Hervé Mariton "Je suis pour un droit du sang ouvert"

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Hervé Mariton se considère comme le seul candidat à la primaire de la droite  réellement libéral sur les questions économique et conservateur sur les questions de société
Hervé Mariton se considère comme le seul candidat à la primaire de la droite réellement libéral sur les questions économique et conservateur sur les questions de société (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
Le député de la Drôme ("Les Républicains"), confirme sa candidature à la primaire de la droite et du centre en vue de la présidentielle. Il revendique son étiquette libérale en économie (il défend l'idée d'instaurer un impôt à taux unique et veut supprimer le code du travail) mais conservatrice sur les questions de société.

LA TRIBUNE - Confirmez-vous votre intention d'être candidat à la primaire de la droite et du centre en novembre prochain ?

Hervé Mariton - Oui, je confirme que je suis candidat à la primaire pour l'élection présidentielle. Car, plus que jamais, les évènements montrent qu'il faut une offre claire et un projet cohérent. Il faut arrêter d'être dans l'apparence. Regardez le débat sur la déchéance de la nationalité, tout le monde dit que cela ne sert à rien, mais on le fait quand même. Aussi, je le répète, ma valeur ajoutée, c'est la cohérence, le refus du paraître, la solidité du projet.

Mais quels sont les points qui vous différencient des autres candidats déclarés ou potentiels ?

J'ai un positionnement libéral sur les questions économiques et exigeant sur la protection des libertés. Je suis par exemple le seul parlementaire français à s'être rendu à Hong Kong pour rencontrer les dirigeants du « mouvement des parapluies » qui s'oppose à la réforme électorale voulue par Pékin. 
En revanche, et je le revendique, je suis conservateur sur les questions de société. Je suis un homme d'ordre et de liberté. D'ordre, quand il s'agit des questions liées à l'identité. De liberté, car je refuse l'arbitraire et je suis d'une grande vigilance sur les mesures d'exception.
Alors, certes, j'entends certains autres candidats revendiquer également un positionnement libéral en économie, mais je constate qu'à la différence de moi, ils ne l'ont pas toujours été, notamment quand ils étaient aux affaires. Je suis le seul à défendre l'instauration d'une flat tax [impôt à taux unique] et à dire qu'il faut supprimer le code du travail et laisser les entreprises fixer leurs règles.
J'ajoute que si le bilan de l'actuel gouvernement est une tragédie, celui de l'ancienne équipe au pouvoir jusqu'en 2012 a également été refusé par les Français. Or, je suis le seul parmi les candidats qui n'était pas présent dans l'exécutif en 2012. Je suis neuf et innovant.

Quel est exactement votre positionnement dans le débat sur la déchéance de la nationalité ?

Je suis contre la déchéance de la nationalité car cela ne sert à rien, curieusement je suis le seul candidat à en déduire qu'il ne faut pas mettre en place une réforme inopérante. En revanche, j'estime qu'un débat est nécessaire sur la question de l'identité. Et je pose le droit du sang comme principe directeur. Sinon, à terme, avec le développement de la binationalité, on ne pourra plus définir ce qu'est l'identité.
Mais je précise que ce principe du droit du sang doit être oxygéné par des naturalisations qui ne peuvent se faire qu'au fil d'un processus exigeant avec une période de stage probatoire comme le pratiquent les Canadiens. Ce n'est qu'après une période probatoire d'une certaine durée que vous acquérez la nationalité. L'acquisition de la nationalité doit être très exigeante et très peu réversible. C'est ce que j'appelle un droit du sang ouvert.
Je porte cette idée depuis longtemps et je sens bien qu'elle est très partagée par les militants du parti Les Républicains. Mais personne à part moi n'assume cette idée. Nicolas Sarkozy n'ose pas bouger là-dessus.

Quel regard portez-vous sur la conjoncture économique française en ce début 2016?

Je crains que les facteurs exogènes positifs - taux d'intérêts faibles, prix du pétrole bas, etc. - ne conduisent à une certaine anesthésie. Le président de la République parle d'Etat d'urgence économique et social. Mais, encore une fois, on est dans l'apparence. Les quelques mesures prises comme les prochaines dispositions pour alléger le coût du travail dans les PME ne sont qu'un pansement. Aucune mesure structurelle n'est engagée. On nous annonce une réforme du droit du travail et davantage de possibilités pour les entreprises de fixer leurs propres règles mais c'est pour immédiatement exclure la durée du travail de cette réforme. Je suis donc très inquiet. La fenêtre d'opportunité ouverte grâce à des facteurs extérieurs risque d'être gâchée.

Et votre regard sur le climat en France ?

J'insiste sur le besoin d'ordre et de sécurité dont a besoin le pays. Mais, dans le même temps, il ne faudrait pas que les nécessaires mesures sécuritaires gèlent la société française qui doit avancer. On vient d'élire les nouveaux présidents de régions. Or, il aurait fallu aller plus loin dans les libertés accordées aux régions. Chaque collectivité territoriale devrait pouvoir fixer ses règles en respectant quelques garde-fous, aller plus loin dans ces initiatives, développer la compétence de ses compétences. Il faut avoir confiance en la société, aux Français, l'Etat ne « doit » pas tout.

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Commentaires
a écrit le 08/01/2016 à 12:43 :
Nationalité, droit du sang ou droit du sol etc...où le concours Lépine de la connerie.
a écrit le 08/01/2016 à 11:55 :
1) Le taux unique d'imposition, c'est ce que fait la Russie (13%). 2) Pour ce qui est de la suppression du code du travail, je suis sceptique, car dans une société viable, il faut des règles du jeu. Ce qui ne veut pas dire que le code du travail ne doit pas être adapté au 21e siècle. 3) Sur la nationalité, ce monsieur ne semble pas savoir (ou ne veut pas dire) que l'immigration canadienne se fonde sur l'apport d'une plus-value au pays et qu'il s'agit bien d'une immigration choisie et non ouverte comme en France :-) Et après 3 ans, on peut demander sa naturalisation après avoir réussi un examen d'éducation civique (et avoir payé les droits afférents à la demande) :-)
a écrit le 07/01/2016 à 16:52 :
Si la preuve devait être faite qu'on ne peut transformer un âne en cheval de course: dont acte.
a écrit le 07/01/2016 à 16:05 :
Sur les questions de nationalités, il est vrai qu'il va falloir bouger, car on va vers un capharnaüm avec de plus en plus de bi-nationaux, voire de tri-nationaux (une de chacun des parents, et une liée au droit du sol..). Je note que la Nationalité est vue dans certains pays (les USA) comme une somme de devoirs (tout binational franco-américain vivant en France doit remplir des déclarations d'impôts aux USA..), et pour d'autres pays comme une somme de droits. Certains pays exigent confirmation formelle d'une demande de maintien d'une Nationalité (la Belgique) à tout jeune majeur; à défaut de présenter une telle demande, la Nationalité est tout simplement retirée. C'est peut-être quelque chose à mettre en place. Pour le strict droit du sang, mon avis est que l'on ne saurait refuser la Nationalité à un jeune ayant toujours vécu sur notre sol: instaurer une acquisition automatique après dix ans de vie en France (c'est plus ou moins ce que font les Suisses)? Enfin, il faudrait se mettre d'accord au niveau international pour que ceux qui veulent perdre une Nationalité puisse le faire sans être pénalisé: aujourd'hui, demander la perte de votre Nationalité américaine vous empêchera d'obtenir Visa, ce qui est abusif..
a écrit le 07/01/2016 à 15:37 :
Ce n´est pas mal..., sauf la reponse a la derniere question du journaliste. Le regard sur le climat en France est tres mou! ... Dommage, j´aurais aimé que ce candidat montre quelques directions a suivre pour sortir le pays du marasme, comme par exemple liquidation de 30% de fonctionnaires...., pour redonner confiance aux entrepreneurs, que l´Etat ne va pas spolier les resultats de leur prise de risque qu´ils prennent chque fois qu´ils investissent. Mais la, ... rien! Encore dommage.

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