ISF-PME, la fin d'un des derniers dispositifs Sarkozy

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Du paquet fiscal TEPA, voulu par Nicolas Sarkozy en 2007, il ne reste désormais plus rien
Du paquet fiscal TEPA, voulu par Nicolas Sarkozy en 2007, il ne reste désormais plus rien (Crédits : Reuters)
Mise en place par Nicolas Sarkozy en 2007, la réduction d'ISF pour investissement dans les PME a quasiment vécu. Le dispositif est devenu trop restrictif et complexe pour intéresser un très grand nombre d'investisseurs

C'était l'un des dispositifs phare de la loi TEPA, le paquet fiscal « de rupture » voulu par Nicolas Sarkozy en 2007. Bien avant d'être élu, l'ex chef de l'Etat encore en campagne avait annoncé sa volonté d'autoriser une très forte réduction de l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour les riches contribuables investissant dans les PME. Dès 2008, il fut possible de diminuer la facture d'ISF à hauteur de 75% des sommes investies dans une entreprise.
Une incitation majeure, qui seule subsistait parmi les innovations fiscales voulues par l'ancien président : par la suite, il avait lui-même mis fin au bouclier fiscal à 50%, à la réduction d'impôt pour intérêt d'emprunt, avant que François Hollande ne donne un coup d'arrêt à la détaxation des heures supplémentaires et ne rehausse les droits de succession abaissés en 2007.

Restrictif et complexe

Même s'il subsiste, officiellement, le dispositif tel que réformé par la loi de finances pour 2016 apparaît tellement restrictif et complexe qu'on peut parier sur un recours fortement réduit à cet avantage fiscal. Le gouvernement a agi sous pression européenne, la commission de Bruxelles ayant averti que ce dispositif était susceptible d'être assimilé à une « aide d'Etat », évidemment condamnable au nom des traités européens.

Mais Bercy est allé au-delà des exigences européennes ». Celles-ci imposaient surtout de réserver l'avantage fiscal à l'investissement dans des entreprises nouvellement créées (moins de 7 ans), "en phase d'amorçage, de démarrage..." selon les textes européens. Bercy a repris cette contrainte, en imposant un critère de « jeune entreprise innovante ». Mais surtout, le ministère des Finances a introduit une condition particulièrement contraignante concernant l'investisseur dans la PME.

Désormais, un fondateur ou un actionnaire historique ne pourra plus réduire son ISF en investissant au capital de sa propre société. celui-ci ne peut plus investir qu'une fois par entreprise. Fini le suivi des PME par des particuliers, proches du patron d'une entreprise, et souscrivant à chaque augmentation de capital : cela ne donne plus droit à réduction d'ISF. Sauf si l'entreprise a prévu, dans un business plan initial, une série d'augmentations de capital, justifiées à chaque fois par un investissement d'importance. L'administration fiscale admet dans ce cas « un investissement de suivi ». Mais cette condition est très restrictive, cela risque de ne pas être la majorité des cas.
Le dispositif de réduction d'ISF était largement utilisé par les dirigeants investissant régulièrement dans leur propre PME : c'est désormais impossible, puisque seule la souscription au capital initial leur permet d'obtenir à partir de 2016 la réduction d'impôt.

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a écrit le 24/01/2016 à 11:17 :
La possibilité de réduire l'ISF en investissant au capital de PME était LA bonne idée du quinquennat de Nicolas Sarkozy : au lieu de supprimer l'impôt, qui aurait été rapidement remplacé par une autre taxe (déficit oblige), la loi Tepa a créé un flux de capitaux vers les PME dont nous savons tous qu'elles sont créatrices d'emplois locaux, et qu'elles manquent cruellement de soutien financier, notamment de la part des banques.
L'idée géniale aurait été de ne pas plafonner ce dispositif à 45.000 € de réduction d'impôt pour permettre aux gros contribuables de l'utiliser au lieu de s'expatrier, ce qui prive notre pays à la fois de recettes fiscales et de création d'emplois.
La politique économique et fiscale actuelle a déjà détruit les principaux moteurs de la création d'emplois dans notre pays (ce n'est pas de l'idéologie ni de la politique mais un bilan factuel basé sur des chiffres officiels), compliquer ou supprimer la loi Tepa etait-ce vraiment la priorité ?
Ces réformettes de technocrates franco-bruxellois sont-elles vraiment de nature à soutenir nos PME, l'économie et l'emploi ?
Pour 2017, j'espère que l'ISF ne sera pas supprimé (contrairement à ce que certains proposent comme M Juppé) mais que la loi Tepa sera déplafonnée.
De cette manière les gros ISF pourraient choisir de rester (voire de venir ou de revenir) en France, à condition d'investir dans l'économie réelle.
Et au moins nous saurions que le produit de cet impôt ne serait pas dilué dans un océan de gaspillage et de détournement de fonds publics. L'argent serait utilisé par des entrepreneurs/employeurs dans le développement de leurs outils de travail. C'est là tout ce dont nous avons vraiment besoin.
a écrit le 16/01/2016 à 2:29 :
J espère qu en 2017 ils céras pas élue ni lui ni Hollande ni Valls ?
a écrit le 15/01/2016 à 18:16 :
Investir ds les PME c'était bien
Dommage que BERCY ait réduit le dispositif
Dommage aussi que BERCY ne se sente pas investie de contrôler les dépenses publiques pour les rendre plus efficaces et, on peut en rêver, les réduire un peu.
Non?
a écrit le 14/01/2016 à 21:47 :
Sarkozy aurait mieux fait de supprimer une fois pour toutes cet impôt imbécile qu'est l'ISF (ce qui aurait permis de se passer aussi de l'usine à gaz du bouclier fiscal).
Réponse de le 15/01/2016 à 5:44 :
+100. Peut-être Sarkozy II le fera ?
Réponse de le 15/01/2016 à 17:24 :
un impôt imbécile ? Mais il rapporte 5 milliards par an et permet une redistribution des richesses assez rare mais utile dans un monde dominé par les libéraux...

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