L'égalité salariale homme-femme suffirait-elle à financer la retraite à 60 ans ?

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Jean-Luc Mélenchon a également rappelé son plan de relance de 100 milliards d'euros.
Jean-Luc Mélenchon a également rappelé son plan de relance de 100 milliards d'euros. (Crédits : Reuters/Stephane Mahe)
D'après Jean-Luc Mélenchon, si le salaire des femmes "est au niveau de celui des hommes" alors les cotisations versées suffiront à financer le retour de la retraite à 60 ans. En réalité, la question dépend d'abord du dynamisme de l'activité économique.

Cela fait partie des promesses centrales du programme de Jean-Luc Mélenchon : le retour de la retraite à 60 ans. Or, un tel mouvement a un coût, car l'âge de départ a été reculé à 62 ans, de même que les annuités de 40 à 41,5 depuis 2010 sous Nicolas Sarkozy, pour pérenniser la situation financière des caisses de retraite.

Cet obstacle, Jean-Luc Mélenchon prétend savoir comment le franchir. "J'ai trouvé comment le financer", a-t-il assuré vendredi matin au micro de Bourdin Direct sur RMC-BFMTV. Sa solution ? Le respect de la parité salariale :

"Si vous mettez le salaire des femmes au niveau du salaire des hommes, le surcroît de cotisations sociales que ça rapporte permet de payer la retraite à 60 ans pour 40 annuités."

(A partir de 29'25'' sur la vidéo)

Une étude menée par la Caisse nationale d'assurance vieillesse

Jean-Luc Mélenchon avait déjà avancé cet argument en janvier dernier dans la même émission. En clair, les cotisations supplémentaires prélevées grâce à la hausse du salaire des femmes suffiraient à financer la retraite à 60 ans.

Cette question n'a presque jamais était abordée par les spécialistes. Seule une étude menée par la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV) en 2011, à la demande de la CGT, s'en est saisie. En se basant sur l'hypothèse d'un alignement des salaires des femmes sur ceux des hommes à partir de 2023, la CNAV devrait dépenser 13 milliards d'euros supplémentaires sur la période 2012-2050 mais recevrait 18,5 milliards d'euros de recettes supplémentaires, soit un solde positif de 5,5 milliards d'euros. En revanche, "il est probable qu'au delà de l'horizon 2050, la mesure générerait plus de dépenses que de ressources (vers 2060)", conclut l'étude.

Cependant, cette estimation a été faite sur la base de la réforme des retraites de 2010. Rien n'indique que cela suffirait à financer le retour de l'âge de départ à la retraite à 60 ans. La simulation de l'iFRAP, un think tank libéral, chiffre entre 20,3 et 40,7 milliards d'euros par an le coût d'une telle mesure.

>> Lire aussi : Sauver les retraites complémentaires : les syndicats avancent leurs solutions

De la création de richesses dépend la santé des caisses de retraite

En soi, la question ne dépend pas principalement de l'écart salarial, mais du revenu total distribué. Par exemple, entre 2009 et 2011, le revenu salarial (revenu net des cotisations, CSG et CRDS inclus) des femmes a augmenté alors que celui des hommes n'a cessé de chuter (voir tableau ci-dessous) selon les chiffres de l'Insee. Résultat, l'écart entre les deux sexes s'est réduit de 1 point, passant de 26% à 25%*.

Parallèlement, le revenu salarial moyen est passé de 20.436 à 20.291 euros annuels sur la même période, soit une baisse de 0,7%. Pour rappel, à cette époque la crise de 2008 a lourdement frappé l'économie française, d'où cette baisse du revenu moyen. Dans ces conditions, on peut considérer que les caisses de retraite n'ont pas été avantagées, alors que l'écart salarial entre les sexes s'est réduit. La formule de Jean-Luc Mélenchon ne se vérifie pas.

Cet exemple démontre qu'au-delà de la question de la parité salariale, c'est bel et bien celle de la création du richesses qui importe pour le financement de l'assurance vieillesse. Plus la croissance est forte, plus les revenus augmentent et le montant des cotisations collectées avec. À niveau de création de richesses constant, la parité salariale a beau être instaurée, le financement des caisses retraite ne s'en portera pas mieux.

Un plan de relance de 100 milliards d'euros

Au micro de RMC, Jean-Luc Mélenchon a poursuivi en rappelant son plan de relance de 100 milliards d'euros. Que l'on soit d'accord ou non avec cette proposition, celle-ci est un argument bien plus pertinent concernant le financement de la retraite. Dans son programme, il table sur une croissance de 2% et un chômage de 6%, de quoi en effet augmenter le montant des cotisations collectées.

Enfin, le candidat de la France insoumise a également exposé d'autres propositions dans son programme :

>> Lire aussi : Mélenchon : son programme de relance économique en cinq chiffres

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*Il ne faut pas pour autant en conclure que le salaire des femmes augmente au détriment de celui des hommes. Selon l'étude Femmes et hommes, l'égalité en question publiée par l'Insee début mars, les "interruptions de carrière et un recours au temps partiel plus fréquents chez les jeunes femmes en lien notamment avec la maternité" expliquent en partie l'écart de revenus. Autrement dit, les hommes effectuant un volume de travail plus important, ils sont plus rémunérés. Or, depuis 2008, l'écart salarial entre les sexes se réduit car les femmes sont justement en train de rattraper le volume horaire des hommes.
En 2014, l'écart salarial entre hommes et femmes est de 24%, les premiers percevant un revenu annuel moyen (secteur privé et fonction publique confondus) de 23.400 euros contre 17.820 euros pour les secondes.

>> Pour en savoir plus Insee, Femmes et hommes, l'égalité en question, mars 2017

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Commentaires
a écrit le 21/03/2017 à 20:31 :
Votre démonstration aboutit à :"plus la croissance est forte, plus les revenus augmentent " Non, les revenus (donc les cotisations) POURRAIENT augmenter, si tout ne partait pas en dividendes !
a écrit le 21/03/2017 à 14:24 :
Faire des investissements, dans le but d'une politique de l'offre, ne risque pas de stimuler l'emploi sans qu'une demande ne soit présente! A moins de vouloir pédaler dans la semoule! Comme les 35 heures, le travail des femmes est un partage du travail, l'un a été mis en route par un déficit d'emploi et l'autre par un excès de travail! Au lieu d'avoir pu être résorber par une autre politique familiale!
a écrit le 21/03/2017 à 11:32 :
J'aime beaucoup les commentaires. L'inégalité salariale semble normale pour nombre de lecteurs. Allez expliquer aux lectrices que vous ne voulez pas qu'elles soient payées comme vous !

Au départ, le chiffrage de cette mesure était réalisé par la suppression de niches fiscales pour les plus hautes retraites (5milliards), une hausse des cotisations et d'autres mesures du même type, c'est-à-dire relativement classiques. Mélenchon préfère avancer son idée d'inégalité salariale, car elle répond à plusieurs questions à la fois (inégalité, féminisme, retraite). En plus, à part en passant pour un réactionnaire, c'est difficile de le contredire sur cette mesure de justice...
Réponse de le 21/03/2017 à 14:08 :
outre le fait qu il y a de moins en moins d ecart a travail & horaire egal, il faut pas occulter le fait que si l egalite totale se fait, ca sera en baissant le salaire des hommes et pas en augmentant celui des femmes ... Je vous rapelle qu il y a 3-4 millons de chomeurs en france qui font pression a la baisse sur les salaires. alors penser a une augmentation massive de salaires ...
Réponse de le 21/03/2017 à 16:11 :
De moins en moins d'écart, vous avez raison, d'ici un siècle et demi on devrait avoir atteint l'égalité salariale ! Les lectrices vont êtres ravies de l'apprendre !
Réponse de le 21/03/2017 à 16:13 :
De moins en moins d'écart, vous avez raison, d'ici un siècle et demi on devrait avoir atteint l'égalité salariale ! Les lectrices vont êtres ravies de l'apprendre !
Réponse de le 21/03/2017 à 17:26 :
"L'inégalité salariale semble normale pour nombre de lecteurs".

Ils ne doivent pas aimer que leurs femmes ramènent plus d'argent à la maison, bizarre.
Réponse de le 21/03/2017 à 20:17 :
bien sur que je suis pour l'égalité salariale, sauf qu'en pratique c'est quasiment impossible, les hommes sont plus mobiles, travaillent beaucoup dans des métiers bien payés ou les femmes sont inexistantes et arrivent à négocier des augmentations salariales intéressantes.
Mais c'est sur, sur le même poste, même ancienneté pas de raison de la moindre différence.
a écrit le 21/03/2017 à 11:29 :
Le bon sens suffit à comprendre que M. Mélenchon dit n'importe quoi. Son affirmation sur les conséquences de l'égalité salariale relève du sophisme.
a écrit le 21/03/2017 à 10:40 :
Je travaille dans l'administration et les salaires sont calculés sur des indices et des fonctions qui sont les mêmes pour les 2 sexes. Si il y a une différence salariale c'est que les femmes s'arrêtent pour accoucher et élever leurs enfants.
Réponse de le 21/03/2017 à 16:15 :
Le problème est plus ancré que cela. À diplôme égal, les corps d'État où les femmes sont les plus nombreuses sont les fonctions administratives, moins bien rémunérées. L'inégalité salariale prend sa source dans une histoire sociale considérable, il ne faut pas regarder ces choses par le petit bout de la lorgnette :).
a écrit le 21/03/2017 à 10:36 :
Attention, faute de conjugaison dans "Cette question n'a presque jamais était abordée par les spécialistes."
A corriger vite s'il vous plait !
Merci par avance
a écrit le 21/03/2017 à 9:04 :
Comme d habitude avec Melenchon, c est n importe quoi. Si un jour les femmes gagnent exactement autant que les hommes, c ets pas parce qu elles gagneront plus mais que les hommes gagneront moins ...
Enfin vu que notre ex senateur PS n a aucune envie d etre president, tout ce qu il raconte est tres theorique (et heureusement. Je suis persuade que lui meme sait que ses solutions enverraient la France dans le mur : en tant que dirigeant du PS, il sait ce qu a donne la relance par la consommation en 81)
a écrit le 21/03/2017 à 7:38 :
on peut reduire les inegalites en mettant les hommes au niveau des femmes
le socialisme, c'est le nivellement par le bas
que ce passe t il dans ce cas, c'est la retraite a 75 ans?
dans les pays d'afrique, y a pas d'inegalites, pas plus qu'au venezuela; tt le monde est pauvre, c'est conforme aux souhaits justes de lenine le petit pere des peuples sociaux
a écrit le 20/03/2017 à 23:15 :
C est la premiere fois que je vois La Tribune avec son encadre bleu ci-dessus tenter avec un peu de verite de sortir du mensonge des inegalites de salaire homme/femme consideres sur une masse globale qui non seulement est fause a dessein mais en plus ne veut rien dire. A travail egal les femmes beneficient d un salaire sectoriel de 3% de plus que ceux des hommes s agissant des salaires hors smic. Il est necessaire de le repeter sans cesse ! Ceux qui se font complices de ce mensonge d'Etat tirent en effet contre leur propre camp.
a écrit le 20/03/2017 à 20:41 :
Imaginons alors ce qu'on pourrait faire avec un chômage divisé par trois...

Il n'y aurait de facto plus de problème de financement d'aucun dispositif d'aide sociale.
a écrit le 20/03/2017 à 18:39 :
Il n'a pas tout faux sur le sujet, mais la réalité, c'est qu'on embauche de préférence tout ce qui est au rabais. Si on augmente le salaire des femmes sans éradiquer par exemple les travailleurs détachés, on va voir les femmes françaises perdre leur emploi au profit de gens par forcément qualifiés, mais moins chers...d'autant plus que le gouvernement paie les salaires des moins de 25 ans. On est donc dans un cercle vicieux et la seule solution, c'est de revoir tout le système :-)
Réponse de le 21/03/2017 à 7:42 :
Vous avez raison, il faut revoir tout le système. En effet, il y a une différence entre les hommes et les femmes, mais aussi entre les Français et les étrangers, entre le travail humain et les machines, c'est à dire l'énergie consommée par les machines. Il faut répartir les charges sociales sur le travail et sur l'énergie. Mais qui arrivera à le comprendre?

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