Face à l'absentéisme, les entreprises aux abonnés absents

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Pour faire face à ces absences, les entreprises ont recours à différents dispositifs comme l'embauche de personnels en CDD ou en intérim, ou le recours aux heures supplémentaires, selon l'enquête de l'association Référentiel de l'absentéisme.
Pour faire face à ces absences, les entreprises ont recours à différents dispositifs comme l'embauche de personnels en CDD ou en intérim, ou le recours aux heures supplémentaires, selon l'enquête de l'association Référentiel de l'absentéisme. (Crédits : REUTERS/Soeren Stache)
En dépit d'une hausse de l'absentéisme observée ces cinq dernières années, huit entreprises sur dix déclarent ne prévoir aucune mesure palliative en cas d'absence de leurs employés.

Quand les salariés ne sont pas là, les entreprises... déchantent. Près des deux tiers (65%) des sociétés se disent confrontées à une hausse de l'absentéisme depuis cinq ans, mais 81% ne prévoient aucune mesure pour pallier les absences, selon une enquête de l'association "Référentiel de l'absentéisme".

Dans le détail, près d'une entreprise sur deux ayant participé à l'enquête indiquent un taux d'absentéisme "en augmentation modérée" depuis 2009 et 18% "en forte progression". A contrario, 14% font état d'une "diminution modérée" et 5% d'une "forte réduction" (12% "stable" et 4% ne se prononcent pas).

L'association, créée en 2013, rappelle que lors de sa précédente enquête, en 2014, 53% des entreprises au total avaient fait part d'une hausse de l'absentéisme. Elle souligne qu'il faudra voir dans la durée si cette hausse "résulte de conditions socio-économiques dégradées" ou s'il s'agit d'un "phénomène durablement ancré (perte de sens et de la valeur travail)".

Face au surcroît de travail, 80% des entreprises... ne font rien

Pour faire face à ces absences, les entreprises ont recours à différents dispositifs comme l'embauche de personnels en CDD ou en intérim, ou le recours aux heures supplémentaires, selon l'enquête.

Toutefois, huit entreprises sur dix disent ne prévoir "aucune mesure palliative", laissant ainsi le surcroît de travail "absorbé par les collaborateurs présents". Or, pour près des deux tiers de ces entreprises, souligne l'association, l'absentéisme a augmenté ces cinq dernières années, un "cercle vicieux""une charge de travail croissante entraîne une réaction en chaîne d'absentéisme".

La contre-visite médicale plébiscitée - mais contestée

Parmi les mesures mises en place pour lutter contre ce phénomène, les entreprises privilégient les contre-visites médicales (73%), bien avant les entretiens de ré-accueil (38%), la formation des managers (35%) ou des plans de prévention (risques psycho-sociaux, troubles musculo-squelettiques). Pourtant, ces mesures donneraient de meilleurs résultats que les contre-visites médicales, estime l'association en évoquant une "tendance".

Pour son enquête, l'association Référentiel de l'absentéisme, qui souligne qu'il ne s'agit pas d'un panel statistique, a analysé les réponses de 317 entreprises regroupant 402.503 salariés à son questionnaire mis en ligne d'octobre 2015 à avril 2016. Une majorité des réponses (60%) émane d'entreprises de 101 à 500 salariés.

(Avec AFP)

POUR EN SAVOIR PLUS

>> L'entretien de ré-accueil

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Commentaires
a écrit le 31/08/2016 à 18:48 :
Félicitations aux deux précédents commentaires qui à mon sens encadrent bien le sujet. Et contiennent deux explications.
1) Steph/Harpagon: la société de consommation déresponsabilise et enfantilise les adultes. Avant une perte de sens, il y a une perte de responsabilité des employés pour le collectif ET des responsables (d'ailleurs il faut cesser d'utiliser le terme manager qui masque l'aspect responsabilité de sa belle traduction française) envers les subordonnés.
2) Marousan: clairement l'aséchement de la répartition et le parachutage des élites/responsables conduisant à la fin de l'ascenceur social par le mérite mine l'engagement des salariés. La réponse ultralibérale de plus de précarité ne va pas du tout améliorer la situation. La facilitation du licenciement rajoutera encore à l'augmentation du roulement des salariés, créant des atmosphères plus délétères pour les salariés conscencieux et fidèles au poste et donc, in fine, burn-out pour les plus travailleurs.

La soumission à un supérieur est une condition du salariat et n'est pas perçue négativement par une majorité de la population tant que le supérieur est juste et méritant.
Le fait de se prendre en main n'est pas accessible pour des raisons intellectuelles, culturelles, financières à toute une partie de la population. C'est donc aussi utopique de clamer la fin du salariat que le tout-salariat.
a écrit le 31/08/2016 à 18:40 :
l'absentéisme,a partir du moment ou la sécu compense,ça n'est pas non plus un drame
a écrit le 31/08/2016 à 18:16 :
La suppression des jours de carence pour les fonctionnaires décidée par Hollande en remerciement à son fidèle électorat est sans doute l'une des principales raison de la hausse de l'absentéisme.
a écrit le 31/08/2016 à 18:05 :
Merci pour cet article.

Se plaindre sans arrêt c'est une chose, agir en est une autre. Nos décideurs économiques, des dogmes néolibéraux plein les yeux, ont perdu leur capacité de se remettre en question, d'innover, de faire vivre l'économie.
a écrit le 31/08/2016 à 13:12 :
La raison en serait une perte de sens ??!! Perte de claque oui ! Si on ne se plait plus dans son job on se prend en main, on cherche un nouveau on n'attend pas du boss qu'il soit une sorte de GO qui devrait 'animer' et 'faire adhérer', c'est la qu'est la perte de sens commun. En Suisse si tu ne te presentes au job et n'as pas de motif acceptable, tu es viré, point !
Réponse de le 31/08/2016 à 14:04 :
Justement, l'article parle de la France, le pays où les roublards ont toujours raison et où les honnêtes gens finissent par comprendre qu'ils sont les dindons de la farce. Pourquoi ? Parce que les managers ne font pas de différence entre un salarié qui fait bien son travail et un tire-au-flanc.
Parce que comme le dit l'article, les tire-au-flanc provoquent un surcroît de travail pour les salariés consciencieux mais la hiérarchie fait celle qui n'a rien vu. Même pas un merci... En plus, souvent le tire-au-flanc se retrouve avec un poste cool, à la suite de plusieurs absences pour moins perturber l'équipe = tout bénéfice, travailler moins, voire pas et gagner autant.
J'ai vu dans une entreprise, une secrétaire qui sur 8 ans de CDI a été absente 5 ans (2 maladies à rallonge). Elle était en longue maladie depuis plus de dix-huit mois quand l'entreprise a été liquidée, elle venait de transmettre sa feuille maladie pour une prolongation et a eu le culot de dire à l'entretien pour son licenciement économique au liquidateur qu'elle comptait justement reprendre son travail et choisissait le CSP... Comme dit le liquidateur, rien ne vaut un licenciement économique pour soigner les gens.
Rassurez-vous, c'était juste pour toucher son salaire à taux plein pendant 12 mois. Elle n'a pas retravaillé et comme elle était à deux ans de la retraite, elle l'attend patiemment à la maison en travaillant au noir tout en recevant ses indemnités et cotisant pour sa retraite. Elle avait un job bien payé et sur ses dix dernières années de carrières, elle aura travaillé 3 ans, les sept autres années en grande partie payées totalement grâce à la prévoyance. Parce qu'elle a pris pour ses deux maladies, cinq fois plus de congés que le commun des mortels.
Réponse de le 31/08/2016 à 14:12 :
Bonjour,
La Suisse n'est pas la France. Ni du point de vue économique, ni du point de vue sociologique.

Concernant le fait de se prendre en main, c'est déja le cas aujourd'hui, la majorité des salariés se prennent parfaitement en charge néanmoins il y a une décorrélation entre le besoin de sens et de participation réelle à l'aventure de la boite des salariés qui ne sont jamais ou rarement impliqué et encore moins formés et mieux payés d'un coté.

Et de l'autre coté le besoin des managers de tenir des objectifs de moins en moins réaliste, afin de satisfaire l'actionnariat qui ne partage plus le bénéfice du travail commun sauf avec une minorité de managers qui sont des père fouettards.

Le divorce est consommé, pour preuve la majorité des jeunes diplômés ambitionnent de monter leur entreprise ou le fond afin non pas de gagner des fortunes mais uniquement d'avoir un métier chosit, qui les passionne et qui a du sens. Le salaire est indispensable mais ne suffit plus.

Les grandes entreprises vont donc devoir s'habituer à gérer le turn-over et les absences tout simplement. Car elles ne passionnent plus, ne partagent pas le fruit du labeur commun et n'offre plus de conditions de travail idéales. Hors lorsque l'on passe la moitié de sa vie à travailler pour un tiers il faut que l'on soit impliqué, qu'il y ait du sens et que l'on s'y plaise sinon on perd tout simplement sa vie à travailler pour les autres.

Le monde de nos parents nés pendant ou juste après la seconde guerre mondiale touche à sa fin et nous essayons d'en inventer un nouveau plus lucide, plus épanouissant et surtout avec du sens.

Bousiller l'environnement, la santé des gens, le moral et la psychologie des salariés, la nature et les êtres vivants qui la peuple uniquement pour le profit d'une minorité n'a pas de sens et tout le monde en a à présent conscience.

Cela signe très probablement à long terme la fin des super fortune, la fin de l'impunité face à la destruction, la pollution, l'égoïsme et la bêtise.
Beaucoup d'entreprises vont simplement disparaître dans ce rééquilibrage en faveur d'une réappropriation du sens dans l'action et la réflexion par les citoyens.

On ne peut tout simplement plus accepter que la bétise et l'ignorance crasse pour des profits rapides continue à détruire notre monde et à provoquer des conflits.

Une partie de l'absentéisme est probablement causé par cette prise de conscience et cela ira croissant.

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