"Les pôles de compétitivité et les régions doivent dessiner l’industrie du futur"

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Jean-Luc Beylat, le président de l'Association française des pôles de compétitivité (AFPC) qui fédère 57 des 69 pôles explique les enjeux actuels.
Jean-Luc Beylat, le président de l'Association française des pôles de compétitivité (AFPC) qui fédère 57 des 69 pôles explique les enjeux actuels. (Crédits : DR)
Ce vendredi, à Bercy, les Pôles de compétitivité soufflent leurs dix bougies, avec un an de retard. Dans un entretien accordé à La Tribune, Jean-Luc Beylat, le président de l'Association française des pôles de compétitivité (AFPC) qui fédère 57 des 69 pôles explique les enjeux actuels. Et futurs.

La Tribune - Les pôles de compétitivité ont été créés en 2005. Plus d'une décennie plus tard, quels enseignements tirez-vous de cette expérience ?

Jean-Luc Beylat - Les pôles de compétitivité ont permis la mise en commun du savoir-faire des grands groupes, des acteurs de la recherche publique et des PME les plus innovantes. Selon les calculs de l'AFPC, ils ont fédéré depuis 2005 9.000 PME, soit plus de 50% des entreprises innovantes françaises, 100% des entreprises du CAC 40 et 100% des structures publiques de recherche. Après les deux premières phases, qui se sont concentrées sur la recherche et le développement, l'étape actuelle consiste à renforcer les retombées économiques de leurs actions.

Le 4 janvier, Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie a annoncé en Conseil des ministres le rapprochement prochain des pôles de compétitivité et du programme de la Nouvelle France industrielle (NFI). Quel est l'agenda ?

Selon nos informations, la finalisation de ce rapprochement aura lieu fin juin.

Comment peut s'articuler ce rapprochement ?

L'idée de départ était d'associer chaque pôle à une des neuf solutions de la Nouvelle France Industrielle. Aujourd'hui, l'idée semble plutôt d'associer plusieurs pôles fédérés en inter-pôles à chacune des solutions de la NFI, voire d'élargir à d'autres politiques publiques telles que l'agriculture ou la défense. Car la politique des pôles est interministérielle.

Quel sera le rôle des 13 grandes régions instituée par la loi NOTRe ?

Nous partons sur une nouvelle base avec la Loi NOTRe. A l'AFPC, nous avons une certitude, les régions ont un rôle clé à jouer dans le développement des pôles de compétitivité et donc pour dessiner l'industrie du futur. Il faut simplement trouver la meilleure façon de coordonner ensemble nos besoins et nos ambitions.

Ne craignez-vous vous une emprise des régions ?

Au-delà des ressources financières accordées par la puissance publique, les pôles se sont développés de façon totalement autonomes, de façon collégiale. Il faut en avoir conscience. Les relations inter-pôles doivent également être pilotées par les acteurs de terrain. En revanche, les pôles de compétitivité doivent pouvoir profiter des dynamismes régionaux.

Quel doit être le rôle de l'Etat ?

Il est essentiel. C'est à lui que revient la tâche de structurer les écosystèmes innovants. Pour être plus fort, les pôles de compétitivité, qui sont un acteur essentiel de la modernisation de notre économie, doivent pouvoir compter sur un trio Etat-Régions-Europe solide. C'est le cas en Allemagne où les entreprises bénéficient du soutien appuyé de l'Etat fédéral, des Länders et de Bruxelles.

Justement, les pôles de compétitivité bénéficient-ils réellement du soutien de l'Union européenne ?

Pas assez.

Pour quelles raisons ?

La stratégie tricolore de soutien à l'innovation n'est pas assez visible à Bruxelles. Résultat, les projets portés notamment par les pôles de compétitivités ont du mal à s'insérer dans les programmes européens. Présente à Bruxelles, l'AFPC tente de corriger le tir.

Les pôles de compétitivité sont actuellement audités par trois cabinets indépendants. Des pôles peuvent-ils être délabellisés, et perdre de facto le soutien financier de l'Etat ?

Non, car il s'agit d'une évaluation à mi-parcours des contrats de performance 2013-2018, qui vise à s'assurer que les pôles sont sur la bonne voie pour atteindre leurs objectifs. .

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a écrit le 05/03/2016 à 13:30 :
Je vais aller bientôt à une réunion d'un pole de compétitivité , je m'attends à trouvez des personnes bien éduquées et bien élevées , mais qui n'ont aucun pouvoir et vont encore nous donner des conseils pour n'aboutir à rien.
S'il vous plait changer de mode de travail rentrez dans la bataille , mouillez vous et passez par dessus bord les producteurs de document de présentations et de communication qui n'aboutissent à rien.Secouez la BPI qui ne finance que les Aparatick et dont un bon nombre de collaborateurs ignorent ce que veut dire innovation.
Soyez EFFICACE et arrêtez de nous faire remplir des dossiers pour justifier votre travail.
Sans rancune , mais je suis triste pour notre pays.
a écrit le 04/03/2016 à 17:34 :
Après avoir subventionné les délocalisations, les régions vont de nouveau financer "le développement" de société privées avec l'argent publique. Activité des régions : créer des chômeurs par les délocalisations, financer les chômeurs et leur formation, puis financer le développement des entreprises en engraissant les actionnaires eu passage, en enfin financer le retour au travail des chômeurs. Même les shadoks n'auraient pas fait mieux...
a écrit le 04/03/2016 à 15:13 :
Après 10 ans, on pourrait attendre un bilan chiffré sur les résultats obtenus, quelques exemples concrets de réussite (ou d'échec), de brevets déposés, de produits lancés, mais l'article ne contient que des informations sur les relations entre les pôles de compétitivité, la "nouvelle France industrielle", les régions, l'état, Bruxelles, bref sur des structures publiques. L'industrie est la grande absente de ce bilan, qui n'est consacré qu'à des chamailleries de fonctionnaires.
a écrit le 04/03/2016 à 14:13 :
Combien de milliards d’€ d’argent public dépensé depuis 10 ans pour combien d’emplois nouveaux créés à l’issue de ces projets collaboratifs?
Je serais curieux de connaitre la méthodologie des cabinets d’audit indépendants pour mesurer l’efficacité et l’efficience de ce dispositif sur l'emploi et plus généralement sur la création de richesse…

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