En France, un employé sur deux n'aurait pas confiance en son patron

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Pour les dirigeants, confiance rime surtout avec respect pour 25% d'entre eux, puis honnêteté avec 20%.
Pour les dirigeants, confiance rime surtout avec respect pour 25% d'entre eux, puis honnêteté avec 20%. (Crédits : UNICS REUTERS/Jim Young CRB)
Les dirigeants français ne seraient pas ceux qui inspirent le plus de confiance à leurs salariés, d'après une étude Malakoff Médéric. Une confiance pourtant essentielle dans la vie de l'entreprise.

Jusqu'où suivriez-vous votre patron ? A l'aube de l'Université d'été du Medef, qui ouvre ses portes pendant deux jours à Jouy-en-Josas (Yvelines) sur le campus de HEC, Malakoff Médéric présente mardi 29 août l'étude "Regards croisés sur la confiance en entreprise", qui observe en profondeur les liens de confiance qui unissent - ou non - les employés de leurs supérieurs hiérarchiques.

Elle analyse la valeur "confiance" dans le monde du travail, qui reste indispensable pour évoluer selon les différents acteurs concernés, aussi bien pour les salariés, les clients, que les dirigeants. Le document s'appuie sur un sondage réalisé auprès de plus de 500 dirigeants et chefs d'entreprises du secteur privé français, et pas moins de 1001 salariés employés dans ces entreprises.

Une confiance qui varie selon les acteurs

Thème principal de l'Université du Medef cette année, la notion de confiance conserve une place décisive dans la vie de l'entreprise. Et pas seulement : ils sont 97%, aussi bien salariés que dirigeants, à considérer la confiance comme un sujet essentiel dans la vie professionnelle, mais également personnelle.

Pourtant, la valeur confiance ne signifie pas la même chose selon les acteurs. Pour les dirigeants, confiance rime surtout avec respect pour 25% d'entre eux, puis honnêteté avec 20%. Viennent ensuite les mots de collaboration, de sécurité, et de dialogue. Quant aux salariés, ils citent d'abord l'honnêteté à 23%, et ensuite le respect à 20%. Les termes qu'ils préfèrent associer à la confiance sont ceux de partage, d'aide, de sécurité, et de fidélité.

Une divergence de vues qui se répercute aussi sur les estimations de confiance accordées entre les dirigeants et leurs collaborateurs. Si 95% des cadres et responsables d'entreprises estiment jouir de la confiance de leurs salariés, la réalité est plus nuancée. Seuls 55%, soit un peu plus d'un salarié sur deux, auraient confiance en leurs dirigeants. Ils sont cependant 72% à accorder cette précieuse confiance à leurs collègues directs.

Des leviers pour développer la confiance

Pourtant, le bilan reste positif sur certains points : 72% des salariés, et 88% des dirigeants se disent confiants par rapport à leurs situations professionnelles. Les deux camps s'accordent aussi sur l'importance de la reconnaissance, comme principal levier pour développer la confiance au sein d'une relation manager-managé. Dans l'étude, 63% des dirigeants et 60% des salariés estiment qu'elle est la compétence managériale qui a le plus d'impact sur la confiance, devant l'écoute et le dialogue. L'étude pointe aussi une autre faiblesse : l'engagement des salariés a dégringolé en sept ans, passant de 41% en 2009, à 28% en 2016.

Des leviers essentiels pour la vie de l'entreprise, alors que l'appréhension des salariés vis-à-vis de leurs places ou des moyens de progression se différencient clairement de celle des dirigeants. Seuls 55% des salariés considèrent leur contribution personnelle reconnue et leur statut juste et équitable. Ils insistent également sur l'esprit d'entraide et de solidarité, lorsque les dirigeants choisissent de prôner l'esprit d'initiative à 92%. Une autre preuve de cette méfiance et des carences de confiance qui persistent : à peine six salariés sur dix estiment pouvoir s'exprimer en toute confiance dans son entreprise.

Cette situation requiert des efforts constants de part et d'autre : l'étude souligne le fait que "plus les salariés sont rassurés par leurs dirigeants, plus ils disent avoir envie d'améliorer leur façon de travailler". Une relation donnant-donnant qui reste surtout dépendante de la confiance.

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Commentaires
a écrit le 30/08/2017 à 21:45 :
Quand je vois les commentaires ci-dessous, J'ai l'impression que la TRIBUNE nous laisse nous défouler...Pour que la censure laisse passer tout cela, les ordres doivent venir du dirigeant süprême....

A moins qu'on ne fasse partie d'une étude sociologique....
a écrit le 30/08/2017 à 15:24 :
la guigne des patrons ? quelle boutade ! rien par rapport aux futurs retraités
a écrit le 30/08/2017 à 15:23 :
la guigne des patrons ? quelle boutade ! rien par rapport aux futurs retraites
a écrit le 30/08/2017 à 13:53 :
Le discrédit ne touche pas que la classe politique...
a écrit le 30/08/2017 à 13:11 :
"Si 95% des cadres et responsables d'entreprises estiment jouir de la confiance de leurs salariés" : ha-ha-ha-ha !! Rien que cette phrase montre le fossé qui existe entre les employés et les dirigeants d'entreprise français, ces derniers étant aussi coupés de la réalité que nos hommes politiques. On a réussi à virer une bonne partie de ceux-ci, à quand le tour des patrons ?!
a écrit le 30/08/2017 à 12:02 :
En fait, je viens de remarquer un détail surprenant.
Manifestement, la compétence et l'ardeur au travail ne font pas partie des qualités que le MEDEF jugent importantes afin d'établir des relations de confiance entre les salariés et les dirigeants.
Incroyable : un membre du MEDEF accorderait ainsi plus de confiance à un salarié respectueux (le terme servile me paraîtrait plus adapté,d'ailleurs), qu'à un salarié compétent et travailleur.
De même, le MEDEF n'a pas osé demandé aux salariés si ceux-ci les trouvaient compétents et travailleurs.

On peut en déduire que dans les entreprises françaises, les valeurs de compétence et de travail ne sont pas importantes.....
Ce qui parait logique avec la présence de 20 % de français ayant voté FILLON, dont de nombreux chefs d'entreprise.
a écrit le 30/08/2017 à 11:45 :
La confiance se gagne si on est honnête et loyal. C'est aussi simple que cela. Mais les pratiques des entreprises à l'égard de leurs clients ou de leurs actionnaires sont très révélateur du niveau de confiance qu'on peut leur accorder... Et les salariés sont bien placés pour en être les témoins.
a écrit le 30/08/2017 à 10:27 :
La confiance avec son patron, tout dépend du rapport à l'argent qu'à le patron.certain patron n'ont plus aucune notion de la valeur de l'argent et là c'est l'aveuglement et une impossibilité de communication avec les personnes "ordinaires"
a écrit le 30/08/2017 à 10:19 :
Le fait de délocaliser les négociations de la branche à l'entreprise va-t-il améliorer la confiance ou faire croitre la méfiance ? Je crains que la deuxième option soit la plus fréquente.
a écrit le 30/08/2017 à 8:18 :
Quand on n'a plus confiance à son patron, on ne croit plus à l'entreprise, un Conseil créer son entreprise, le problème ne se posera plus
a écrit le 30/08/2017 à 4:18 :
Dans toute entreprise, existe un employe denomme "oeil de Moscou". Tres utile pour le boss.
a écrit le 29/08/2017 à 21:07 :
Pour b.... les salariés, je fait entièrement confiance à mon patron.
a écrit le 29/08/2017 à 18:21 :
Je crois que le sondage en très en dessous de la vérité. Ce serait plutôt 75 % des salariés qui n'ont pas confiance dans leur patron.

On voit bien en permanence le système de fonctionnement des entreprises basé sur la menace permanente du patron, sur ses mensonges, mais bien sur il a le "pouvoir" alors?
le pouvoir c'est un système complétement ridicule et absurde, qui ne repose sur rien, sinon si quelques sou que possède un patron par rapport aux employés. C'est une théorie sur laquelle le peuple doit être soumis pour pouvoir survivre.
Réponse de le 29/08/2017 à 20:03 :
Vous écrivez :
le pouvoir c'est un système complétement ridicule et absurde, qui ne repose sur rien, sinon si quelques sou que possède un patron par rapport aux employés.

Si mon patron n'avait pas l'argent pour me payer ce serait complètement absurde et ridicule de travaillez pour lui !
N'ayant jamais connu le cas , mais si des salariés payaient leur patron pour travaillez je trouverais comme vous que le pouvoir est complètement absurde et ridicule.

Maintenant dire que le pouvoir ne repose sur rien c'est forcément ne pas en être dépendant pour se nourrir ou se loger ...

Vous faites quoi dans la vie ?
a écrit le 29/08/2017 à 16:25 :
En fait, il nous faudrait des dirigeants allemands (le terme patron renvoie au XIX ième siècle). Sans généraliser, bien trop souvent, en FRANCE nous avons des dirigeants de type Christophe Colomb : je ne sais pas où je vais, je ne sais pas comment j'y vais, et en plus quand j'y suis, ce n'était pas à l'endroit prévu.
Mais le tout, c'est de faire croire que je maîtrise. Et surtout, je n'écoute que moi-même ou mes courtisans (Par contre, en FRANCE, depuis Louis XIV, la quantité de courtisans n'a fait que se développer)
Réponse de le 29/08/2017 à 16:58 :
L'article dit:
Pour les dirigeants, confiance rime surtout avec respect pour 25% d'entre eux, puis honnêteté avec 20%.

Même les dirigeants préfèrent être courtiser ...
Comme quoi la réalité en France est de préférer avoir un salarié qui fait de la lèche qu'un qui travaille en rapportant son du a l'entreprise !
Curieux n'est ce pas ?
Réponse de le 29/08/2017 à 17:41 :
+1
Réponse de le 30/08/2017 à 17:59 :
Les "valeurs" pour être bien vu(e)s aujourd'hui de son patron et de sa hierarchie en général:

mentir - coucher - dénoncer

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