Handicap : ce qu'envisage le gouvernement pour améliorer l'insertion professionnelle

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La secrétaire d'Etat Sophie Cluzel souhaite promouvoir les job coach: principe selon lequel une tierce personne prépare en amont la prise de poste avec l'employeur et aide la personne handicapée à se maintenir à l'emploi. Une expérimentation sera lancée en 2018 pour accompagner 1.000 à 1.500 travailleurs handicapés.
La secrétaire d'Etat Sophie Cluzel souhaite promouvoir les "job coach": principe selon lequel une tierce personne prépare en amont la prise de poste avec l'employeur et aide la personne handicapée à se maintenir à l'emploi. Une expérimentation sera lancée en 2018 pour accompagner 1.000 à 1.500 travailleurs handicapés. (Crédits : Jacky Naegelen)
Dans le cadre de la 21e semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées, le gouvernement a lancé des pistes pour améliorer l'insertion professionnelle. Cela apparaît comme une nécessité lorsque l'on sait que le taux de chômage des personnes handicapées atteint presque 19%, soit, le double de celui de la population française.

Accompagner davantage les entreprises, limiter la bureaucratie, maintenir des obligations d'embauche figurent parmi les pistes envisagées par Dominique Gillot, mandatée par le gouvernement pour améliorer l'insertion professionnelle des personnes handicapées.

La secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ont multiplié les déplacements et apparitions médiatiques lundi à l'occasion de la 21e semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées.

Le taux de chômage des personnes handicapées avoisine encore 19%, soit le double de celui de la population française.

Le taux d'emploi des travailleurs handicapés dans les entreprises privées n'était encore que de 3,3% en 2014 (derniers chiffres fournis par l'Agefiph), alors que la loi leur demande d'atteindre les 6%, et de 5,17% dans la fonction publique.

"Les personnes porteuses de handicap rencontrent encore des difficultés pour suivre un parcours scolaire, accéder aux lieux publics ou encore aux biens essentiels", soulignaient les ministre du Travail, de la Santé et la secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées, fin octobre. Elles ont confié à Dominique Gillot, ancienne ministre de Lionel Jospin, la mission de proposer des solutions pour "optimiser et faciliter la chaîne d'intervention" des acteurs dans l'accompagnement vers l'emploi des personnes en situation d'handicap.

Un travail sur l'accompagnement des entreprises

Pour l'ex-sénatrice PS, l'atteinte de cet objectif passera par un changement de culture au travail.

"On a beaucoup considéré les personnes handicapées au regard de leur déficit. Moi je pense qu'il faudrait qu'on change le paradigme et qu'on considère les personnes handicapées au regard de leurs aptitudes", a-t-elle dit à Reuters.

Imposer des quotas ne joue pas sur la perception, prévient-elle. "Ce n'est pas seulement l'obligation qui fait oeuvre, c'est aussi une conviction."

Pour cela, il faut "une sensibilisation et un encouragement par les pairs". Il faut que les chefs d'entreprise partagent "les bonnes pratiques". Pour encourager la formation professionnelle ou l'apprentissage, Dominique Gillot estime qu'il faut donner au chef d'entreprise "des garanties sur la qualité de l'accompagnement et l'adaptation de l'accueil".

Sophie Cluzel souhaite justement promouvoir les "job coach", principe selon lequel une tierce personne prépare en amont la prise de poste avec l'employeur et aide la personne handicapée à se maintenir à l'emploi.

Elle lancera au début de 2018 une expérimentation pour accompagner 1.000 à 1.500 travailleurs handicapés, indique-t-elle dans une interview du Figaro publiée lundi, une opération qui coûte 5 millions d'euros.

Administration et lenteur d'application des lois

Pour Dominique Gillot, ce principe est "parfait" et il faudrait trouver des façons de le "généraliser". Il n'est cependant pas question pour elle de retirer la cible du taux d'emploi de 6% des personnes handicapées. "Il faut garder l'obligation tant que les chiffres ne sont pas atteints."

La politique doit aussi y mettre du sien, poursuit Dominique Gillot. Elle estime que dès la conception d'un texte de loi ou d'un règlement, il faut se demander s'il est profitable pour les personnes en situation de handicap.

Elle dénonce aussi la lenteur de la mise en application de la Loi pour une République numérique, publiée au Journal officiel en octobre 2016, qui doit encore être précisée par des décrets d'application.

Cette loi prévoit, entre autres, l'obligation de rendre accessible aux personnes handicapées les sites Internet des administrations. "On sent que ça traîne un peu. Il n'y a pas un grand enthousiasme à la mette en oeuvre", dit-elle.

L'administration devrait aussi être revisitée. Dominique Gillot explique que certains dispositifs entraînent des délais dans l'attribution des prestations de compensations du handicap, ce qui peut freiner l'insertion professionnelle.

"Quand une personne attend pendant des semaines, voire des mois, une aide technique ou une aide humaine pour satisfaire à ses déplacements, ça peut être complètement négatif", dit-elle.

Les dépenses sociales liées à la prise en charge du handicap se sont élevées à 46,6 milliards d'euros en 2014, soit 2,2 % du produit intérieur brut (PIB), selon une étude de la direction des études et des statistiques du ministère des Affaires sociales et de la Santé (Drees) publiée en mars.

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 14/11/2017 à 17:06 :
2015 :
La semaine pour l’emploi des personnes handicapées (SEPH) organisée du 16 au 22 novembre est maintenue. Avec la loi Macron, les entreprises pourront déduire de leur quota des contrats passés avec des travailleurs indépendants.La loi Macron pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances ouvre discrètement de nouvelles possibilités pour les entreprises de s’acquitter de leur obligation. Des mesures saluées par les entreprises, mais qui sont loin de faire l’unanimité parmi les associations de personnes handicapées.Désormais, les entreprises pourront remplir en partie leur obligation d’emploi en accueillant des personnes handicapées dans le cadre de stages de « mise en situation professionnelle », un dispositif d’une durée de un à deux mois introduit en 2014 par la loi sur la formation professionnelle. Jusqu’à 2 % de leur quota pourront être atteints par ce biais.
Les stages d’observation accomplis par des collégiens et des lycéens handicapés pourront également être comptabilisés, là aussi à hauteur de 2 % au maximum.Autre nouveauté introduite par la loi Macron : les entreprises pourront déduire de leur obligation d’emploi des contrats passés avec des travailleurs indépendants handicapés. Les modalités de mise en œuvre de ces dispositions ne sont pas encore connues, les décrets d’application sont attendus courant novembre.Sans surprise, le Medef se dit favorable à ces dispositions. L’introduction de ces nouvelles dispositions ne seraient-elles qu’un simple alignement de la loi sur l’existant ? Pas aux yeux de Véronique Bustreel, conseillère nationale emploi à l’Association des paralysés de France (APF). « Il s’agit de facilités supplémentaires accordées aux entreprises, sans que cela se traduise pour les personnes en situation de handicap par une amélioration de leur place dans le monde du travail, dénonce-t-elle. Des stages de courte durée, mis bout à bout, permettent aux entreprises de remplir partiellement leur obligation, sans équivaloir à des emplois directs. » Dans les cas de stages de « mise en situation professionnelle », le demandeur d’emploi n’est ni rémunéré ni employé par l’entreprise.
a écrit le 14/11/2017 à 16:09 :
La prévention de la désinsertion professionnelle est une nécessité à la fois sociale et économique (aménagement du poste de travail ou réorganisation ou reclassement …) : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=475
a écrit le 14/11/2017 à 11:54 :
Pas trop taxes l es entreprises plus de prévention des accidents du travail répartition dès revalorisation aah aux victimes du travail avril 2018?

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