La santé, un sujet fort pour les citoyens, pas pour la classe politique

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Pour 75% des Français, les questions de santé et d'assurance maladie sont " rarement " ou " jamais " évoquées lors des débats politiques et électoraux selon un sondage Odoxa publié lundi pour Orange et la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH).
Pour 75% des Français, les questions de santé et d'assurance maladie sont " rarement " ou " jamais " évoquées lors des débats politiques et électoraux selon un sondage Odoxa publié lundi pour Orange et la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH). (Crédits : Décideurs en région)
Selon un sondage publié ce lundi 7 mars, les Français s'inquiètent du silence des responsables politiques candidats à la prochaine élection présidentielle sur les questions de santé. Ce n'est pas la première fois. Pour l'instant, ce sujet n'a pas été abordé, en dépit des incertitudes pesant sur l'avenir du système de santé tricolore.

A un peu plus d'un an des prochaines élections présidentielles, quelques prétendants commencent à présenter leur programme. C'est surtout le cas à droite.
Nicolas Sarkozy, son ancien Premier ministre François Fillon, Alain Juppé, Hervé Mariton sont déjà en ordre de bataille pour espérer remporter les primaires. A gauche, la majorité est suspendue à la décision de François Hollande de se représenter. Certains souhaitent une primaire. A gauche de la gauche, seul Jean-Luc Mélenchon a déjà fait acte de candidature. Mais son programme reste à découvrir.

Quelles sont les préoccupations des Français ?

En attendant que les prétendants se dévoilent, ou qu'ils soient désignés, un sondage publié ce lundi indique ce que les Français attendent d'eux. Le retour de l'Etat de droit, d'un Etat fort, sujet sur lequel Alain Juppé s'est pour l'instant contenté - avec l'éducation - de plancher ? La sortie de la zone euro ? La réforme des accords de Schengen ? Le durcissement des lois concernant les immigrés ? Pour l'instant, les candidats se brident. Leurs considérations se limitent le plus souvent à des sujets de société, très larges et le plus souvent consensuels.

Ils s'abstiennent d'entrer dans les détails, notamment dans le domaine économique, à l'exception du député très libéral de la Drôme, Hervé Mariton qui a formulé plusieurs propositions dans le domaine fiscal. Il est notamment favorable à la mise en place d'un impôt progressif pour tous, communément appelée « flat tax ». Il souhaite également favorable à une privatisation partielle ou totale d'un certain nombre de services publics.

Quant à Nicolas Sarkozy, l'ancien chef de l'Etat, qui a ébauché une première esquisse de programme politique dans son dernier ouvrage, il se contente surtout d'ouvrir des chantiers qu'il n'a pas ouvert, ou qu'il n'a pas pu/voulu achever lors de son quinquennat.

Or, les réponses des personnes interrogées sont plus terre à terre. Elles portent sur des sujets qui les concernent directement, en particulier la santé. Pour 75% des Français, les questions de santé et d'assurance maladie sont " rarement " ou " jamais " évoquées lors des débats politiques et électoraux selon un sondage Odoxa publié lundi pour Orange et la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH). Questionnés sur le parti politique qui "semble le mieux prendre en compte les questions de santé", 25% des sondés citent le Parti socialiste, 17% Les Républicains et 15% le Front national. Europe Ecologie Les Verts (EELV) arrive en 4e position (14%), devant le Front de gauche (13%) et l'UDI (10%).

Remboursement et coût des soins, priorité de 42% des Français

Pour 42% des Français interrogés, la protection maladie, c'est à dire le remboursement et le coût des soins, est la préoccupation prioritaire, à quasi-égalité avec les difficultés d'accès aux soins (40%) et avant les actions à mener en matière de politiques de santé publique (17%). Autre enseignement de cette enquête, 63% disent avoir rencontré des difficultés pour obtenir un rendez-vous chez un médecin spécialiste, 23% chez un médecin généraliste, alors que 40% ont eu des difficultés pour payer les sommes qui ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale et/ou les complémentaires santé.

Une autre enquête récente témoigne du rôle que les citoyens souhaitent voir jouer à l'Etat. Face à la montée de la dépendance, liée au vieillissement de la population, 60% des personnes interrogées estiment que c'est d'abord à l'Etat et aux pouvoirs publics de prendre en charge financièrement les personnes âgées dépendantes selon le baromètre d'opinion de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) dépendant du ministère des Affaires sociales et de la Santé.

La santé, une préoccupation sous-estimée par les politiques

Fait intéressant, un sondage Louis Harris, réalisé pour la Mutualité Française publié début février... 2012 indiquait que la santé représentait la troisième préoccupation des Français, juste derrière l'emploi et le pouvoir d'achat, devant l'éducation et le logement. Selon l'institut, 75% des personnes interrogées alors considéraient que les candidats à l'Elysée sous-estimaient son importance...

Tous ces résultats, passés et présents, sont donc de nature à alimenter la réflexion des prétendants. Corrigeront-ils le tir ? Ce serait logique. La société française subit de profondes mutations. En effet, la montée en puissance du travail indépendant et de la précarité modifie les équilibres qui sous-tendent le modèle de protection sociale tricolore bâti en 1945, modèle déjà fragilisé par la montée du chômage et par sa situation déficitaire chronique.

Menace bien réelle sur la Sécurité sociale

Si les objectifs de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2016 sont atteints, la Sécu affichera un déficit de 6 milliards d'euros cette année. Un retour à l'excédent du régime général, hors Fonds de solidarité vieillesse (FSV),  n'est pas attendu avant 2019, à condition que la  croissance reparte... Si les tendances actuelles se prolongent, l'avenir financier de la Sécurité sociale, et en particulier de sa branche maladie, est clairement menacé. Conscients de ces risques, les Français sont donc inquiets. Et les responsables politiques ?

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a écrit le 09/03/2016 à 21:47 :
Si tu est a la cmu tu ne paye riant en général pour les immigrés pour en richir la France si tu est francaises tu paye pour les immigrés sécu logement gaz impôt et plus ?
a écrit le 09/03/2016 à 15:26 :
Et ça n'est certainement pas les mutuelles obligatoires qui vont arranger les choses, au contraire, elles ont dégradées les remboursements, en temps que pharmacien nous sommes bien placés pour nous en rendre compte.
a écrit le 09/03/2016 à 13:50 :
"63% disent avoir rencontré des difficultés pour obtenir un rendez-vous chez un médecin spécialiste"

Alors imaginez un dentiste à Chateau-chinon , surtout en ce moment.
a écrit le 09/03/2016 à 9:43 :
Excellent article merci beaucoup.

Logique qu'ils se taisent puisqu'ils privilégient la défiscalisation massive des plus riches et des multinationales sur la santé des gens, forcément c'est difficile à avouer, c'est pas vraiment rassembleur comme pensée politicienne.

C'est pour cela que je remarquais sur l'article concernant les emplois créent aux états unis dans le domaine de la santé et du social, premier recruteur, que peut-être cela n'était pas une si bonne nouvelle que cela.

Les décideurs économiques et politiques serrant la ceinture en général à la santé et au social afin que les riches deviennent toujours plus riches, quand ils doivent embaucher dans ces domaines là, obligatoire parce que nous n'en sommes pas tout à fait encore à laisser crever les gens, ça se verrait quand même, c'est dans l'urgence pour parer à des dégâts humains immédiats seulement engendrés par notre système économique inhumain.
a écrit le 09/03/2016 à 7:35 :

Deux solutions parmi d'autres pour renflouer les caisses de la sécu, demander arbitrairement a l'Algérie de nous rembourser les 3 milliards qu'ils nous doivent pour tous leurs ressortissants soignés à l'œil par l'état Français, et arrêtez le remboursement de l'IVG. La société Française n'est pas responsable de la manière dont des femmes font usage de leur sexualité...
Réponse de le 09/03/2016 à 8:47 :
Temps que vous y êtes vous pouvez aussi dire que" la société française n'est pas responsable de la manière" dont certains abusent du tabac, de l'alcool de la vitesse en voiture , des accidents de sport etc.... toutes choses qui coûtent des fortunes à la sécu .
Et en suivant votre logique pourquoi dépenser des fortunes pour des patients que l'on sait condamnés ou trop âgés ....La légalisation de l'euthanasie serait moins conteuse à la collectivité ..n'est ce pas ? .
Réponse de le 09/03/2016 à 12:10 :
Et pourquoi pas pour l'alcool la cloque la vitesse... Et vous vous abusez de rien ?
Réponse de le 09/03/2016 à 12:30 :
Cher Monsieur, notre système de santé est censé protéger la vie, non à encourager à la détruire. Le planning familiale considère sur son site que l'IVG est assimilable à un moyen de contraception. Une femme confrontée à une IVG ne pourra même plus aller voir un psychologue pour faire son choix de garder l'enfant ou non, cela lui est interdit par la loi, c'est un meurtre programmé, voir un génocide de 200.000 bambins par an imposé par l'état.
Réponse de le 09/03/2016 à 14:56 :
"dont les femmes font usage de leur sexualité" à l'évidence le monsieur ignore que pour qu'une femme se fasse avorter il faut qu'elle soit enceinte et que pour cela il faut aussi un homme !!!! et que la contraception concerne le couple et pas uniquement la femme !!!
Une cure de désintoxication pour alcoolo coûte 5 à 6 fois plus cher à la collectivité qu'un avortement ...et ne parlons pas du coût du traitement d'un cancer du poumon du rappelons le au tabac dans 90% des cas !!!
Réponse de le 09/03/2016 à 15:10 :
Seul les mesures issues du résultat de la calculette prévales.
Résultat des courses, un coût assurance de plus en plus élevé pour les ménages et réduction d'accès aux soins pour les plus fragiles.
Le système solidaire est menacé.Les français ont des raisons de s'inquiéter.
Pour le politique , sortir le coût de l’assurance maladie du budget pour en réduire le déficit peût être l'objectif final.Seul solution pour certain :la privatisation.Qu'en sera t-il alors de l'égalité de l'accès au soin?
Oui mes concitoyens ont raison d'être inquiet.
Réponse de le 09/03/2016 à 19:35 :
He oui il faut être deux pour la sexualité ! Donc ni l'homme ni la femme ne se sent responsable ! Et pourtant il y a pléthore de moyens de contraception non ?
a écrit le 09/03/2016 à 7:34 :

Deux solutions parmi d'autres pour renflouer les caisses de la sécu, demander arbitrairement a l'Algérie de nous rembourser les 3 milliards qu'ils nous doivent pour tous leurs ressortissants soignés à l'œil par l'état Français, et arrêtez le remboursement de l'IVG. La société Française n'est pas responsable de la manière dont des femmes font usage de leur sexualité...

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