Loi El Khomri : la CGT veut créer une intersyndicale

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Philippe Martinez veut mobiliser l'ensemble des syndicats contre la loi Travail.
Philippe Martinez veut mobiliser l'ensemble des syndicats contre la loi Travail. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Création d'une intersyndicale, soutien très réservé de ministres, pétition en ligne qui a reçu plus de 200.000 signatures... Le projet de loi El Khomri réformant le code du travail soulève de nombreux remous.

Le gouvernement va avoir le plus grand mal à convaincre sa majorité et plus encore sa base militante d'adhérer au projet de loi sur le travail présenté la semaine dernière par la ministre du Travail Myriam El Khomry. Des syndicats aux députés, en passant par le Parti socialiste jusqu'aux membres même du gouvernement, l'opposition à la loi Travail se fait entendre. Les syndicats ont décidé de s'organiser autour d'une intersyndicale pour faire entendre leur opposition d'une seule voix.

9 syndicats invités

La CGT a invité neuf syndicats à former une intersyndicale, afin d'échanger sur "l'analyse de la situation sociale, économique et politique" de la France, indique une lettre d'invitation dont l'AFP a obtenu copie lundi.

La FSU, FO, Solidaires, la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, l'Unsa, l'Unef et l'UNL (lycéens) sont conviées mardi à 18H00 dans les locaux de la CGT, à Montreuil.

"Afin d'échanger sur l'analyse de la situation sociale, économique et politique, puis d'évaluer les champs d'éventuelles actions et initiatives communes, nous vous proposons une rencontre intersyndicale", est-il indiqué dans l'invitation, envoyée aux numéros un des neuf syndicats.

Interrogées par l'AFP, FO,la CFDT, l'Unsa et la CFE-CGC ont d'ores et déjà indiqué qu'elles s'y rendraient. La CFTC doit décider dans l'après-midi. Les intersyndicales se sont faites rares ces dernières années.

FO avait fait une tentative début 2015, pour décider d'une action commune, voire d'une grève, contre la politique d'"austérité". Mais son numéro un, Jean-Claude Mailly, n'avait réussi à réunir que les syndicats contestataires (CGT, Solidaires et FSU). Les réformistes (CFDT, CFTC, CFE-CGC et Unsa) avaient refusé.

Grand succès d'une pétition en ligne

L'opposition au texte se fait également ressentir sur Internet. Dans la matinée de lundi, une pétition en ligne lancée à l'appel de militants associatifs, dont la féministe Caroline de Haas, et des syndicalistes (CGT, CFE-CGC, Unsa, Jeunesse ouvrière chrétienne...) affichait plus de 200.000 signatures.

Intitulée "loi Travail: non merci !", cette pétition commente les différentes mesures du projet de loi qui doit être présenté en conseil des ministres le 9 mars, et propose "d'interpeller le président de la République, le Premier ministre ou la ministre du Travail sur les réseaux sociaux".

"Une erreur de communication" pour Rebsamen

Interrogé sur Europe 1, François Rebsamen, ancien ministre du Travail et maire de Dijon, a estimé lundi  qu'il "y a sûrement eu une erreur de communication. Quand on annonce que ce texte si nécessaire sera voté par 49-3, on fait peser a priori une suspicion sur le fond".

"Je pense qu'il y a une erreur de vouloir redéfinir ce qu'on appelle le licenciement économique, la nouvelle définition ne peut pas être celle qui est proposée dans le texte. Deuxièmement, je suis opposé à la baisse de la rémunération des heures supplémentaires. Ces deux points doivent à mon avis être travaillés en amont."

>> Aller plus loin L'article "49-3" de la Constitution c'est quoi ?

Le président de la République François Hollande a déclaré dimanche qu'il préférerait que la très contestée réforme du code travail, présentée le 9 mars en Conseil des ministres, soit adoptée sans recours au 49-3. C'est à dire en trouvant une majorité au parlement.

Le ministère du Travail réplique

Face à cette fronde, le ministère du travail a procédé à une inhabituelle opération de communication. Sur son site internet, il a élaboré une page qui énumère toutes les questions et idées reçues sur la loi Travail afin de "démêler le vrai du faux".... Problème, les explications de texte du ministère demeurent très discutables.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 25/02/2016 à 11:09 :
Si les syndicats défendaient les travailleurs plutôt que de faire semblant et d'aller dans le sens du gouvernement et des patrons, ils n'auraient pas à ce poser ce type de question (La CGT veut créer une intersyndicale). Mais bon vu que les syndicats préfère engranger les cotisations sans jamais les redonner pour compenser le manque de paye durant les grèves, ça n'avancera jamais... et personne ne les écoute car les grèves s’arrêteront vite d'elles même (qui peut vivre sans salaire?)
a écrit le 23/02/2016 à 8:39 :
Loi El Khomri : la CGT veut créer une intersyndicale

Il devient urgent que les syndicats se mobilise pour pousser dehors ce gouvernement VallsAyrault qui organise les désordres en France et qui nuit gravement à la paix sociale en France .
a écrit le 23/02/2016 à 7:47 :
Il faudrait d'abord définir ce que l'on considère comme "chomage". On classe dans cette rubrique des retraités, des emplois supprimés par des gains de productivité, etc...
a écrit le 22/02/2016 à 19:53 :
Une pétition contre recueille 200.000 signatures ; les millions qui ne l'ont pas signée seraient-ils pour ?
Réponse de le 29/02/2016 à 11:41 :
aujourd'hui 700 000
a écrit le 22/02/2016 à 17:30 :
Une grande réforme de fond: on va retoucher le chèque-déjeuner et peut-être la médecine du travail! Voilà un gouvernement volontaire qui n'hésite pas .....
Réponse de le 22/02/2016 à 18:33 :
Exact pour la médecine du travail: dans la réforme, la visite médicale obligatoire sera supprimé et remplacée par une simple information. Voilà une réforme qui va changer le monde !
a écrit le 22/02/2016 à 16:59 :
une intersyndicale avec la cfdt on connait la finalité !
et depuis la trahison de la cgt sur les retraites et l'entente commune avec la cfdt cgc cftc sur la représentativité ça n' a été que réduction des droits pour les salariés.
a écrit le 22/02/2016 à 16:45 :
sa sympathique moustache me rappelle un grand bienfaiteur de l'humanite petrie d'empathie et de bienveillance, qui a sevit dans les annees 1930-1955........
Réponse de le 22/02/2016 à 17:56 :
Martinez est pour les 32h par semaine en entreprise.
Staline était pour les 152h par semaine aux goulag sans chèque repas ni salaire ni couverture maladie.
a écrit le 22/02/2016 à 14:24 :
François Rebsamen qui s'exprime!!! On rigole, tout juste bon à retourner au nid pour profiter du système, alors il faut donner le change !!!!

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