Jugé décevant et peu pratique, le compte personnel de formation doit se réformer

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Lancé en 2015, le compte personnel de formation  accompagne chaque actif tout au long de sa vie professionnelle.
Lancé en 2015, le compte personnel de formation accompagne chaque actif tout au long de sa vie professionnelle. (Crédits : Philippe Wojazer)
Considéré comme un "parcours du combattant" par les salariés et comme "un dispositif de plus" par les entreprises, le compte personnel de formation lancé en 2015 n'a pas réussi à apporter l'autonomie désirée, critique un rapport. L'Inspection générale des affaires sociales dresse des pistes pour améliorer ce dispositif, à commencer par doubler le rythme d'alimentation des heures de formation.

Objectifs manqués pour le CPF. Censé permettre à tous d'accéder à la qualification, le dispositif "n'a pas modifié la donne en matière de formation professionnelle", selon un rapport publié mercredi par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).

"Au regard de ces ambitions, et malgré un volontarisme incontestable, [...] la place du CPF reste fragile", alerte l'Igas, estimant "qu'il existe un risque réel de s'éloigner des objectifs initiaux".

Lancé en 2015, le compte personnel de formation  accompagne chaque actif tout au long de sa vie professionnelle. Quand il est en emploi, il engrange jusqu'à 150 heures de formation qu'il peut mobiliser même pendant ses périodes de chômage. L'objectif de la réforme était d'attacher les droits à la personne et lui donner de l'autonomie.

"Parcours du combattant"

Si "deux tiers des salariés du privé et la moitié des demandeurs d'emploi" connaissent le CPF, ses usagers "font part d'une certaine déception" et "l'accès pratique à la formation reste un 'parcours du combattant'". Par conséquent, l'objectif d'autonomie "ne progresse pas réellement", "le salarié s'en remet[tant] à sa DRH et le demandeur d'emploi au service public de l'emploi" pour mobiliser leur CPF.

De leur côté, les entreprises ne voient le CPF que comme un "dispositif de plus" et peinent à "l'articuler avec leurs plans de formation". Soit elles se servent du CPF pour "'optimiser' leur dépense de formation", soit elles s'en "désintéressent [...] au profit d'autres dispositifs de financement" plus souples.

Doubler le rythme d'alimentation et le plafond

Pour améliorer le CPF, l'Igas préconise de l'alimenter plus généreusement, en travaillant "sur la base d'un doublement du rythme annuel d'alimentation", soit 48 heures par an au lieu de 24, "et du plafond", soit 300 heures maximum au lieu de 150.

Elle recommande de revoir la sélection des formations éligibles au CPF, qui se fait aujourd'hui sur la base de listes élaborées par des instances paritaires. "Supprimer les listes" et "rendre éligibles au CPF l'ensemble des certifications référencées au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP)" serait "une puissante et efficace mesure de simplification et de lisibilité". Enfin, l'Igas propose "d'améliorer la régulation financière du CPF", aujourd'hui gérée par branche par les organismes collecteurs des cotisations formation des entreprises (Opca), en optant pour une "régulation nationale et interprofessionnelle".

La publication de ce rapport intervient alors que l'exécutif prépare un plan d'investissement de 15 milliards d'euros dans la formation professionnelle et l'apprentissage. Cet investissement permettrait à 500.000 personnes de retrouver un travail d'ici la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron, soit 200.000 de plus que ce que le gouvernement avait prévu, d'après une étude d'impact de la Fédération de la formation professionnelle (FFP), publiée mercredi. Les retombées économiques de cette réformes sont estimées à 17,3 milliards d'euros, d'après plus important syndicat des organismes de formation de France.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 12/10/2017 à 17:58 :
Le financement et l'accés à la formation sont complexes.
La création et la vente de formations (bidons) sont très simples.
Réponse de le 16/10/2017 à 17:42 :
On se demande comment ils arrivent à vendre des ME...S comme ça : PNL et autres techniques à la noix;
a écrit le 12/10/2017 à 15:01 :
Aucune déception ne devrait être perceptible car les résultats du CPF étaient évidents
Ce CPF monté par le Medef (avec le concours de la CFDT) n'aura servi que de diversion sociale en 2013 et de torpillage d Droit individuel à la formation. Un droit que les patrons préféraient faire disparaître car il avait démontré, en 10 ans d'existence, que personne ne voulait jouer le jeu du développement des compétences au travail.
a écrit le 12/10/2017 à 10:35 :
Encore faut-il que cette formation aboutisse ensuite à un caractere promotionnel pour le salarié et non pour remplacer en gardant le même statut un cadre parti en retraite ce qui malheureusement se produit trop souvent.Un moyen utilisé par l'entreprise de reduire par ce biais les couts du poste de travail .d'ou ensuite le peu d'entrain du salarié pour suivre une formation si celle-ci ne lui change ni coeff ni le salaire.
a écrit le 12/10/2017 à 10:17 :
Dans la formation et l'apprentissage les abus sont pléthores, tous les employeurs ont prit l'habitude de faire n'importe quoi il faudrait surtout des contrôles pour réguler ce phénomène.

Parce que oui c'est indispensable de pouvoir cumuler des heures d'apprentissage quand on travaille mais ce serait bien que les salariés n'aient pas à payer de leur poche une partie des formations s'ils ne veulent pas être maçons ou encodeurs.

J'ai un ami qui est passé de charpentier à animateur et cela lui est revenu à 200 euros par mois sa formation soit disant payée en intégralité, pendant deux ans c'était ricrac du coup pour lui et sa famille il fallait qu'il soit vraiment motivé.

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