Les mathématiques au secours de l’économie française ?

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Les mathématiques, source de compétitivité ?
Les mathématiques, source de compétitivité ? (Crédits : Reuters)
Une étude réalisée pour l’ensemble des acteurs de l’écosystème mathématique fait un point sur l’impact socio-économique de la discipline. Selon ses calculs, la valeur ajoutée par les mathématiques en France représente 285 milliards d’euros, soit 15% du PIB. Une proportion qui pourrait être plus élevée.

Eureka ! On connait désormais l'impact social et économique des mathématiques. Selon une étude réalisée par le cabinet CMI de conseil en stratégie et commandée par la plupart des acteurs de l'écosystème des mathématiques en France - dont l'Agence pour les mathématiques en interaction avec l'entreprise et la société (AMIES) et la Fondation Sciences mathématiques de Paris (FSMP) -, la valeur ajoutée apportée par les mathématiques en France représente 285 milliards d'euros, soit 15% de la valeur ajoutée française. Le nombre d'emplois impactés directement par les mathématiques s'élève à 2,4 millions, soit 9% du nombre total d'emplois en 2012, tous secteurs d'activités confondus.

Ces résultats sont similaires à ceux de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas où les mathématiques représentent respectivement 16% du PIB et 10% des emplois, et 13% du PIB et 11% des emplois.

A quoi servent les mathématiques ?

Selon Nicolas Kandel, vice-président du cabinet CMI, les mathématiques avancées sont primordiales pour le développement des technologies clés reconnues comme telles en tant que leviers stratégiques pour la compétitivité des entreprises. " Ainsi, sur les 85 technologies répertoriées, 37 voient leurs progrès conditionnés de façon significative par des avancées dans le domaine mathématique, contribuant de fait à la compétitivité française ".

Les élèves qui se morfondaient, se morfondent et se morfondront lors des cours de mathématiques ont donc la réponse à la lancinante question : à quoi servent les mathématiques ?

Compte tenu de l'excellence française dans cette discipline - avec 13 médailles Fields, la France, au deuxième rang mondial parmi les nations représentées dans ce classement, talonne les Etats-Unis -, leur impact pourrait être bien plus élevé.

Cédric Villani, mathématicien, médaille Fields en 2010, en est convaincu. " L'impression, le sentiment des citoyens vis-à-vis de cette discipline a changé. Le public retrouve une certaine fascination pour les mathématiques, portée par l'émergence de deux technologies, les smartphones et la recherche de type Google qui n'auraient pas pu voir le jour sans elles ", explique-t-il.

Former davantage de mathématiciens

Mais de nombreux chantiers doivent être poursuivis. Le mathématicien évoque notamment la nécessité de renforcer les liens entre les mathématiques pures et les mathématiques appliquées, entre les mathématiciens et les entreprises. " La situation évolue favorablement puisque l'on évoque aujourd'hui un continuum entre la science pure et la science appliquée, trop longtemps, et assez inexplicablement cloisonnées ", poursuit Cédric Villani.

Le rapport appelle également à une prise de conscience des chefs d'entreprises, notamment des dirigeants de PME, les grands groupes étant pour la plupart déjà sensibilisés aux attraits de la discipline. " Les mathématiciens, forts de leur capacité d'abstraction, apportent un regard neuf sur des problématiques industrielles. Modélisations et puissance de calculs sont des atouts pour l'industrie et des accélérateurs de performance, notamment pour la minimisation des coûts, l'amélioration des temps de réaction, la démultiplication des tests clients l'optimisation de l'utilisation des données, l'accroissement du pouvoir de prévision ", explique ses auteurs.

L'université a également plusieurs chantiers à ouvrir : améliorer la lisibilité, jugée trop faible par le rapport, du dispositif d'enseignement supérieur et de recherche et renforcer l'attractivité des carrières en entreprises pour les docteurs. Le rapport suggère également de multiplier les initiatives de soutien en expertise mathématiques à renforcer pour les PME.

Actuellement, les mathématiques regroupent 4.000 enseignants-chercheurs et forment 500 docteurs par an. Les étudiants en master et en doctorat représentent respectivement 2,1% et 2,9% des effectifs totaux. Sont-ils assez nombreux ? L'étude insiste sur les besoins croissants des entreprises en mathématiciens, ou en personnels rompus à cette discipline, sans pouvoir toutefois les évaluer avec précision.

" C'est en cherchant à corriger ces points de faiblesse que l'excellence scientifique française en mathématiques pourra véritablement constituer un avantage concurrentiel pour notre économie ", avance Julie Koeltz, directrice associée au cabinet CMI.

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Commentaires
a écrit le 30/05/2015 à 10:33 :
Merci à M Villani de défendre aussi, au quotidien, la physique chimie et les SvT dont les connaissances, les concepts... sont des apports importants à la culture, à l'économie... et enrichissent la mathématique, l'histoire géographie...
a écrit le 30/05/2015 à 9:50 :
Etonnant cet article...et si on mesurait la part du langage dans le PIB ? Peut être qu'après tout on redécouvre après 30 ans de destruction de notre appareil productif qu'il peut être utile de conserver en France nos chercheurs, nos ingénieurs et techniciens...Certes les mathématiques sont utilisés à l'état natif dans la finance ou le big data, mais ils sont utilisés en physique et en chimie et toute l'industrie depuis deux siècles a utilisé la physique ou la chimie. Savez-vous qu' agriculteur est l'une des professions exploitant le plus les mathématiques ? Alors pour les réformes du collège parlons-en avant selon moi l'enseignement des autres langues que l'anglais ou les débats sans fin sur le contenu des programmes d'histoire...
a écrit le 29/05/2015 à 22:51 :
Les valeurs affichées ne font pas rêver.*
a écrit le 29/05/2015 à 22:48 :
Des statisticiens qui survalorisent les mathématiques, entre amis... Mais sachant que le sondage prend en compte des personnes ayant une formation en maths, ou utilisant les maths ou des outils mathématiques (bref dès qu'on utilise des chiffres...ça ratisse large), au final les valeurs affichées ne font pas rêvées. C'est de la COM. L’honnêteté serait qu'ils reconnaissent participer à un travail COLLECTIF et que les autres disciplines scientifiques sont aussi indispensables; ça, ce serait extraordinaire et mériterait toute la visibilité médiatique bien orchestrée que fait ce sondage. Objectifs avouables ?
Réponse de le 30/05/2015 à 9:54 :
Les mathématiques sont le langage des disciplines scientifiques donc c'est absurde de les isoler
Réponse de le 31/05/2015 à 16:58 :
Qui a parlé d'isoler les mathématiques ??
Un des aspects de mon commentaire aborde l'outrecuidante dont font preuve certains "matheux" vis-à-vis des autres disciplines supposées de moindre valeur que la leur. Le respect commence par laisser vivre les autres disciplines et reconnaitre leurs qualités intrinsèques.
Juste avec les mathématiques, le smartphone n'existe pas !
Collectif, Collectif avec les autres disciplines scientifiques...
a écrit le 29/05/2015 à 18:08 :
Encore le même genre d'étude bâtie sur du vent que l'on nous sort régulièrement...
Réponse de le 30/05/2015 à 13:32 :
Il y a plus de vent dans ton commentaire que dans l'article.

Pour en revenir à l'article, la question des élèves n'est pas "à quoi servent les mathématiques" mais plutôt "à quoi me serviront les mathématiques ?"
Et l'étude du cabinet CMI, aussi intéressante soit-elle, ne répond pas cette - vraie - question !
a écrit le 29/05/2015 à 13:58 :
Que les 10% de gens doués en Math soient confortés dans leur voie , très bien ? Mais faire "bouffer" des Equations aux autres 90% pendant toute la première scolarité , quel gâchis !!
Laissez les développer leurs propres talents dans la voie qu'ils auront choisie, et le PIB s'en portera sans doute mieux !
PS Et je suis un matheux ...
Réponse de le 30/05/2015 à 0:10 :
En effet, chacun devrait pouvoir développer ses capacités en dehors des maths.
Ce qui en France semble mission impossible.
Réponse de le 30/05/2015 à 9:59 :
Non. Pas plus en dehors des maths qu'en dehors du français ou de l'anglais. Dans ces trois disciplines un socle est incontournable pour tout le monde. Et si certains enfants ont des difficultés sur ce socle il faut utiliser le reste de l'emploi du temps pour les mettre à niveau si nécessaire au détriment des autres matières.
Réponse de le 30/05/2015 à 15:18 :
Je ne suis pas d'accord. En modifiant le contexte et l'approche, on peut faire évoluer positivement un élève sur les compétences du socle de français, mathématique ou de l'anglais tout en étant pas enseignants dans ces disciplines. Au collège, c'est en travaillant avec les outils que l'on finit par les comprendre et les maitriser : rédiger en histoire géographie, modéliser en physique chimie, décrire en arts plastiques...
PS : Les EPI ne me semblent pas une bonne idée au collège.
a écrit le 29/05/2015 à 12:14 :
Et pourquoi pas l'arithmétique plutôt que les algorithmes ? Croire que les maths font de la valeur ajoutée n'est ce pas un peu réducteur ? L'Intelligence aplliqué crée de la valeur ajoutée, les maths en sont un exemple, mais pas le seul et heureusement.
Les RAFALE sont des réalisation technologiques ou le calcul eet la science mathénatique est trés concentrée, mais un grand vin de Bourgogne, ou un Pétrus sont un condensé de terroir ou la mathématique n'est pas tant ce aui prédomine, mais bien le Terroir, notre France:

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