La Cour des comptes veut mettre l'Unedic et les chômeurs à la diète

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La Cour des comptes soulève la question de la soutenabilité du régime d'assurance-chômage " géré par les partenaires sociaux,
La Cour des comptes soulève la question de la soutenabilité du régime d'assurance-chômage " géré par les partenaires sociaux, (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Dans un rapport consulté par l'AFP, les sages de la rue Cambon suggèrent de baisser les allocations, à quelques semaines d'une renégociation des règles d'indemnisation pour rééquilibrer les comptes de l'Unedic.

Attention, comptes dans le rouge ! Selon un rapport de la Cour des comptes consulté lundi par l'AFP, la dette de l'Unedic, l'assurance chômage, menace "la soutenabilité du régime".

A combien s'élève-t-elle ? Selon l'Unedic, gestionnaire du régime, celle-ci devrait atteindre 29,4 milliards d'euros fin 2016, et même 35 milliards d'euros fin 2018.

Dans ce rapport, qui a été présenté au bureau de l'Unedic le 12 janvier, la Cour des comptes commence par rappeler les règles en vigueur, règles qui ont fait plonger ses comptes dans le rouge.

La Cour décrit un régime très généreux : un "taux de remplacement élevé par rapport aux autres pays de l'OCDE", le "plus grand nombre de chômeurs couverts", une durée maximale d'indemnisation parmi "les plus élevées" et le "montant maximal d'indemnisation (6.200 euros nets par mois) le plus élevé parmi les pays comparables".

Forte augmentation des personnes indemnisées

Les auteurs du rapport relèvent également une forte hausse du nombre de demandeurs d'emploi indemnisés (+750.000 entre 2008 et 2014) et une augmentation de l'indemnisation moyenne (+7,8 % en cinq ans). Au 31 octobre, 2,64 millions de demandeurs d'emploi percevaient l'assurance chômage, sur 6,13 millions d'inscrits à Pôle emploi en métropole.

Avec, depuis plusieurs décennies, un taux de chômage élevé (10,2 % au troisième trimestre 2015), "il n'est pas possible d'attendre de la seule reprise de la croissance la résorption de la dette de l'Unédic", selon la Cour, qui appelle les partenaires sociaux à "effectuer des choix pour garantir sa pérennité".

Réduire le niveau des indemnisations

Quelles sont ces propositions pour inverser la tendance actuelle au creusement des comptes de l'Unedic ? Du côté des dépenses, elle voit de fortes marges en agissant sur l'indemnisation. Aujourd'hui, un chômeur célibataire sans enfant touche en moyenne 70% de son ancien salaire net. "Une diminution d'un point" de ce taux "représenterait une économie de 422 millions d'euros", estime la Cour qui évoque une autre piste :  le passage de la durée maximale d'indemnisation à trois ans pour les plus de 55 ans, au lieu de 50 ans aujourd'hui, ce qui représenterait une économie de 450 millions d'euros. La Cour prévient toutefois qu'une telle mesure aurait un "coût pour les finances publiques", en entraînant une "hausse des prestations versées dans le cadre du régime de solidarité".

La Cour pointe aussi du doigt le principe "un jour cotisé = un jour indemnisé": le passage à un ratio de 0,9 jour indemnisé pour un cotisé "se traduirait par une économie de 1,2 milliard d'euros par an".

Pour augmenter les recettes, les sages de la rue Cambon formulent également des propositions. Ils notent que le taux de contributions est "inchangé depuis 2007", alors que 0,1 point de cotisation supplémentaire rapporterait "environ 500 millions d'euros". Ils rélèvent aussi le "coût élevé" du mécanisme d'activité réduite, qui permet à un allocataire de cumuler salaire et indemnités, ce qui peut "installer les salariés de certains secteurs dans la précarité".

La Cour recommande enfin "d'allonger la durée de validité des conventions d'assurance chômage" négociées par les partenaires sociaux. L'actuelle convention, qui arrive à échéance le 30 juin, n'a été conclue que pour deux ans.

La négociation de la prochaine convention débutera dans quelques semaines.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 20/01/2016 à 10:49 :
Vraiment curieux, il n'est nulle part dans les médias fait mention du régime des intermittents du spectacle.
Réponse de le 20/01/2016 à 12:54 :
Le régime des intermittents est une forme d'Ubérisation avant l'heure, contrat précaire par définition et utilisation maximal du chômage.

Malheureusement, il n'y à pas de système viable pour les artistes.

Cependant, ce qui gangrène ce système, c'est l'utilisation qu'en font le cinéma et la télévision. Elle leurs permet de ne pas embaucher, de sous payer grâce au chômage et de virer quand bon leurs semble.
a écrit le 19/01/2016 à 14:23 :
L'Insee nous signale que, pour la 1ère fois depuis des décennies, l'espérance de vie à la naissance a diminué en 2015 : -0.4 an pour les hommes, -0,3 an pour les femmes. Hollande a donc bien réussi à inverser une courbe : celle de l'espérance de vie. Pour une autre donnée, celle de l'espérance de vie en bonne santé, c'est déjà cuit et en régression depuis au moins un an. Donc, sous ce ciel socialiste, nous vivons moins vieux, et moins longtemps en bonne santé. Ça devrait arranger les régimes de retraite et de protection sociale, dont le régime Unedic, dans leur ensemble. :((
Réponse de le 19/01/2016 à 16:25 :
La baisse de l'esperance de vie aux US, c'est Hollande aussi ?
Réponse de le 19/01/2016 à 20:55 :
@la chose : précariser les conditions de vie des plus faibles n'a jamais amélioré leur santé, où que ce soit. Au moins, Obama, malgré ses défauts, a néanmoins tenté de mettre en place, par exemple, sa réforme "care", l'accès à la santé pour les plus faibles, qui n'existait pas avant. FH ne protège pas les plus fragiles, les réformes qu'il mène vont dans le sens contraire.
a écrit le 19/01/2016 à 13:23 :
Depuis quand la Cours des Comptes s'interresse t elle à la gestion d'organismes qui ne sont pas du domaine public mais du domaine privé ? La gestion de l'UNEDIC est l'affaire des partenaires sociaux pas de l'état ni des collectivités territoriales .Elle n'a qu'à aussi mettre son nez dans la gestion des entreprises et plus tard dans celle des particuliers endéttés !Il est urgent de remettre cet organisme à sa place, en premier en faisant un audit de ses propres comptes car on aimerait savoirs quels sont les frais ,avantages ,émoluments salaires et autres de ces donneurs de leçons ...........
a écrit le 19/01/2016 à 11:55 :
Les chômeurs sont bien trop indemnisés au détriment de l'entreprenariat. Les indemnité chômage devraient être limitées à 6 mois et le surplus des cotisations chômage devraient être reversés aux entreprises. On constate en effet aujourd'hui que l'effet de levier induit par le CICE a contribué largement à la reprise significative des embauches. Ce schéma pourrait donc être dupliqué avec l'excédent issu d'une réforme en profondeur des indemnités chômage qui pourrait-être reversé à l'entreprenariat. Faisons confiance aux entreprises, elles prouvent chaque jour leur efficacité à endiguer le chômage, surtout celles figurant au CAC 40...Le MEDEF l'avais dit en 2013, avec le dispositif du CICE nous créerons 1 millions d'emplois! Et il a tenu parole!
Réponse de le 19/01/2016 à 13:31 :
Excellent !
"une distance critique et une certaine ironie à l’égard des prétentions de la raison constituent un des ingrédients nécessaires du rationalisme, et peut-être la protection la plus sûre contre le risque de le voir devenir dogmatique, rigide et répressif "
a écrit le 19/01/2016 à 11:45 :
"forte hausse du nombre de demandeurs d'emploi indemnisés (+750.000 entre 2008 et 2014"

Rien dans l'article sur les seniors en particulier ceux nés en 45/55 ,qui partent de grand groupe privé depuis des années ( 1990 pour être précis)) par charette entiere avec des plans divers et variés dès 55 ans pour finir leur carrière payée par les Assedic jusqu'à leur retraite effective dont beaucoup de cadres avec des revenus à faire pâlir bon nombre d'ouvriers actifs.Un jackpot pour les employeurs qui font financer la collectivité au lieu de l'entreprise.Une population généralement très discrète sur ce sujet , on les comprends.Bizarrement, cette population est plutôt favorable dans les sondages à une augmentation de l'âge de départ en retraite pour les générations suivantes , pas de pitié.
a écrit le 19/01/2016 à 10:49 :
Quand je lis que le passage d'un ratio de "un jour cotisé = un jour indemnisé" à un ratio de 0,9 jour indemnisé pour un cotisé "se traduirait par une économie de 1,2 milliard d'euros par an".

Je me dis qu'il faudrait plutôt avoir un ratio de "deux jours cotisés = un jour indemnisé" et encore c'est un maximum.
Il faudrait donc que les gens cotisent 6 ans pour avoir 3 années pleines d'Assedic.

Travailler 6 mois et être au chômage 6 mois, ce n'est pas du tout équilibré économiquement, et c'est dévastateur pour l'équilibre du système.
a écrit le 19/01/2016 à 8:54 :
La Cour des comptes veut mettre l'assemblée et les sénateurs, députés à la diète sur leurs avantages et privilèges injustifiés (retraite spécifique, prime, cumul, budget de complaisance,...) trop couteuse pour l'état et les contribuable. Afin une bonne nouvelle !!!
a écrit le 19/01/2016 à 8:52 :
Ce qui ne fonctionne plus c'est le principe de l'assurance ("je suis indemnisé proportionnellement à mes cotisations passées"). Outre que ça charge trop le salaire (en pénalisant donc les entreprises qui recrutent), ça n'incite pas vraiment au "traval permanent". Il serait préférable d'une part de ne plus faire contribuer les CDI non flexibles au chômage en trouvant d'autres sources de financement (cotisations sur CDD, heures sup, période flexible du CDI ou encore IS) et d'autre part de garantir plutôt un "droit au travail opposable" au niveau du SMIC (quota d'heures moins élevé pour les cadres) par activation (emplois subventionnés).
a écrit le 19/01/2016 à 2:48 :
"La Cour prévient toutefois qu'une telle mesure aurait un "coût pour les finances publiques", en entraînant une "hausse des prestations versées dans le cadre du régime de solidarité"."
Quand on sait que certaines caisses départementales sont déjà a sec, voila qui me parait une idée géniale, qui de plus a de grande chance d’aboutir a une prise en charge par l'Etat des dépenses du RSA.
De la cavalerie fiscale permanente, voila la solution de la cours des comptes ! Brillant...
a écrit le 18/01/2016 à 21:45 :
Il n'entre pas dans les attributions de la cour des comptes de mener la politique économique du pays mais seulement de rendre compte de la façon dont les deniers publics sont dépensés.

Il faut quand même lire leurs rapports, qui sont bien écrits, mais depuis que Migaud est à sa tête, c'est un festival de préconisations ultralibérales et de haine antisociale. Les vieux, les chômeurs et les pauvres coutent trop cher, il y a trop de fonctionnaires , les minima sociaux sont toujours trop élevés etc etc...
Réponse de le 19/01/2016 à 10:57 :
En même temps, c'est pas faux.
Même si je pense qu'il faut s'attaquer à la fraude sociale, de l'impôt que ce soit des grands groupes ou des particuliers.

Mais il est vrai que notre modèle sociale coute trop cher...
a écrit le 18/01/2016 à 20:58 :
le peuple suggèrent de baisser les salaires des députés et des sénateurs .
a écrit le 18/01/2016 à 19:33 :
Baisser les aides aux chômeurs engendrerai une baisse des rentrée des taxes. Une baisse des rentrée des taxes engendrerait une augmentation du déficit public, donc une hausse de la dette public.

Dans le genre déshabiller Pierre pour habiller Paul, c'est plutôt bien joué! On pourrait aussi appeler ça la nationalisation des pertes.
a écrit le 18/01/2016 à 19:09 :
Si les comptes du chômage sont dans le rouge, pourquoi avoir "sanctuarisé" ce régime réputé plus dispendieux que l'ordinaire ?
a écrit le 18/01/2016 à 19:06 :
Toujours pas de volonté de lutter contre les paradis fiscaux à l'horizon donc.
Réponse de le 19/01/2016 à 14:05 :
non, les elus n'ont rien a craindre, surtout s'ils sont du bon bord... pas plus que les 9 millions de personne fraichement dispensees d'irpp par le gouvernement juste, donc de taxe d'habitation, de paiement de la cantine, ni les syndicalistes ni les regimes speciaux de secu ou de retraite, ni les intermittents du travail.
tous ces paradis fiscaux subsistent!
Réponse de le 19/01/2016 à 14:40 :
La compromission entre les politiciens et les hommes d'affaires commence à nous coûter vraiment très chère.
a écrit le 18/01/2016 à 19:00 :
Clair que les "copains" ne connaissent pas le chômage... Et pourtant, il serait intéressant de les voir bosser, juste un jour. Histoire de rire... Sinon, le fait que de plus en plus de hauts salaires se retrouvent au chômage, montre bien que la crise avance bien.
a écrit le 18/01/2016 à 18:47 :
Et la cour des comptes, à qui on a rien demandé, en rajoute une nouvelle couche. Au fait, ça gagne combien un conseiller à la Cour des Comptes. Et si on les alignait sur le SMIC ?
a écrit le 18/01/2016 à 18:22 :
6200 euros mensuel pendant 2. a 3 ans faut signer ou ,? indemnisation chomage
nom tout le monde au rsa vivement 2017
Réponse de le 19/01/2016 à 14:51 :
23.000 personnes touchent entre 3.592 et 7.184 euros. Quant à ceux qui perçoivent le maximum ils sont 1.400. Sachant que le taux de remplacement (c’est-à-dire le montant versé chaque mois rapporté à l’ancien salaire) est de 57,4 % du brut, pour toucher le plafond d’allocations, il faut en effet être payé au moins 12.516 euros (ou plus) pour se voir assujetti à cette nouvelle règle d'indemnisation.

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