB progresserait de 1,5% cette année. Les économistes sont plus prudents.
Selon le ministère des Finances et de l'Economie, le PIB progresserait de 1,5% cette année. Les économistes sont plus prudents. (Crédits : © XXSTRINGERXX xxxxx / Reuters)
Selon les économistes, le PIB devrait progresser en 2017 à un rythme proche de celui constaté l'année dernière, proche de 1,2%. Pour l'instant, le ministère de l'Economie et des Finances vise une croissance de 1,5%. Les aléas entourant cette prévision sont nombreux.

Quelle sera la croissance en 2017 ? Pour l'instant, le gouvernement table sur une augmentation de 1,5% de l'activité. Les économistes sont plus prudents, le consensus étant fixé aux alentours de 1,2%. Est-il envisageable que le ministère de l'Economie et des Finances abaisse sa prévision de croissance d'ici le second tour de l'élection présidentielle le 7 mai ? Il y a peu de chances. D'une part, la situation conjoncturelle s'améliore. D'autre part, on voit mal le gouvernement se déjuger puisqu'en cas de défaite électorale et de ralentissement de la croissance, il pourra arguer que la nouvelle équipe gouvernementale a « cassé » la reprise en cours, fut-elle faible. En politique, tous les coups sont permis. On peut raisonnablement penser que si les rôles avaient été inversés, cette petite filouterie se serait également produite.

Quels devraient être les moteurs de la croissance cette année ? "La reprise en zone euro, et en France a fortiori, reposerait donc sur une composante cyclique plus importante, la conjoncture s'améliorant à la faveur d'une reprise autoentretenue (emploi - consommation - investissement...)", expliquent les économistes du Crédit agricole qui  visent une augmentation de 1,3% de l'activité cette année.

Il existe toutefois certaines incertitudes qui pèsent sur la croissance.

Pas de menace politique forte

N'ayant pas de boule de cristal à la fiabilité incontestable, penchons-nous sur les scenarii possibles. L'élection présidentielle française peut-elle faire varier l'activité et de secouer les marchés financiers ? "A moins d'une victoire de Marine le Pen, qui semble peu probable à la lecture des derniers sondages, la menace d'un choc est très faible", explique Julien-Piere Nouen, le directeur des études économiques chez Lazard Frères Gestion qui vise une progression de 1,2% environ du PIB tricolore cette année. En clair, le lien entre le politique et l'économique est très distendu. La France et les pays industrialisés ne sont pas la Chine où c'est le gouvernement dirigé par le parti communiste chinois qui influe directement sur le niveau de la croissance et de l'emploi via, notamment, la dépense publique et la politique monétaire.

Une longue liste d'aléas

Par ailleurs, si l'environnement global reste plutôt propice à l'économie française - les variations des données de marché (euro, taux et pétrole) restant correctement orientées - le soutien de ces facteurs exogènes serait toutefois moins fort en 2017 et 2018 qu'en 2016. La croissance mondiale pourrait également être impactée par la sortie de l'Italie de la zone euro - le risque est faible mais il existe si le Mouvement 5 étoiles parvient au pouvoir -, les soubresauts de l'économie chinoise et plus globalement des pays émergents (Brésil, Russie...), les incertitudes liées aux négociations sur le Brexit et les effets de la politique mise en œuvre par Donald Trump aux Etats-Unis, avec pour corollaire une hausse attendue des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine.

Ce point est important. Alors que l'économie américaine est quasiment au plein emploi, le taux de chômage s'élevant actuellement à 4,9% de la population active, contre 10% au début du second mandat de Barack Obama, quels peuvent être les effets - et la justification - du plan de relance annoncé par le vainqueur de la dernière élection présidentielle ? Cette situation de plein-emploi interpelle par ailleurs sur la politique monétaire passée de la Fed...

Impulsé par l'Etat, avec le soutien du secteur privé - Donald Trump semble avoir compris la limite de l'exercice pour les finances publiques - un plan de relance massif ne peut-il pas provoquer une relance de l'économie américaine obligeant la Fed à relever ses taux et donc à brider la croissance ?

" L'incertitude est de mise sur les effets à court et à moyen-long terme de l'action de la Maison blanche dans le domaine économique ", indique Matthieu Grouès, le responsable des gestions institutionnelle de Lazard Frères Gestion. Sans compter les effets d'une hausse des taux américains sur la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et son impact sur la croissance des pays de la zone euro qui, dans leur grande majorité, cherchent toujours le chemin le plus court vers une reprise forte et durable.

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Commentaires
a écrit le 12/01/2017 à 20:04 :
La croissance infinie sur une planète finie, faudra me faire la démonstration !
Merci
a écrit le 12/01/2017 à 18:59 :
La croissance est un mirage elle se fait au détriment du bien être des peuples et de la nature dans le cadre économique actuelle.

Pour une véritable croissance il faut attaquer la révolution de la chimie propre, de l'industrie propre, de la protection de la biodiversité, du biomimétisme, de l'expansion spatiale, de la médecine de guérison et non plus de la médecine chronique, de la formation réelle de nos populations sur des métiers techniques, pérenne, nouveaux et à forte valeurs ajoutées et j'en passe des meilleures.

Mais nous sommes gouvernés par des vieux qui ne comprennent rien à ces choses et se limitent à de la politique politiciennes et à de vieilles recette d'énarques du 20ème siècle.

Vivement que le 21ème siècle débarque car on a 16 ans de retard ... .
Réponse de le 13/01/2017 à 19:33 :
C'est pas pour rien que nos ancètres utilisaient la guillotine. Elle tuait les riches et leur richesse était repartagé. Aujourd'hui le problème est que l'argent n'appartient plus seulement aux riches mais aussi et surtout à la bourse... Si seulement elle pouvait mondialement ce cracher...
a écrit le 12/01/2017 à 17:33 :
Bientôt les élites de la médiocrité de l'extrême gauche à l’extrême droite vont nous faire bien rire dans leurs prévisions de croissances dans leurs campagnes marketing à coups d'argumentations publicitaires mensongères. Qui va osez annoncer des 2.5% ou 3% en fin 2022?
a écrit le 12/01/2017 à 16:46 :
la france a une croissance potentielle inferieure a 1% ( cf patrick artus), alors 1.2 ca reste tres optimiste, ou ca va se payer un peu apres
faut pas oublier que la seule raison pour laquelle l'investissement est legerement reparti, c'est le double amortissement qui a ete prolonge!!!
et ca c'est pas eternel
a écrit le 12/01/2017 à 16:30 :
"Croissance nulle en 2017 ?" a l'image du gouvernement...

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