France : 1 million d’emplois à portée de main grâce au climat

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Le million du slogan correspond à une création nette d'emplois additionnels d'ici à 2020 résultant de 446.000 emplois détruits (essentiellement dans les secteurs les plus polluants tels que l'automobile, le bâtiment, les produits pétroliers, l'abandon du nucléaire, du fret routier ou de l'agriculture traditionnelle intensive) et de 1,5 million de nouveaux emplois créés.
Le million du slogan correspond à une création nette d'emplois additionnels d'ici à 2020 résultant de 446.000 emplois détruits (essentiellement dans les secteurs les plus polluants tels que l'automobile, le bâtiment, les produits pétroliers, l'abandon du nucléaire, du fret routier ou de l'agriculture traditionnelle intensive) et de 1,5 million de nouveaux emplois créés.
Avec « Un million d’emplois pour le climat » publié ce 12 janvier, un collectif inédit de syndicats et d’associations sociales et environnementales propose de concilier lutte contre le changement climatique et lutte contre le chômage. Un programme qui devrait susciter l’intérêt des candidats à l’élection présidentielle…

« No jobs on a dead planet ». La campagne « Un million d'emplois pour le climat » fait écho à ce leitmotiv de la confédération syndicale internationale. Née en Grande-Bretagne, elle se décline déjà en Afrique du Sud, au Canada, en Norvège, au Portugal et dans l'Etat de New York. En France, elle résonne comme un clin d'œil à la promesse du Medef de créer un million d'emplois en échange de la baisse des charges incluse dans le pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi. Elle est portée par un attelage inédit d'organisations environnementales et sociales et de syndicats soutenu par la Fondation Heinrich Böll France, parmi lesquels l'association altermondialiste Attac, la Fédération syndicale unitaire (FSU), le Réseau action climat (RAC), la Confédération paysanne, Emmaüs, Alternatiba... Leur objectif commun : tordre le cou aux idées reçues opposant transition énergétique et emploi et travailler à une meilleure articulation entre une politique climatique ambitieuse, la protection des salariés menacés et le renforcement des opportunités sur le front de l'emploi.

Des métiers pour accompagner une transition énergétique juste

Le volume d'emplois évoqué résulte notamment des travaux de l'économiste Philippe Quirion effectués en 2013 sur la base du scénario négaWatt et prévoyant 632.000 emplois nets en 2030. En 2012, l'Organisation internationale du travail (OIT) chiffrait à 60 millions les emplois générés par la transition écologique, tandis que dans son scénario "100 % énergie renouvelable" de 2016, l'Ademe tablait sur 896.000 emplois.

Le million du slogan correspond à une création nette d'emplois additionnels d'ici à 2020 résultant de 446.000 emplois détruits (essentiellement dans les secteurs les plus polluants tels que l'automobile, le bâtiment, les produits pétroliers, l'abandon du nucléaire, du fret routier ou de l'agriculture traditionnelle intensive) et de 1,5 million de nouveaux emplois créés. Sans surprise, ces derniers sont issus des branches traditionnelles de la transition écologique, telles que la rénovation énergétique (350 000 emplois) et les énergies renouvelables (330 000). Mais les auteurs vont au-delà de ces estimations qui constituent aussi le socle de la croissance verte vantée par la ministre de l'Ecologie. Ils y ajoutent le recyclage et la réparation de biens domestiques, l'agriculture paysanne, les transports en commun, et plus original, des secteurs que les auteurs estiment essentiels à l'avènement d'une transition écologique socialement juste : la recherche-développement scientifique, l'action sociale (dont l'accompagnement des ménages en précarité énergétique), l'accompagnement des petites et moyennes entreprises et des collectivités dans la transition énergétique ou encore l'éducation à l'environnement. Par ailleurs, ils ne visent pas la croissance du PIB, mais plutôt, sans en chiffrer l'impact,  une tendance à la diminution du temps de travail.

Emplois aidés, fonction publique et reconversion

Côté création d'emplois, une part significative est du ressort du secteur public : 250 000 emplois aidés labellisés "transition écologique" et 100 000 emplois «transition écologique» dans la fonction publique. Dans le privé, qui pourrait créer 650 000 emplois, les auteurs préconisent de conditionner le soutien à la création d'emplois de qualité.

La formation professionnelle est l'un des leviers essentiels identifiés dans ce rapport. Elle seule peut en effet éviter des oppositions à la transition énergétique avant tout fondées sur la question de l'emploi, telles que celles suscitées par le projet de fermeture de la centrale de Fessenheim ou encore l'éco-taxe poids-lourds en Bretagne. Pas question de faire la transition énergétique sur le dos des salariés des secteurs menacés. C'est pourquoi la reconversion doit être anticipée et territorialisée. Sans oublier la question du financement de ces formations dispensées aux salariés des secteurs les plus menacés au cours de la période de transition...

Globalement, les auteurs, qui évaluent à 105 milliards d'euros en vitesse de croisière en 2020 le coût annuel de ces emplois, affirment que les sources de financement ne manquent pas. Ils citent notamment les sommes correspondant à la fraude et à l'évasion fiscale, la suppression des niches fiscales favorables aux énergies fossiles, l'instauration d'une véritable taxe sur les transactions financières, les recettes de la taxe carbone, la réorientation des flux monétaires finançant aujourd'hui des activités nuisibles à l'environnement...

Pas un "petit livre rouge et vert"

Autant de pistes qui nécessitent une volonté politique claire, laquelle fait pour l'heure largement défaut. Pour autant, si les auteurs entendent apporter leur pierre au débat public, ce rapport, qui constitue la première pierre d'une campagne qui s'inscrit dans le temps long, n'est pas « un petit livre rouge et vert », souligne Maxime Combes, économiste du mouvement Attac. Il s'agit avant tout de créer un « fort mouvement citoyen », grâce à des propositions issues d'associations qui n'avaient jusque là pas l'habitude de travailler ensemble. En dépit de la proximité des élections présidentielles, ils ne prévoient pas d'interpeller directement les candidats, mais espèrent bien susciter l'intérêt de quelques-uns. Quant à l'échelon idéal pour mener campagne, s'il reconnaît une difficulté à faire travailler ensemble des Etats membres européens aux situations et aux enjeux si différents, Maxime Combes table en revanche sur une appropriation par les collectivités locales des pistes évoquées dans l'étude.

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Commentaires
a écrit le 15/01/2017 à 19:12 :
LA STRANSITION ENERGETIQUE ET DEJA EN ROUTE L EQUIVALENT DE 15 A 20%D ENERGIE NOUVELLES ONT ETAIS CREES ONT PEUT FAIRE MIEUX DE NOS EFFORTS A TOUS DEPEND DE L AVENIR DE CES IDEES QUI PEUVENT TRANFORME CETTE PRATIQUE EN EMPLOIES ET EN ECONOMIE? AUJOURDHUI AU INFOS UN COUPLE NOUS MONTRAIS SA NOUVELLE FACTURE DE CHAUFAGE DE MOINS 50%EN ISOLANT LEURS GRENIER / ILS ONT AUX DEPART INVESTIE MAIS A LA LONGUE ILS SERONS GAGNENT??? DANS LA VIE SOIT JE NE PERD JAMAIS SOIT JE GAGNE SOIT J APPREND ///NELSON MANDELA///
a écrit le 15/01/2017 à 15:04 :
Du grand n'importe quoi, dès emplois bidons et des milliards dépensés par le contribuable.... Voila. La realitee de cette histoire, transition énergétique.... Une question, si bientôt il n'y a plus de pétrole, et que l'on ferme les central nucleaire, vous aller les faire fonctionner comment vos voitures.... Ensuite l'éolien et le photovoltaïque coûte très chere et ne produisent dans grands chose.." Alors ou est cette transition....
a écrit le 14/01/2017 à 14:28 :
triste constat qu'aucun candidat à part l'extrême gauche, ne propose de solutions environnementales! Le pire étant l'extrême droite, qui dénonce à juste titre l'invasion migratoire, mais qui de part ses choix énergétiques et géopolitiques, démultiplie le phénomène, remarquez que c'est peut être un bon moyen de faire des voix?

http://bd-blogeur.blogspot.fr/
a écrit le 13/01/2017 à 20:04 :
La notion de "petit livre rouge et vert " est déjà une référence malheureuse à un petit livre catastrophique qui a impliqué des millions de morts en Chine par la famine et l'assassinat et des millions de morts dans le reste du monde pour des guerres idéologues vouées à l'instauration de dictatures dont les dernières sont en train de s'effondrer. ..
Mauvaise entrée en matière. ..
a écrit le 13/01/2017 à 19:53 :
Encore une promesse...

Et comme cette promesse s'appuie sur l'abandon du nucléaire, alors que la France n'est même pas capable de fermer uniquement la moins productrice de ses centrales nucléaires, on mesure la crédibilité de l'ensemble.
a écrit le 13/01/2017 à 19:39 :
Cette analyse est aussi fantaisiste que celle avancée par la gauche lors de la décision de porter la durée légale du travail à 35 heures qui devait résorber près d'1 million de chômeurs ainsi que celle avancée par le patronat qui devait créer 1 million d'emploi en contre partie du CICE.
Les dures réalités sont toujours dures pour ceux qui s’aventurent dans des élucubrations de ce type. Je relève un paramètre complètement ignoré par cet article très médiocre, que le coût de l'énergie qui résulterait de cette transformation, au demeurant souhaitable, verrait une augmentation singulière, remettant en cause les grands équilibres économiques, qui eux-mêmes apporteraient un impact négatif sur l'emploi.
Je reprendrai volontiers une phrase de mon professeur d'économie qui disait : "dans la hiérarchie du mensonge il y a le mensonge, le super mensonge puis la statistique."
a écrit le 13/01/2017 à 18:26 :
Ce serait magnifique!!!! Pourtant, «Côté création d'emplois, une part significative est du ressort du secteur public : 250 000 emplois aidés labellisés "transition écologique" et 100 000 emplois "transition écologique" dans la fonction publique». Or, pour procéder à toute dépense publique d'envergure, il faut s'assurer de l'aval du Ministre des finances allemand qui tient les cordons de la bourse au niveau européen. Et lui, il est plutôt allergique aux dépenses publiques... Alors...
a écrit le 13/01/2017 à 17:01 :
Mélanger lutte contre le réchauffement climatique et arrêt du nucléaire est une vaste blague.
Le nucléaire est plein de défaut mais il permet de bénéficier d'électricité à faible émission de carbone. Il faut choisir ses priorités : lutter contre le réchauffement climatique va nécessiter des investissements déjà massifs, si on se coupe du nucléaire en plus, on y arrivera pas.
a écrit le 13/01/2017 à 14:29 :
On n'a pas besoin de l Europe pour cela. On a un pays extraordinaire de diversité, les savoirs, les capitaux, du dynamisme partout sur le territoire. A chaque territoire de trouver les solutions qui correspondent à "son terroir" (mer, biomasse, bois, soleil etc etc), si c'est rentable à moyen et long terme, go. Je ne suis même pas convaincu qu on est besoin de l'état, le niveau local ou régional est tout à fait pertinent. Alors évidemment, ça heurte notre vieille tradition jacobine et notre amour pour les gros géant omnipotents à la EDF.

Ne l'oublions pas, c'est aussi notre souveraineté qui est en jeu. Jusqu'à quand on devra cirer les pompes des monarchies du Golfe? Jusqu'à quand on devra envoyer mourir nos soldats ou faire de la tambouille politicarde dans le Sahel?
a écrit le 13/01/2017 à 14:10 :
Plus près nous seront de l'échéance présidentielle plus les énormités utopistes économiques et sociales croitront. Ce pays est décidément à la dérive.
a écrit le 13/01/2017 à 13:11 :
C'est certain l'injection massive d'argent dans "la transition écologique" devrait générer des quantités d'emploi.Malheureusement une partie est déjà pourvue: éoliennes, panneau photovoltaïques, pompe à chaleur en installation et entretien. Alors quels sont les nouveaux marchés qui vont permettre de créer ces emplois?
a écrit le 13/01/2017 à 13:10 :
La solution passe nécessairement par une taxe sur l'énergie destinée à participer à la réduction du cout du travail. Tout ça est expliqué dans la note n°6 du conseil d'analyse économique. Comment l'expliquer et surtout comment le faire comprendre? La culture économique des Français est insuffisante.
a écrit le 13/01/2017 à 12:21 :
On se croirait en 2008 avec la grand-messe écolo à Sarko-Borloo-Hulot : ½ millions d’emplois devaient être créés… avec des milliards de taxes qui détruisaient encore plus d’emplois.
Mais que sont devenus les journaux pour nous sortir une telle ineptie ?
A vous dégouter d’acheter des journaux : renommez-les « Pravda Verte ».
a écrit le 13/01/2017 à 10:52 :
en résumé : un tissu d'âneries qui entrainerait notre pays dans un déclin précipité et sans retour .
a écrit le 13/01/2017 à 10:44 :
105 milliard Annuel!

Il n'y a que moi que ca choque? 1,5 fois l'Impôt sur le revenu annuel.
Réponse de le 13/01/2017 à 16:23 :
non moi aussi, et suis pas convaincu que ce plan soit le Saint Graal. Cependant, il est certain que si l'on ne fait rien, ça nous coûtera infiniment plus cher, pour pas dire tout, je ne voudrais pas être hyperbolique. On doit pouvoir accélérer un peu et dégager des moyens pour cela non?

Dans ce genre de trucs qui donnent le vertige, allez voir les dettes d 'EDF et ce qu ils ont à payer dans les années à venir...devinez quoi ça va être pour vous et moi sous forme d'augmentation sur la facture et sur nos impôts.
Réponse de le 13/01/2017 à 18:32 :
Dans un autre monde plus rationnel, une banque centrale, même une BCE débarassée du carcan allemand et néolibéral, pourrait créer de la masse monétaire destinée aux investissements utiles. Tout l'argent que l'on veut. Au lieu decela, maintenant, la BCE crée énormément d'argent, mais comme notre religion économique proscrit le public, ce pactole est déversé sur les banques.
a écrit le 13/01/2017 à 10:41 :
105 milliards par an pour 1 million d'emplois, çà fait 8750€ par mois par personne ...
On peut trouver moins cher et plus utile.
a écrit le 13/01/2017 à 9:51 :
au risque de paraître idiot, ce programme figurait au programme des Verts pour l'élection de 2012.

Voir le livre : green deal de Alain Lipietz
Réponse de le 13/01/2017 à 17:05 :
ça doit etre pour ça qu' ils ont fait un super score aux elections...
a écrit le 13/01/2017 à 9:41 :
Il ya certainement des emplois avec la transition énergétique mais combien? on entend tout et n'importe quoi 300000 pour certains 3 millions pour d'autres et là 1 million. Deux pb ne sont pas évoqués parcontre: quid de l'Europe en laissant faire la concurrence libre et non faussée chère à l'UE le marché sera capté par les petits malins créateurs d'entreprises commerciales faisant sous traiter le principal par des entreprises d'intérim européeénnes faisant travailler les travailleurs détachés. deuxième pb les marges abusives que se fontces mêmes petits malins sur les produits qui sont en grande partie importés. sans intervention forte de l'Etat ces emplois annocés ne profiteront qu'à la mare aux chomeurs français.
a écrit le 13/01/2017 à 9:05 :
Comme la France est une passoire, cela ne profitera pas aux "locaux"!
a écrit le 13/01/2017 à 8:58 :
Il y a des opportunités, bien que la France a été très lente à sortir des "starting blocks." Par ailleurs, l'opposition locale systématique à pratiquement tous les grands projets de nouveaux équipements en énergie renouvelable a un double effet:
- il va retarder la sortie du nucléaire en augmentant les risques et les coûts.
- cela va empêcher la France de créer ( sans achat d’entreprises étrangères ) une industrie d'équipement ad hoc concurrentiel en France.
Il ne faudra pas s'étonner plus tard.
Réponse de le 13/01/2017 à 16:00 :
Si l'on suit bien l'actualité on voit un certain nombre d'acteurs étrangers du renouvelable en grandes difficultés dont certains rachetés par des entreprises Françaises. De la à penser que le renouvelable n'est pas l'Eldorado annoncé il y a un pas que l'on peut franchir en restant très prudent sur l'évolution du mix énergétique afin de ne pas venir pomper inutilement du pouvoir d'achat de nos concitoyens....
Réponse de le 13/01/2017 à 16:29 :
vu la part du nucléaire dans notre électricité (unique au monde), on est gentil d appeler cela un mix...
C'est la loi du capitalisme que sur de nouveaux marchés il y est des entrants, des fusions ou des faillites.
En attendant, EDF me pompe bien mon pouvoir d'achat et c'est pas fini et EDF c'est le capitalisme à la Française si vous voyez ce que je veux dire...
a écrit le 13/01/2017 à 8:44 :
Le problème majeur c'est que les possédants des moyens de production sont mal à l'aise vis à vis de la lutte contre la pollution qui a fait ou entretenu leurs fortunes, ces gens peu visionnaires sont un véritable boulet à trainer pour combattre le changement climatique et la pollution dans son ensemble même si on parle simplement de lutte contre le réchauffement climatique afin de ne pas trop les traumatiser quand même.
Réponse de le 13/01/2017 à 11:13 :
Cette contribution ressort tous les poncifs du prêt à penser actuel sur le changement climatique, la pollution, etc.... il faudrait être un peu autonome de temps en temps !!
Réponse de le 13/01/2017 à 12:30 :
Ce qui traumatise, c'est la chômage écologique.
Réponse de le 13/01/2017 à 13:05 :
ozarmes: de votre part qui passez votre temps à venir nous balancer à la figure vos nombreux ressentiments c'est cocasse mais ça m'a fait rire au moins je l'avoue, donc merci.

Voltaire: le "chômage écologique" ? Je suis persuadé que vous avez une définition de cette énième nouvelle formule à nous proposer. Je serais ravi en tout cas de la lire...
Réponse de le 13/01/2017 à 18:44 :
Réponas à Citoyen blasé >>> ben, c'est facile: un "chômeur écologique" envoie des CV écrits sur du papier récyclé, se rend aux entretiens à vélo, cultive un petit jardin urbain... et a placé tous ses espoirs aux emplois qui seront créés par la.. transition écologique!

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