Logement neuf : quand les mesures du gouvernement fonctionnent

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Le nouveau PTZ dans le neuf fonctionne très bien.
Le nouveau PTZ dans le neuf fonctionne très bien. (Crédits : REUTERS/Gonzalo Fuentes)
L'année s'annonce très bonne pour les ventes de logements neufs grâce notamment aux mesures prises récemment par le gouvernement. Dans ce secteur, la crise semble désormais bien loin.

Alors que la crise imposait encore récemment aux entreprises du bâtiment de réduire massivement leurs effectifs, elles devraient voir leur activité se redresser dans les prochains mois. Les ventes de logements neufs sont en en effet en plein boom en cette année 2016 : au deuxième trimestre, 33.100 logements neufs ont encore été réservés, soit 18,7 % de plus qu'au deuxième trimestre 2015, selon les chiffres ministériels. Plus globalement, sur le premier semestre, les seuls promoteurs immobiliers ont vu leurs ventes croître de 22,7 %.

« Les résultats de la commercialisation de logements attestent de la dynamique d'ensemble du secteur du logement, et augurent de la poursuite dans les mois à venir de la reprise de la construction, en termes d'autorisations de logements comme de mises en chantier », se réjouit-on au ministère du logement. « Cette bonne santé d'ensemble entraîne une réduction du délai moyen d'écoulement d'un appartement par rapport à l'an passé, de 3,8 à 3,1 trimestres », a par ailleurs indiqué le gouvernement.

Signes positifs pour l'activité et l'emploi

Alors que 2013 et 2014 furent des années noires pour le secteur de la construction de logements, la reprise est donc désormais belle et bien présente. Une bonne nouvelle pour le gouvernement qui a besoin que le secteur du bâtiment, très pourvoyeur d'emplois, soit en plein boom pour affronter les échéances électorales de 2017. « Ces résultats de commercialisation qui continuent de s'améliorer sont un signe très positif pour l'activité et pour l'emploi dans les mois à venir, car les ventes d'aujourd'hui sont les permis et les mises en chantiers de demain », confirme la ministre du logement Emmanuelle Cosse.

Le gouvernement n'est, du reste, pas étranger à cette reprise. Force est de constater qu'il a mis en œuvre des réformes qui portent leurs fruits aujourd'hui. Concrètement, il a dans un premier temps fait revenir les investisseurs particuliers grâce au dispositif Pinel, mis en place fin 2014, qui donne la possibilité aux investisseurs de louer à leurs ascendants et à leurs descendants sur des durées modulables (6,9, 12 ans) tout en bénéficiant d'un avantage fiscal.

Les taux toujours bas

Et dans un second temps, pour soutenir les achats des ménages primo-accédant, le gouvernement a élargi début 2016 le périmètre du prêt à taux zéro dans l'immobilier neuf. Ainsi, les deux moteurs du marché du neuf (investisseurs et ménages accédant) ont progressé au même rythme : les ventes des promoteurs immobiliers aux ménages accédant à la propriété ont augmenté de 23,8 % au premier semestre 2016, et celles réalisées par les investisseurs locatifs, de 20,6 %.

Mais si la demande de logements neufs est aussi sensible à ces mesures gouvernementales, c'est en premier lieu parce que les taux d'intérêt nominaux de crédits immobiliers restent extrêmement bas. « L'activité se renforce (...) grâce à des taux de crédit immobilier qui n'en finissent pas de rester bas et ont un vrai effet de levier », a confirmé à l'AFP la présidente de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI) Alexandra François-Cuxac. Or, la baisse des taux d'emprunt enregistrée depuis 2011 « équivaut à une baisse des prix de vente de l'ordre de 23 % », a-t-elle ajouté.

28.000 logements bloqués

Par ailleurs, les mises en vente de logements par des promoteurs progressent de 16,9 % au deuxième trimestre sur un an, soit un rythme moins rapide que celui de leurs ventes. Une situation qui inquiète les promoteurs. C'est en effet l'une de leurs principales craintes : que leurs mises en vente ne suivent pas la hausse de leur vente, et donc que leurs stocks se réduisent, asséchant l'offre de logements et provoquant une nouvelle hausse des prix.

Pour remédier à cette situation, les promoteurs demandent plus de terrains constructibles, soit concrètement que le gouvernement « relance un train de mesures pour alléger normes et réglementations » ; mais aussi des mesures pour combattre davantage les recours abusifs contre les permis de construire - 28.000 constructions de logements seraient toujours bloquées à cause de recours de riverains. Ils ont enfin réitéré une de leur vieille demande qui devrait s'appliquer : la concrétisation dans la loi de finances de l'extension de la TVA à 5,5 % dans une zone allant jusqu'à 500 mètres au-delà des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), comme annoncé par le président de la République en avril.

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Commentaires
a écrit le 02/09/2016 à 8:22 :
Ce sont essentiellement le niveau des taux d emprunt très bas et l absence de placement alternatif interessant qui boostent l achat immobilier. Le titre est trompeur.
a écrit le 02/09/2016 à 8:17 :
IL n y a quand meme pas de quoi faire cocorico. Le secteur va bien car il est sous perfusion d argent public (PTZ, Pinel) et qu il beneficie d un conjoncture exceptionnelle (taux negatif qui ne vont pas durer). le retour a la normal va etre sanglant car aux prix actuels il n y a quasiment plus d acheteurs sans carote fiscale (les jeunes n ont soit pas les moyens soit sont parti a l etranger pour trouver un travail decement payé). Quand le papy boom actuel va se transformer en Alzheimer boom et donc declencher des ventes en masse (pour payer la maison de retraite a moins que les boomer arrivent a faire passer l addition a leurs enfants/petit enfants) le chateua de carte va s effondrer
Réponse de le 02/09/2016 à 21:31 :
Je me considère désormais dans les papyboomers puisque né en1954. Il faut savoir que j'ai déjà la charge de ma mère (participation financière) car celle-ci se trouve en ehpad qu'elle ne peut financer en totalité, ainsi votre remarque est déjà vraie et m'empêche d 'envisager un quelconque placement immobilier. Il est possible que dans les prochaines décennies cela puisse glisser vers les petits-enfants avec toutes les conséquences désastreuses pour eux-mêmes.
a écrit le 01/09/2016 à 21:31 :
Il suffit de lire un article comme celui-ci (et encore est-il particulièrement discret sur nombre de paramètres) pour comprendre qu'il ne s'agit plus d'un marché mais d'une organisation totalement sous tutelle et influence.

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