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Impôt sur les sociétés  : un taux unique à 25 %  ?

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Un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires prône la suppression du taux d'IS réduit pour les PME en France.
Un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires prône la suppression du taux d'IS réduit pour les PME en France. (Crédits : REUTERS/Regis Duvignau)
Le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), rattaché à la Cour des comptes, préconise un taux d'impôt sur les sociétés unique de 25 % en France. Il propose donc de supprimer le taux réduit pour les PME.

En septembre dernier, le gouvernement a annoncé que le taux d'impôt sur les sociétés (IS) des entreprises en France (33,3%) serait abaissé progressivement à 28% sur l'ensemble des entreprises d'ici 2020. Prenant acte de cette décision, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) préconise pour sa part d'aller au bout de la logique et d'abaisser le taux d'IS à environ 25 %, soit la moyenne de l'Union européenne (UE). La France a en effet l'un des taux d'IS les plus élevés de l'UE, ce qui nuirait à la compétitivité française.

Plus surprenant, le CPO propose de supprimer le taux d'IS réduit (15 %) dont bénéficient les petites et moyennes entreprises (PME) qui réalisent moins de 7,5 millions de chiffre d'affaires pour les 38.000 premiers euros sur les premiers euros de bénéfices. Et donc que le taux d'environ 25% d'IS s'applique à terme « à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille », en ménageant tout de même « les transitions pour celles qui bénéficient aujourd'hui d'un taux réduit ». Au total 670.000 PME bénéficient d'un taux réduit de 15 % pour un coût global de 2,64 milliards d'euros pour les finances publiques.

Lutter contre les idées reçues

Le CPO veut ici lutter contre une idée reçue qui voudrait que les PME soient plus légitimes pour recevoir des allègements fiscaux. Pour le CPO, un taux réduit d'IS pour les PME ne se justifie pas pour des raisons objectives. En effet, la rentabilité financière des PME serait toute aussi importante que celle des grandes entreprises. « Le taux de marge des petites entreprises employant des salariés (hors microentreprises) est comparable, en 2012 et en 2013, à celui des entreprises employant plus de 250 salariés, voire supérieur pour les entreprises employant entre un et neuf salariés », précise le rapport du CPO. « D'autre part, la rentabilité financière nette des entreprises non financières, telle que mesurée par la Banque de France, est plus élevée dans le cas des PME que pour les ETI et les grandes entreprises depuis 2007 », ajoute le rapport.

Pas de logique de redistribution entre les entreprises

Par ailleurs, le CPO estime que moralement, rien ne justifie un taux inférieur d'IS pour les PME par rapport aux grands groupes. « A la différence de l'imposition des ménages, la recherche de redistribution entre ces acteurs économiques ne va pas de soi », note le rapport. En outre, aucun raisonnement économique ne justifierait une faible imposition des entreprises les moins bénéficiaires. « Au contraire, l'existence d'un taux réduit peut générer des distorsions néfastes, en « subventionnant » des entreprises moins efficaces que celles imposées au taux normal », note le rapport. Sur ce point, le CPO rejoint l'OCDE qui estime qu'un taux réduit d'IS pour les PME ne favoriserait pas la croissance.

Enfin, pour le CPO, l'optimisation fiscal des grands groupes ne créerait pas une réelle distorsion de concurrence avec les PME. L'écart de taux implicites d'imposition serait en train de se résorber avec le temps selon le rapport. Mais le CPO concède qu'une telle analyse doit être conduite avec prudence, car il est toujours difficile d'évaluer les stratégies d'évitement de l'impôt des grandes multinationales.

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a écrit le 27/01/2017 à 11:43 :
Les grosses entreprises ont les moyens de faire de l'optimisation fiscale et finalement ne pas payer grand chose quelque soit le taux. Les PME elles, payent 15% mais plein pot.

Donc au final, avec ces 25%, ça ne changera rien pour les gros groupes, mais ça flinguera les PME ce qui diminuera l'investissement et donc la création d'emploi.

Ce n'est positif que pour le gouvernement car cela revient à récolter plus d'impôts sur le dos des PME pour compenser l'optimisation des gros groupes. Bref, dans le genre idée discutable c'est plutôt pas mal.
a écrit le 19/01/2017 à 17:53 :
J'avais défendu en conclusion d'un article il y a 25 ans dans le Bulletin fiscale de FL la consolidation européenne. La prise de position actuelle de la CPO illustre le temps qu'il faut en France pour que les idées nouvelles voient le jour. A défaut il est encore temps de la mettre en œuvre. Je pense toutefois que cela est complètement dépassé. Le rôle de l'Etat n'est pas d'interférer dans la gestion des entreprises, le rôle des entreprises n'est pas de se faire financer par l'Etat. Il conviendrait donc de supprimer tous les artifices fiscaux qui ne servent qu'à financer les entreprises et ou les particuliers (ce que tout le monde appelle les "niches"). En contrepartie l'assiette de l'impôt ne devrait plus être le résultat net mais le chiffre d'affaires consolidé (reste à définir le périmètre) avec un taux allant de 0 à 5% suivant des zones d’activité.
L'avantage est une assiette simple très largement maîtrisée par l'Etat et les entreprises et qui collent à la réalité économique. La différenciation du taux de prélèvement par zones d’activité permettrait en outre une véritable politique d’aménagement du territoire.
Cette option permettrait également de libérer de l’intelligence au service de la création de valeur alors que cette intelligence est employée à des tâches peu créatrices de valeur dans l’entreprise ; Il en serait de même des flopées de conseils qui mettront leur créativité au service de la création de richesse et non pas à l’évitement des contraintes.
a écrit le 12/01/2017 à 14:47 :
Les PME consacrent tous leurs bénéfices à survivre aux aléas de la conjoncture française auxquelles elles sont les plus exposées et à autofinancer des investissements quand l'opportunité de croissance se présente. Mais pour un bureaucrate, fonctionnaire ou banquier, qui décide quand il veut, cela n'a pas vraiment de sens.
Quant aux entreprises qui travaillent internationalement, elles peuvent optimiser. Si le gouvernement souhaite qu'elles paient des impôts en France, il convient d'aligner nos taux. C'est aussi le calcul du président elect Trump. Mais alors il faudrait envisager un taux de 15% comme l'Irlande. C'est là qu'il y a le plus à gagner pour l'Etat.
a écrit le 12/01/2017 à 13:58 :
Seul un taux unique européen aurait un sens.
Réponse de le 12/01/2017 à 16:01 :
50% et 100% en cas de licenciement, ou de non reconduction de cdd. La France doit ouvrir la voie, et etre toujours la Première et etre ainsi Toujours la plus moderne en fiscalité, comme les 35H en 2000. Bientot ce sera 28 H puis 19H,à la fin du 2ème quinquennat Macron. Tous nos élus ps rejoignent officieusement ou officiellement Macron, car aux législatives, avec lui la majorité Socialiste sera renforcée, et la droite absente du 2ème tour de la présidentielle LAMINEE.. Macron ( gauche) contre Le Pen ( extreme gauche) Vive Notre Président Macon. La droite est morte, la gauche plus majoritaire que jamais.
Réponse de le 12/01/2017 à 16:05 :
9% pour attirer les sièges sociaux, et doper l'économie vertueuse, lesquels 9% rapporteront bien plus.
a écrit le 12/01/2017 à 13:32 :
Effectivement, c'est une bonne idée. Vu que les grands groupes paient 8% d'IS via l'optimisation fiscale, que ce rapport nous explique comment il compte arriver à 25% et là, on sera d'accord. Dans les PME, les patrons savent bien comment éviter de payer de l'IS.
a écrit le 12/01/2017 à 12:05 :
Très bien, les grandes entreprises n'ont jamais payés 33 % d'IS de toute manière !

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