Hervé Mariton : "Il faut supprimer le Code du travail, pas le modifier"

 |   |  615  mots
Pour Hervé Mariton, député ("Les Républicains") de la Drôme et candidat à la primaire de droite, le projet de loi Trvail cherche encore une fois à faciliter le contournement des 35 heures, alors que, pour lui, ce sont les 35 heures qu'il faut suprimer.
Pour Hervé Mariton, député ("Les Républicains") de la Drôme et candidat à la primaire de droite, le projet de loi Trvail cherche encore une fois à faciliter le contournement des 35 heures, alors que, pour lui, ce sont les 35 heures qu'il faut suprimer. (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
Le député de la Drôme ("Les Républicains"), candidat à la primaire de la droite en vue de la présidentielle, estime que le projet de loi Travail, présenté ce 24 mars en Conseil des ministres, se trompe totalement de paradigme en ne facilitant que le contournement et la dérogation aux règles actuelles*.

LA TRIBUNE - Considérez-vous vraiment que tout est à jeter dans ce projet de loi?

Hervé MARITON - Non, tout n'est pas à jeter, il y a des mesures bienvenues. Mais ce texte souffre de deux inconvénients majeurs. D'abord il est beaucoup trop timide dans la portée des mesures, ensuite, il obéit à une logique globale de contournement. Je considère que ces deux défauts empêchent des mesures vigoureuses et facilitent la contradiction et le blocage. La loi Macron, elle, obéissait à une logique microéconomique, locale et sectorielle totalement assumée . Elle ne posait aucun problème philosophique car elle n'obéissait qu'à du pragmatisme. Alors que le projet El Khomri porte une vision nettement plus macro-économique aux conséquences plus ennuyeuses. Certes, les petits progrès du texte sont bons à prendre mais ils ne doivent pas servir à empêcher les réformes plus importantes qu'il conviendrait de mener. Je songe à l'idée de généraliser le rescrit social, ce qui serait bien. Je songe aussi au rôle de conseil que pourrait jouer l'administration. Il faudrait aussi  aller beaucoup plus loin sur l'idée du referendum d'entreprise.

 Vous êtes hostile aux 35 heures légales, or le texte permet encore un peu plus de contourner cette référence via des accords d'entreprise.

- Certes mais on est là, encore une fois, dans une logique de contournement. C'est donc toujours le même rite depuis des années, y compris quand ma propre majorité était au pouvoir. Plutôt que de créer de multiples dérogations ou contournements de la règle, autant la supprimer. Le mal de la France, c'est d'inventer de mauvais schémas puis ensuite de s'épuiser à chercher des dérogations.

Que proposez vous alors?

- Il faut supprimer le Code du travail actuel et non pas le modifier. Il doit être remplacé autant que faire ce peut par la négociation d'entreprise. Chaque fois qu'elles le peuvent, les entreprises doivent fixer leurs propres règles. Et quand cela s'avère impossible, alors ce rôle doit être dévolu à la branche. Et c'est seulement lorsqu'aucune règle n'a pu être   élaborée que le Code du travail s'appliquerait. Il n'aurait donc plus qu'un rôle supplétif. Par ailleurs, bien entendu, tout ce qui concerne ce que je qualifie de droit sanitaire dans le Code du travail doit continuer de s'appliquer. Je ne suis pas pour le retour du travail des enfants...

Mais tout de même, Le projet de loi tente de sécuriser les entreprises , par exemple en clarifiant la définition du licenciement économique...

- Certes, c'est un mieux par rapport à  la situation actuelle. On améliore un système qui fonctionne mal. Mais le paradigme doit être totalement différent. Le juge est là pour sanctionner des abus. Est-il vraiment indispensable de créer des catégories: licenciement économique, licenciement pour faute, etc. ? Le contrat de travail devrait préventivement fixer les règles de sa rupture, c'est-à-dire prévoir les motifs de séparation. Et il reviendrait au juge, éventuellement, de vérifier que ces dispositions ont été bien appliquées.

Vous allez défendre des amendements au texte lors du débat parlementaire?

- Je vais porter des amendements vigoureux pour expliquer qu'il faut faire totalement différemment. Avec mes amis du parti "Les Républicains" nous allons aussi tenter de faire bouger les curseurs et empêcher les socialistes les plus extrêmes de durcir le texte.

 *Hervé Mariton est l'auteur d'un livre programme: " Le printemps des libertés" (200 pages, Éditions L'Archipel; 18 euros) dans lequel plusieurs chapitres sont consacrés aux questions économiques et sociales

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 25/03/2016 à 15:50 :
la place de ce m r et aux f n avec le pere le pen tant il ne connais rien a l entreprise comme beaucoup d elus qui non jamais travaillez et il y a en a beaucoup trop? PAUVRE FRANCE GOUVERNEZ PAR DES INCAPABLES ???
a écrit le 25/03/2016 à 15:36 :
Vous attendez quoi pour mettre les commentaires en ligne? Un fois l'article supprimé cela n'aura aucun sens!
a écrit le 25/03/2016 à 14:11 :
Toute société a besoin de règles et de lois pour fonctionner dans le meilleur intérêt de tous. Mais si on veut s'acheminer plus rapidement vers le bordel qui règne notamment en Grèce, il faut en effet tout supprimer et rétablir la loi de la jungle :-)
a écrit le 25/03/2016 à 11:38 :
Hervé Mariton : c'est lui le vainqueur !
a écrit le 25/03/2016 à 11:15 :
Ce qui est effrayant dans ce debat est qu'une evidence n'est jamais emntionnée : un employeur qui licencie se sanctionne avant tout lui-meme. Dans une societe ou les travail repetitif sont remplacés par les machines, ou la meilleure facon de se demarquer est sa valeur ajoutée - intellectuelle -, licencier c'est se separer de comptences formées en internes, qui le ferait avec joie ?!
A l'inverse la meilleure assurance chomage c'est ses formations, ses competences, son carnet d'adresse et sa capacité à savoir se vendre.
Ne jamais parler de cela est la marque de retard intellectuel.
a écrit le 25/03/2016 à 10:51 :
Visiblement certain veulent revenir en arrière pour leur propre "intérêt personnel" en interdisant a "l'intérêt général" de vouloir revenir en arrière pour corriger les erreurs en cours!
Le changement de paradigme qu'est cette U.E. de Bruxelles est l'erreur!
a écrit le 25/03/2016 à 9:28 :
Monsieur Mariton est une sorte de Monsieur loyal de l'Union Européenne, il obéi à la lettre aux ambitions de la commission de Bruxelles de jouer sur la casse des acquis sociaux, donc une dévaluation interne, alors qu'une sortie de l'Union Européenne permettra une dévaluation externe du taux de change, sans toucher à la base structurel des acquis du CNR, ni aux salaires, ni aux retraités...
a écrit le 25/03/2016 à 7:20 :
Dans tous les commentaires il y a combien de fonctionnaires et combien de cadres ou dirigeants d'entreprise ?
C'est pitoyable ou y arrivera jamais. La quasi totalité de nos hommes politiques n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise, idem pour nos députés et sénateurs issues dans leur grande majorité de la fonction publique : et ce sont de grands donneurs de leçons aux entrepreneurs dont ils ne savent rien, absolument rien des problèmes. Il n'y a pas que des multinationales.
a écrit le 24/03/2016 à 23:20 :
"l'éthylotest est obligatoire dans toute les voitures." Mais le législateur ne revient pas sur cette ineptie inapplicable, mais préfère annoncer que le non-respect de la loi ne sera pas sanctionné !! Absurde...mais vrai !
Mr Mariton a totalement raison sur le principe : il faut simplifier, y compris par l'annulation puis la réécriture à partir de zéro, plutôt que de procéder par des rafistolages qui rendent les choses illisibles !! ... vivement 2017, en espérant qu'à droite, le taureau sera vraiment saisi par les cornes !
a écrit le 24/03/2016 à 19:44 :
Moi, je voudrais négocier avec mon percepteur. Et avec mes fournisseurs aussi. Et avec les prestataires de voyages pour les vacances et la RATP pour le reste de l'année. Et avec l'URSSAF et la SECU pendant qu'on y est. Et avec les candidats qui sollicitent mon suffrage et n'en font jamais qu'à leur tête quand ils sont élus et que leurs amis sont au pouvoir. Merci.
a écrit le 24/03/2016 à 19:22 :
@ Monsieur le DEPUTE HERVE MARITON BONJOUR ! votre idée ne va pas assez loin .... Je vous propose donc : le retour au SERVAGE et si cela ne sufi pas carrément l'ESCLAVAGE ! baisse du nombre de chômeurs garantie !
a écrit le 24/03/2016 à 19:04 :
Je suis atterré par ces quelques propos.
Un député, garant de la loi présente et à venir, qui ne connaît même pas le rôle de cette loi dans la stabilité des rapports humains.
Le code du travail apporte plus de solutions que de problème, ce que nous savons tous. Car il fixe des règles simples et dans l'ensemble lisibles pour régler 99 % des situations quotidiennes.
Mais, en outre, la droite a conservé le pouvoir 10 ans durant. Elle a été confrontée à la difficulté réelle de trouver un équilibre entre toutes les parties de notre société.
Ne pas être capable de le reconnaître montre, à tout le moins, une immaturité politique affligeante.
a écrit le 24/03/2016 à 18:20 :
en vrai progressiste qu'il semble vouloir paraître h.mariton devrait d'abord proposer une réforme en profondeur des institutions qui apporte de vrais économies au pays et aurait valeur d'exemple pour de nouvelles réformes ; mais ça c'est toucher au nombre et au statut de l'élu et c'est populiste !
a écrit le 24/03/2016 à 18:04 :
Sans méchanceté aucune, pourrait-on connaitre les postes occupées dans le privé par ce monsieur?
Pour ce qui est de critiquer les philosophie, on peux lui retourner la pareille:
Le problème n'est pas le code du travail mais l'incapacité de 'èconomie francaise à assurer la croissance necessaire pour absorber la croissance de la population active ce qui crée un déséquilibre entre l'offre et la demande de travail et favorise dés lors toutes les tentatives déflationniste sur le marché du travail et laisse donc le code du travail comme seul garant que les réduction ne seront pas trop violentes.
Qu'à à dire Monsieur Mariton là dessus? Qu'il est ex ministre et ne connait pas la réalité de l'économie francaise ou que ses mis n'attendent que le démantelement du code du travail pour se goinfrer
Rappellez vous monsieur, que selon les régles que vous préconisez le Bangladesh à la meilleure économie du monde.
a écrit le 24/03/2016 à 17:10 :
Pincez moi, je rêve...! C'est la première fois que j'entends un homme politique faire une proposition intelligente, voir révolutionnaire. Le code du travail est devenu un véritable magma de textes totalement inextricables à tel point que même les meilleurs spécialistes ne peuvent le décrypter, bref l'outil anti embauche par excellence. Ce serait la plus grande avancée sociale depuis longtemps. Mais bon, maintenant que je suis bien réveillé, j'ai bien peur que ce ne soit qu'une annonce en l'air, pour faire le buzz, comme tant d'autres pour appâter le chaland. Comment croire tous ces troubadours de la politique qui n'existent plus qu'à travers Tweeter ou Facebook ..!!
Réponse de le 26/03/2016 à 8:58 :
EXAT??? LE FAIS QU ON EST DEMANDE A UNE MACHINE D ANALYSE LES COMMENTAIRES DES GENS SUR LES RESEAUX SOCIAUX? EST BIEN AU BOUT DE 24 HEURE ELLE EST DEVENUE TELLEMENT RACITE A FORCE D INTEGRES DES PROPOS TENUE PARS DES RACITES ? QU IL A FALLU LA DEBRANCHE? CELA PROUVE CE UE J AVAIS DIT ILS NE FAUT PAS CONFIER NOTRE DESTIN A DES MACHINES? CARS ELLE SE RETOURNERAIS CONTRE L HUMANITE ???
a écrit le 24/03/2016 à 16:54 :
"Il faut supprimer le Code du travail actuel et non pas le modifier. Il doit être remplacé autant que faire ce peut par la négociation d'entreprise". Ben voyons!
C'est tellement pire que du néolibéralisme, que ça confine à la connerie.
Monsieur Mariton devrait garder raison. Les écrits restent et d'aucuns pourraient un jour
lui rappeler que l'idée de supprimer peu aussi s'appliquer pour d'autres raisons dans d'autres circonstances.
a écrit le 24/03/2016 à 16:53 :
Quelle idée ! Qu'il expérimente durant 6 mois la vie d'un salarié du privé et ses conditions y compris salariales, et on verra s'il sera encore favorable à précariser le travailleur qui se lève tôt. Les patrons ont eu avec la gauche le pacte de responsabilité, le CICE, les exonérations de charges patronales, les primes d'embauche, la baisse de l'impôt sur les sociétés, tout ça à la charge du contribuable, en échange d'une pure merveille de langue de bois : "on s'engage à créer des emplois".. Qu'on attend toujours. Les dividendes s'engrangent, les plans de licenciement perdurent. Après le pognon, notre député souhaite t'il donner au patronat le pouvoir de supprimer les emplois privés pour plus de profit ? Quelle ânerie. On devrait plutôt supprimer le code qui protège nos députés lorsqu'ils d'auto-décident des conditions de retraite pharaoniques.
a écrit le 24/03/2016 à 16:46 :
Ce type, sous ses airs de bonhomie, a vraiment des idées moisies. Après avoir voulu nous imposer une vision archaïque de la société, le voilà qui s'attaque aux avancées pour lesquelles des milliers de travailleurs se sont battus, souvent au prix leur vie.
a écrit le 24/03/2016 à 16:28 :
Le mec il a jamais bossé de sa vie et il se prend pour un spécialiste du monde du travail.
a écrit le 24/03/2016 à 16:17 :
Il a raison ce cher Hervé : va falloir enfin régler leur compte à toutes ces espèces de fainéants de salariés qui ne pensent depuis un siècle qu'à persécuter nos actionnaires, qui en ont marre !
a écrit le 24/03/2016 à 16:16 :
C'est clair, sans fioritures ni langue de bois, et compréhensible. Les socialistes ont un projet idéologique qui consiste à règlementer le réel, quel qu'il soit, Hervé Mariton veut que le réel s'organise, et que l'Etat n'intervienne que lorsque cela n'a pas fonctionné, tout en gardant des principes humanitaires. Cela semble logique et porteur de libertés.
a écrit le 24/03/2016 à 15:38 :
Pourquoi ne pas sauter les étapes et supprimer directement la démocratie ? Cela fera gagner du temps...
Réponse de le 24/03/2016 à 16:32 :
Quel est le rapport ?
Réponse de le 24/03/2016 à 17:16 :
Cet après midi la démocratie est bafouée par le pouvoir

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :