La compétitivité tricolore progresse, les parts de marchés de la France reculent

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La part des exportations françaises de biens et services dans celles de la zone euro a légèrement reculé en 2016, s'établissant à 13,4 %.
La part des exportations françaises de biens et services dans celles de la zone euro a légèrement reculé en 2016, s'établissant à 13,4 %. (Crédits : CC0 Public Domain)
Selon le bilan de la compétitivité 2016 de l'institut COE-Rexecode, la compétitivité-coût du made in France a progressé l'année dernière. Pourtant, ses parts de marché continuent de baisser.

A quoi sert la politique de l'offre ? A fragmenter la majorité ? C'est certain. Mais ce n'était pas son but premier. La création du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), les allègements de charges contenus dans le Pacte de responsabilité et la mesure de suramortissement ont surtout permis de redresser la compétitivité du made in France, dans un contexte très favorable, il est vrai.

En effet, simultanément au changement de stratégie de la part du gouvernement en 2014, l'environnement des affaires est devenu plus favorable, stimulé par la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne (BCE), le recul de l'euro face au dollar et la faiblesse des cours des matières premières, même si ces derniers ont d'ores et déjà repris le terrain cédé depuis l'été 2014,

Faible progression du coût salarial

Selon le bilan de la compétitivité réalisé par l'Institut COE-Rexecode, le coût salarial unitaire n'a augmenté en France que de 0,9 % en 2016, contre +1,3 % en moyenne dans la zone euro et +1,9 % en Allemagne. Pour la période de 2012 à 2016, les écarts observés sont bien plus marqués. En effet, le coût a progressé de 0,8 % en France contre 3,7 % en moyenne dans la zone euro et +9,1 % en Allemagne.

"L'amélioration de la compétitivité-coût a permis à la fois un début de redressement de la compétitivité-prix et un certain rétablissement des marges des entreprises françaises », observe l'Institut qui poursuit son raisonnement ainsi : "La hausse des prix à l'exportation des produits français, qui avait été supérieure de 6 points à la hausse moyenne des prix à l'exportation des produits de la zone euro entre 2000 et 2007, a fait place à une baisse de -1,4 % sur la période 2011-2016. Le prix moyen des exportations de la zone euro a baissé un peu plus que les produits français (-2,5 %) tandis que le prix moyen des exportations allemandes a, quant à lui, augmenté de +1,3 % ".

Les parts de marché ont perdu près de quatre points depuis 2000

Pourtant, en dépit de cette amélioration de la compétitivité-prix des produits fabriqués en France, les résultats pour 2016 de l'enquête exclusive de Coe-Rexecode portant sur la compétitivité des produits français varient peu d'une année sur l'autre. Comme en 2015, les importateurs européens consultés considèrent toujours les produits français comme étant trop chers.

Plus grave, la part des exportations françaises de biens et services dans celles de la zone euro a légèrement reculé en 2016, s'établissant à 13,4 %, après 13,6 % en 2015. Elle s'élevait 17 % en 2000. " Si la part de marché française était restée à son niveau de 2000, le montant des exportations de biens et services de la France serait au-dessus du niveau actuel de 170 milliards d'euros ", avance COE-Rexecode qui estime à 1.500 milliards d'euros le manque à gagner cumulé depuis quinze ans pour la France, soit près des trois quarts de son PIB annuel.

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