La classe moyenne disparaît aux Etats-Unis, beaucoup moins en France

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Barack Obama s'est souvent présenté comme le président de la classe moyenne. Mais celle-ci voit ses revenus au mieux stagner
Barack Obama s'est souvent présenté comme le président de la classe moyenne. Mais celle-ci voit ses revenus au mieux stagner (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Seuls 50,6% des américains relèvent de la classe moyenne, une proportion en baisse constante, contre 67,4% des Français

Entre la réalité d'une société et les représentations qu'ont en ont ses membres, le décalage est parfois flagrant. Ainsi, les Américains se voient souvent comme appartenant à une société de classe moyenne, tandis que les Français imaginent que dominent dans leur pays les couches populaires. La réalité est inverse, montre une étude de France Stratégie publiée ce jeudi. Le poids de la classe moyenne américaine diminue rapidement, et ce depuis des années, alors qu'elle s'érode seulement en France, et reste beaucoup plus représentée. 50,6% des américains appartiennent à la classe moyenne, contre 67,4% des français, si l'on retient la définition américaine de cette catégorie.

Pour cette définition, "France Stratégie s'est basée sur l'approche par les revenus, retenue par le Pew Research Center. La classe moyenne est définie  comme l'ensemble des ménages dont le revenu est compris entre deux tiers du revenu médian et deux fois le revenu médian, avant impôt.

 En forte diminution aux Etats-unis

Cette classe moyenne américaine voit son poids diminuer rapidement. Elle est passée de 54,2% de la population en 1996 à 50,6% en 2012 -dernières statistiques connues. En France, la baisse est beaucoup plus faible. 68,9% des ménages relevaient de cette catégorie en 1996, 67,4% en 2012, soit une diminution de 1,5 point seulement.

 Le poids de la classe moyenne  diminue rapidement Outre Atlantique, et la part du revenu global qui rentre dans sa poche encore plus vite. En 1996, 48,5% des revenus bénéficiaient aux classes moyennes, ce n'est plus que 43,7% aujourd'hui. La classe dite supérieure s'arroge aujourd'hui 47,3% des revenus, contre 42,3% en 1996.

Captation des revenus par une très faible minorité

A voir l'évolution du revenu médian de chaque classe, depuis 1996, les Américains ne sont pas vraiment bien lotis, quelle que soit leur catégorie. La hausse globale atteint 2% en valeur constante -l'écart entre les catégories n'est pas très élevé-  entre 1996 et 2012, contre... +20% en France. Comment expliquer ce décalage, alors que la croissance du PIB a été beaucoup plus élevée aux Etats-Unis? C'est qu'une infime minorité de la population, proche de 1%, s'est accaparée l'essentiel du revenu supplémentaire.

Entre 2002 et 2007, les deux tiers de la croissance des revenus ont été captés par le top 1 % (58 % pour la période 2009-2014)13. Sur la période 2010-2013, cela s'est traduit par une diminution du revenu médian et une augmentation du revenu , relève France Stratégie

 Un lien étroit avec le niveau d'éducation

Le mythe du "self made man", de l'autodidacte américain qui réussit grâce à sa seule capacité de travail est bien un mythe. Aux Etats-Unis encore plus qu'en France, le niveau de revenus dépend du niveau scolaire. Outre Atlantique, la probabilité d'appartenir à la classe moyenne est de 36,7% pour une personne de niveau inférieur au bac (son équivalent américain). En France, cette probabilité est beaucoup plus forte, de 66,2%: c'est moins vrai aujourd'hui pour les jeunes, mais beaucoup de non diplômés ont réussi par le passé à accéder à la classe moyenne.

 Pour les diplômés américains, c'est, au contraire, le jackpot. Avoir un niveau équivalent à bac+3 permet dans de 40,3% des cas de se hisser au dessus de la classe moyenne, et dans 48,4% d'y appartenir. Seuls 11,3% des diplômés restent à un niveau inférieur de revenu, contre 58,7% qui n'ont pas de diplôme.

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a écrit le 13/02/2016 à 11:53 :
Voilà ce qui précipite le onde dans le Chaos.
De pédantesques frasques , confinant à des frasques...l'incompétence est mortelle.
Diplomés ? Quels diplômés ? Quelle spécialité ? Quel niveau ? Quel équivalent selon les dernières normes ? Et les apprentis , ne sont-ils pas parfois plus compétents , en termes...d'efficacité ?
Car deux intellectuels qui parlent , iront toujours moins loin qu'un gars qui en a.
Si le PIB de la Suède n'a pas baissé , c'est parce qu'ils sacrifient leur Fonds souverain.
Le Canada est en récession depuis un an
L'Australie commence à bien ralentir.
Le Japon s'enfonce dans le chaos.
L'Allemagne ralentit.
Les USA tombent.
" Avons-nous un souci de compétence ?
" Vous " avez un souci de compétences...numériques.
Inutile de lire plus avant lorsque l'on voit s'étaler une telle ignarerie.
a écrit le 13/02/2016 à 2:38 :
Les Européens ou les diplômés ne devraient-ils juger la PERFORMANCE économique de l’Europe ? Le PIB par habitant en 2014 est publié sous celui de 2007 en Norvège, Grèce, Danemark, Belgique, Autriche, Espagne, Italie, Portugal, Pays-Bas, Angleterre, France, ce qui n’est pas le cas dans hors Europe au Chili, Corée, Thaïlande, Egypte, Inde, Suède, Suisse, Canada, Australie, Japon, Allemagne, USA avec un maximum en 2014 ? La France perdrait des parts de marché, avons-nous un souci de compétence ? Les prix des logements poseraient un souci d’investissement improductif pour les ménages à 80%, on publie que 19 millions de français souhaiteraient créer une affaire, existe-t-il des financements ou bien des barrières ? On publie qu’il y aurait une folie des banques centrales, faut-il revoir les institutions en termes de culture du résultat et l’Europe est-elle un asile ? On ferait disparaître les classes moyennes, n’est-ce pas injuste, par exemple outre-Atlantique, est-ce au bénéfice de défiscalisations ? Si on mesure la CROISSANCE n’est-on pas dans le POTENTIEL, après crise de 08-09, par rapport à la période 80-07, sans tenir comptes des baisses, selon les données numériques Banque Mondiale, n’est-il pas étrange que les crises depuis 1980 de faible croissance durent 1 à 2 ans pour un retour à une croissance forte et au plein-emploi, ne devrait-on obtenir une meilleure croissance ? Les usa font 72% entre 2010 et 2014 de la croissance moyenne annuelle de la période 1980-2007 même si on atteint les 2 points de façon stable. L’Australie, le Canada, le Japon, les USA et le Mexique font entre 80 et 07 2,89 et 2,44 ensuite, mais l’Europe si on compte 16 pays on a 2,56 avant crise et 0,56 de moyenne sur la période 10-14. L’Allemagne serait à 101%, le RU à 67% même avec 1,67 sur les 5 ans en question, la France 1,04 à 48%. Avant crise on faisait 2,17 de croissance contre 1,95 pour l’Allemagne, nous passerions en-dessous à 1,04 contre 1,96. Pour la bourse, comme l’Ibex, le CAC n’aurait pas dépassé le niveau de 2007, est-ce un souci de QE qui favoriserait les Allemands ? L’euro sert-il convenablement l’intérêt général de chacun des pays ? Sur la période 2012-2014, l’Europe n’a-t-elle pas décroché, existe-t-il une stagnation ? Ne doit-on pas en sortie de crise, établir une croissance stable et forte ce qui est le cas aux usa ? Pour l’EXPORT de produits manufacturés on aurait -17,5 en 2013 et -25,6 en 2015 sur la balance, existe-t-il une gestion par l’offre ? Des experts annonçaient 30 milliards à l’export avec la baisse de la monnaie, en 2014 on aurait 436,3 milliards et en 2015 on aurait 455,1 soit +18,73 milliards. La monnaie aurait baissé de 15,4% de 1,30 vers 1,10 pour un gain de 4,4%, y avons-nous gagné ? Pouvez-vous expliquer qu’en Angleterre pour une population équivalente, il y aurait 5 millions d’emplois de plus ? N’avons-nous pas des diplômés en sous-emploi et une croissance potentielle ? On parle d’un DECLIN, si la croissance 80-07 en France est de 2,17 contre 2,56 pour 16 pays d’Europe et 2,89 aux usa, est-ce un déclin ? Sur la période 87-99 les USA, la France et l’Allemagne font plus de croissance que d’inflation, sur la période 00-14, c’est l’inverse pour les USA et la France, peut-on expliquer cela ? L’Europe est-ce le 4ème Reich avec des Fuhreurs qui seraient des tatasTapiola anti-jeunes et anti-croissance ?
a écrit le 12/02/2016 à 22:36 :
Il y a une forme d'hyperinflation du verbe , spécifique à la France.
Ceux qui parlent beaucoup et posent autant de questions sont soit des gens qui savent peu , ou qui veulent...beaucoup , retarder l'inéluctable.
Cet inéluctable est déjà programmé. Pourtant.
Le problème de la France est le même que celui des USA...Trop de verbiage .
Le langage dénué d'action efficace confine à une douce rêverie romantique à l'ombre des jeunes filles en fleurs , au milieu d'une nature merveilleusement bisounours.
Mais , notre temps est précieux , nous qui oeuvrons ...efficacement ?
Assurément , l'ajout de cet adverbe est une offense à la bien-pensance , gardienne de traditions tout aussi inefficientes qu'éculées.
Je travaille néanmoins aux USA.
No Risk...no Gain.
a écrit le 12/02/2016 à 15:25 :
On publie qu’il existerait des emplois non pourvus, est-ce un problème de maltraitance au travail ? Par exemple, il y aurait un suicide agricole, veut-on la peau de certaines professions ? On publie que 19 millions de français voudraient créer des entreprises, existe-t-il des financements ? On publie qu’aux usa les classes moyennes disparaitraient, est-ce au bénéfice de défiscalisations, existe-t-il un dysfonctionnement économique avec un qe qui alimenterait la spéculation avec une croissance plus faible que l’ordinaire ?
a écrit le 12/02/2016 à 10:57 :
Réellement entendu en France. Les riches ont des besoins que les pauvres n ont pas, et les besoins des Riches ne cessent d augmenter proportionnellement à leur richesse.

Les Français moyens dépenses l argent dans des besoins superflus. TV Couleur, tel.portable, Voiture, Cinéma, vacance, lave vaisselles... Bon qu ils enlèvent de leur budget le superflus et ils seront plus riches.

Entendu aussi souvent de la part de Français moyens. Moi je ne suis pas jaloux des gens qui ont des milliards et qui en veulent toujours plus, car si j étais riche je ferais comme eux. On à la France et le Monde que l on mérite....
a écrit le 12/02/2016 à 10:15 :
A méditer pour ceux qui font l'apologie du systéme social et économique américain, un des plus inégalitaires au monde et qui ne perdure que grâce au conditionnement de la puissance médiatique de ses mythes.
a écrit le 11/02/2016 à 23:37 :
Donc, y'a 50 % de classe moyenne, 1 % de riches et 49 de pauvres ? Je suis actuellement aux Etats-Unis, il faudra nous expliquer où se cachent les pauvres, ils doivent bien être quelque part.
Réponse de le 12/02/2016 à 2:45 :
Je vis egalement aux USA (depuis 16 ans). Cet article anti-USA est desolant.
La France ne change pas.
Réponse de le 12/02/2016 à 10:00 :
Non.
Y'a un peu moins de 50 % de classe moyenne...Going South...qui s'enfoncent
cauz Hyper-super endettement et retraites à venir decimated.
Il y a donc plus de 49 % de pauvres , et même beaucoup de food-stamps.
Il y a des super-diplômes hyper endettés ayant des jobs déclassés....waiters , barmen , gigolos ( Rising category ).
Quand au 1 %...since yesterday , let's say 0.87 %.
Réponse de le 12/02/2016 à 10:04 :
Moi , je Travaille aux états-unis.
a écrit le 11/02/2016 à 20:02 :
il faudrait déjà définir objectivement la classe moyenne pour comparer nos deux pays en s'appuyant sur un ratio revenu/pouvoir d'achat plutôt que sur le revenu médian
a écrit le 11/02/2016 à 18:31 :
"les Américains se voient souvent comme appartenant à une société de classe moyenne"

Ah bon ? C'est justement par ce que la classe moyenne américaines s'effondre et que les américains le ressentent bien que l'on va avoir Trump contre Sanders aux présidentiels américaines...
a écrit le 11/02/2016 à 18:13 :
Cet article est de l'anti-américanisme pur et dur ! A comparer l'incomparable, on arrive à du grand n'importe quoi ! Le bac +3 aux US, kézako ? Les sociétés recherchent des gens d'expérience, même s'il est vrai qu'il est plus facile d'être embauché si on a de bons contacts. Aux U, on est dans un système horizontal, c'est-à-dire que les gens sont généralement égaux et peuvent être directeur aujourd'hui et laveur de carreaux demain. En France, le système est vertical, c'est-à-dire que directeur aujourd'hui, tes copains feront tout pour que tu conserves ce niveau, même si tu es nul, car le contraire serait mettre en danger ce système vertical. On voit bien d'ailleurs que les gens capables en France quittent le pays parce que leurs chances d'épanouissement professionnel et personnel est nettement plus élevé ailleurs, notamment aux US !!!
Réponse de le 11/02/2016 à 19:31 :
ton exemple ressemble à une évolution verticale de ruissellement vers le bas. ruissellement de riches, pas de richesses... :-)
pour Pat, le french bashing gratuit (pas étayé), c'est OK. par contre, la description d'une réalité US (dont les américains eux-mêmes se plaignent), c'est de l'anti-américanisme.
la France a un taux d'émigration bien inférieur au UK ou à la Germanie, notamment parmi les diplômés du supérieur (OCDE). le UK est le pays qui a le plus de diplômés du supérieur à l'étranger. Ramanantsoa (HEC) disait qu'il n'y pas d'exode français. la France est en fait en retard. l'émigration allemande a favorisé le rayonnement international des boîtes teutonnes.
Réponse de le 12/02/2016 à 11:47 :
Les français capables partent... et très souvent reviennent avec un CV qui leur offrent des opportunités intéressantes en France. Les expatriés français qui s'installent définitivement ne sont pas si nombreux, choc culturel oblige.
a écrit le 11/02/2016 à 17:34 :
Au total, le bas de laine des 100 patrons américains jouissant des plus importants fonds de retraites s'élève à 4,9 milliards de dollars, assez pour recevoir près de 280.000 dollars par mois "jusqu'à la fin de leur vie", ont calculé le Center for Effective Government et l'Institute for Policy Studies.
Ce montant équivaut également aux sommes épargnées pour leurs retraites par les 116 millions d'Américains les plus pauvres, estiment ces deux centres de réflexion progressistes."Ces bas de laine ne sont pas le résultat de PDG travaillant plus dur ou investissant avec plus de sagesse. Ils viennent de règles conçues délibérément pour récompenser ceux déjà en haut de l'échelle", affirme le rapport, qui y voit un nouveau signe des inégalités aux Etats-Unis.
Les jeunes salariés rencontrent ainsi les plus grandes difficultés à épargner pour leurs retraites, en raison du manque d'emplois solides et du poids "ahurissant" des dettes contractées pour leurs études, indiquent les deux groupes de réflexion.
Selon leur étude, les grands patrons américains ont vu leurs retraites gonfler à la faveur d'une disposition spéciale qui leur permet de ne pas payer d'impôts sur les sommes épargnées pour leurs vieux jours.
Aucun plafond ne leur est imposé alors que les salariés lambda âgés de plus 50 ans sont limités à 24.000 dollars par an, affirme le document.
a écrit le 11/02/2016 à 16:44 :
Études après études, le constat est toujours le même : La croissance est accaparée par les 1 % les plus riches, les autres ne font que s'appauvrir. Le mythe de la richesse des uns enrichissant les autres s'écroule. Non l'enrichissement des plus pauvres ne découlera jamais de l'enrichissement des plus riches, bien au contraire. Plus les riches sont riches, plus les pauvres sont pauvres.
Les USA de Reagan ne sont pas ceux de Roosevelt. L'un a enrichie les plus riches au détriment des plus pauvres, l'autre a fait en sorte que la croissance profite à tous.
J'aime l'Amérique de Roosevelt, pas celle de Reagan... Mais c'est pourtant celle la qui nous sert de modèle depuis plus de trente ans.
Réponse de le 11/02/2016 à 18:14 :
Oui, c'est un ruissellement qui défie les lois de la gravité.
a écrit le 11/02/2016 à 16:26 :
48 millions de pauvres aux états unis, chiffre qui s'est remis à monter sans jamais avoir réellement baissé d'ailleurs on voit donc où va la classe moyenne qui disparaît.

Il est évident que la couverture sociale plus forte en France permet de contenir un temps soit peu ce taux de pauvreté mais de part la mauvaise gestion de notre économie mondiale il est obligé que nous nous dirigions vers encore plus de pauvreté nous aussi.

Captation des richesses et des bénéfices de reprise d'activité uniquement par les plus riches, plus ces gens là entassent leurs magots dans des comptes ofshore soustrayant ainsi des milliers de milliards à la redistribution via les états, pourtant déjà très gros clients de ces gens là via ne serait ce que par les intérêts honteux de la dette, ne faisant qu'augmenter la paupérisation du monde.

Merci beaucoup pour cet article qui montre comme dès que l'on commence à être précis et rigoureux dans ses analyses et recherches, l'économie de vient de suite bien plus facile à comprendre. Si tous les journalistes économiques étaient aussi sérieux que vous il est évident que les politiciens auraient bien plus de mal à valider machinalement et bêtement les dogmes de leurs donneurs d'ordres habituels que sont les actionnaires milliardaires.

Peut-être même qu'ils se sentiraient obligés de redistribuer les richesses, d'écouter les citoyens même, allez savoir...

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