Parti "Les Républicains", derrière l'unité de façade, les piques et les tacles

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Malgré la volonté de Nicolas Sarkozy d'afficher "l'unité" du parti "Les Républicains", les tacles et autres piques n'ont pas manqué durant le conseil national du parti.
Malgré la volonté de Nicolas Sarkozy d'afficher "l'unité" du parti "Les Républicains", les tacles et autres piques n'ont pas manqué durant le conseil national du parti. (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
En cloture du conseil national du parti "Les Républicains", Nicolas Sarkozy a égrené ses propositions pour la France. Mais ses rivaux à la primaire de la droite ne se sentent absolument pas liés par ses engagements. Jean-Pierre Raffarin va soutenir Alain Juppé.

Nicolas Sarkozy, confronté à une adversité grandissante dans son camp, a présenté ce dimanche devant le Conseil national du parti "Les Républicains" (LR) les lignes de force, de son projet présidentiel dont il entend imposer la légitimité "démocratique" à ses rivaux pour la primaire de novembre prochain.

Le président de LR a eu beau jeu de se poser en garant du "rassemblement" alors que ses principaux adversaires, Alain Juppé, François Fillon et Bruno Le Maire, avaient choisi de se manifester par leur absence à la manifestation ce dimanche, après une apparition samedi.

L'unité de la "famille" était de tous les discours, mais les attaques cinglantes ou voilées ont de nouveau révélé l'état de tension du parti à l'approche de la primaire. Les rumeurs d'une entrée en lice de Jean-François Copé - qui pourrait se dévoiler ce dimanche soir sur France 2 -, dont les relations avec Nicolas Sarkozy se sont dégradées depuis les premiers remous de l'affaire Bygmalion, ajoutaient à la tiédeur de l'atmosphère.

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a bien tenté de jouer les pacificateurs, comme à l'habitude, pour calmer les écuries concurrentes mais Nicolas Sarkozy l'a rabroué.

Raffarin se fait rabrouer

"Si on est déchirés au premier tour, comment on va arriver au quatrième? Faisons en sorte que les primaires ne soient pas un processus d'exclusion", a lancé le sénateur de la Vienne - qui va annoncer lundi 15 février son soutien à Alain Juppé dans dans une interview dans La Nouvelle République du Centre-Ouest et Centre-Presse -  en liant les deux tours de la primaire à ceux de la présidentielle.

"J'ai compris, je m'étais aperçu qu'il y avait quatre tours", a répliqué Nicolas Sarkozy lors de son discours.

"Au premier tour tu rassembles tes amis, au deuxième tu rassembles ta famille, au troisième tu rassembles tous les Français de la droite et du centre, au quatrième tu rassembles tout le monde!", a-t-il ajouté.

"Ce n'est pas au moment où le Front national est au niveau électoral que l'on sait que la moindre division entre nous serait acceptable. (...) On peut tout me demander, mais pas d'être le président de la division", a souligné Nicolas Sarkozy.

Avant lui, Laurent Wauquiez, numéro deux du parti et tenant d'une ligne droitière, avait interpellé à mots couverts Alain Juppé, au zénith dans les sondages, sur son projet jugé par trop modéré.

 Wauquiez tacle Juppé

Si la droite devient "une pâle copie de la gauche", a-t-il déclaré, "ce chemin n'amènera que de nouvelles trahisons". "Il peut permettre de caracoler dans les sondages", mais "c'est un nouveau chemin d'indignité", a-t-il lancé.

Une virulence qui a fait dire à Jean-Pierre Raffarin, dans une allusion ironique au récent remaniement gouvernemental, que Laurent Wauquiez pourrait être "ministre de la Fraternité". Le nouveau président d'Auvergne-Rhône-Alpes avait auparavant prononcé un discours, très applaudi, aux accents nationalistes. "Ce n'est pas à la République de s'adapter aux étrangers, c'est aux étrangers de s'adapter à la République", a-t-il lancé.

Sarkozy expose ses thèses et refuse toute alliance avec le FN

Les propositions de Nicolas Sarkozy empruntaient à un ton moins "clivant", selon l'expression de Jean-Pierre Raffarin, mais traçaient la même ligne, déjà esquissée par les conventions thématiques du parti et le livre de l'ancien président.

"Les Républicains veulent être le parti de la Nation française", a-t-il dit. Retour de l'ordre républicain, refondation du modèle social, "baisse massive des charges" pour les entreprises, fin de la "fiscalité confiscatoire", "extinction des régimes spéciaux de retraite", rétablissement des peines planchers, "neutralité religieuse" dans les lieux publics et l'entreprise : Nicolas Sarkozy a exposé ses principaux credos, sans mesures nouvelles.

Réaffirmant son refus de tout accord avec le FN, il a plaidé pour le "respect de l'identité nationale" face à l'immigration. "Les racines chrétiennes de la France ne sont pas un obstacle à l'assimilation" mais elles ne doivent pas être "victimes d'une immigration sans limite ou d'un communautarisme qui n'a pas sa place dans la République", a-t-il dit.

Un texte soumis aux militants

"Les Républicains ont vocation à définir et à porter un projet collectif et ambitieux", a dit Nicolas Sarkozy.

Ce texte sera transmis lundi aux fédérations, qui auront le loisir de l'amender. Le projet révisé sera ensuite soumis en mars au bureau politique, qui pourra à son tour le modifier. Il sera tranché in fine par un vote des militants en avril.

"C'est un choix sans retour pour nous", a martelé le président de LR, comme un défi à ses rivaux qui ont d'ores et déjà prévenu qu'ils ne s'estimaient pas liés par ce corpus.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 19/02/2016 à 11:31 :
Quand on a pas de programme c'est le seul moyen de faire parler de soi...
a écrit le 15/02/2016 à 18:07 :
Tous ces Républicains qui parlent de nouvelle économie, mais qui dès à présent proposent de rejoindre une économie mondiale déjà chancelante. Vouloir poursuivre à outrance dans des énergies qui dégradent l'environnement. Et dans un manque de diversité qui va sans cesse accentuer la disparition de nos ressources naturelles, ne peut être bon que pour une économie génératrice de grandes richesses pour certains et d'une vie de misère pour la plus grande partie des humains. La richesse ne se compte pas seulement en pouvoir d'achat, mais aussi en qualité de vie. Or l'exploitation du gaz de schiste ainsi que de toutes les énergies fossiles ; comme de celle qui nous obligerait à stocker du poison ne peuvent contribuer au bien être de l'humanité. A longue échéance c'est la paupérisation généralisée qui nous guette. Alors ce n'est pas faire état de vieux logiciels économiques que de refuser ce type d'économie. Certes, le monde change et évolue, mais la maîtrise de cette évolution nous appartient.
Des hommes neufs, pour une politique nouvelle, voilà ce dont nous avons réellement besoins. Un concept Européen qui ne soit pas à la traine de négociations du libre échange dont on sait pertinemment qu'il laissera sur le carreau des millions de personnes. La sagesse ne vient pas de l'économie de marché, mais d'une gestion politique. Et la gestion politique proposée par les Républicains consiste à dire laissons faire les marchés ; nous saurons vous apporter du réconfort ; pour ne pas dire:" vous faire avaler la pilule".
a écrit le 15/02/2016 à 8:11 :
Nos économistes expriment des idées fausses en ce qui concerne la fiscalité et en ce qui concerne le chomage. Et en plus, ils ignorent le role de l'énergie. Il est urgent de réagir. Voir à ce sujet "trépalium".
a écrit le 15/02/2016 à 8:04 :
Les candidats devraient proposer une réforme fiscale permettant de basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. Cela devrait favoriser la transition énergétique et participer au financement du temps rendu disponible grace aux gains de productivité procuré par les usages de l'énergie.
a écrit le 15/02/2016 à 5:26 :
Une idée simple …

Pour en finir avec la République des énarques, des polytechniciens et des commis d’office, osons la rupture…
Puisque nous continuons à naviguer dans le brouillard sans savoir comment nous sortir de la crise d’un système à bout de souffle…
Puisque nous voyons se multiplier les manœuvres et combines politiciennes entrainant des trahisons déclarées et d’autres à venir de consciences faibles prêtes à tout pour avoir leur place en vue de l’échéance obsédante de 2017…
Et puisqu’aucune alternative crédible ne se dessine pour que le peuple puisse retrouver son pouvoir - avec des représentants révocables s’ils s’avèrent malhonnêtes ou incompétents - et sa souveraineté en décidant librement par lui-même et pour lui-même sans ingérence extérieure…UE-OTAN et lobbies.
Pourquoi ne pas oser la rupture en proposant une équipe autour de Mickael Wamen, ex-Goodyear qui a non seulement fait bonne impression et fût convaincant lors de l’émission Le Grand Journal du 13/01 mais parce que c’est une personne du peuple -un sans dent- digne de confiance et de respect qui se bat et ne cesse de rappeler qu’au-delà de leur cas, la crise -voulue et entretenue par les profiteurs du système- ne peut être résolue dans le cadre politique actuel avec lequel il faut rompre radicalement…
Nous n’avons pas besoin d’un président… Et encore moins d’un président/monarque commis d’office et donc totalement soumis.
Il faut rompre avec ce système en préparant parallèlement les conditions pour la mise en place d’un projet valorisant l’humain et cela passe par d’adoption d’un programme crédible qui montre que nous prenons le bon chemin…
Ceci est une idée simple que je propose pour opérer un réel changement autour du programme qui suit:
• Pas de retraite supérieure à 8000 euros ni inférieure à 2000 euros/mois. L’actuel président va partir avec une retraite de 35800 euros (info donnée par I télé). VGE nous coûte 2 500 000 et Sarkozy 2 200 000/an, pendant que beaucoup d’autres citoyens survivent avec 600 euros/mois ; est-ce bien raisonnable ?
• Pas de revenu mensuel supérieur à 15 000 euros ni inférieur à 2500 euros. Aujourd’hui Jean-Bernard Lévy PDG d’EDF touche 450 000 euros/an plus une retraite chapeau de 200 000 et qui sera augmentée de 60 000 euros pour chaque trimestre travaillé… D'après une enquête de l'Insee, les 2.167 millions d'agents actifs dans les ministères et les établissements publics ont perçu en moyenne un salaire de 2.469 euros nets en 2013… L’enquête a montré une baisse de pouvoir d’achat de 0,7%. Cette moyenne cache la réalité des enseignants -par exemple- qui sont rémunérés à peine à 2000 euros/mois malgré leur niveau de qualification…Leurs collègues allemands touchent le double… et les luxembourgeois plus du double de leur revenu!
• Un revenu universel d’existence de 1200/mois. La Suisse envisage d’instaurer un revenu universel de 2300 euros, la Finlande… les Pays Bas et même le Brésil ont établi un R U E; en Alaska chaque citoyen perçoit l’équivalent de 1700 euros/mois.
• Une activité utile et le minimum vital pour chacun(e). Se nourrir, se loger, se soigner, s’instruire, avoir accès à la culture et aux loisirs n’est pas un luxe dans un Etat dit démocratique qui parle de justice sociale et affiche l’EGALITE…
• Une garantie de financements fiables et durables en se réappropriant les banques, les assurances, les autoroutes, l’industrie pharmaceutique, l’eau et les sources d’énergie pour s’assurer des fonds propres… N’est-il pas plus juste de « sacrifier » les profits des actionnaires que de léser les salariés, les employés et les fonctionnaires ?
• Des médias libres et libérés des pouvoirs patronaux notamment… A contre-courant des médias actuels qui se livrent à une véritable propagande pour nous faire avaler -sous couvert de la lutte contre le terrorisme - les guerres… Guerres néocoloniales à l’extérieur avec tous les « dégâts collatéraux » touchant des populations par centaines de milliers qui rencontrent la mort, les mutilations à vie ou l’exil forcé et guerres économiques et sociales à l’intérieur contre les syndicalistes, les travailleurs, les résistants et les libres penseurs…avec ici aussi des « dégâts collatéraux » touchant les proches lorsque le salarié est licencié et jeté comme un kleenex.
• La laïcité vraie… La laïcité qui garantit la liberté de croire ou ne pas croire avec strict séparation des pouvoirs. Les religieux doivent s’abstenir de se mêler de la politique… Pas un sou des fonds publics ne doit alimenter les caisses des groupements religieux comme le Conseil Français du Culte Musulman ou le CRIF…
• La fin des privilèges… Est-il raisonnable de continuer à débourser des sommes indécentes pour entretenir des personnages qui nous coûtent cher, trop cher et ne servent à rien : Présidents, anciens Présidents, Sénateurs, Députés européens… ?
« Le terrorisme téléguidé, la déchéance de la nationalité … » ne sont que des épiphénomènes pour faire passer des projets antisociaux et liberticides voulus par les capitalistes et exécutés par leurs chiens de garde de droite, sociaux-démocrates et « socialistes » !

Une société qui accule ses membres à des solutions de désespoir est une société non viable, une société à remplacer.
Le devoir du citoyen est de le dire. Aucune morale professionnelle, aucune solidarité de classe, aucun désir de laver le linge en famille ne prévalent ici. Nulle mystification pseudo-nationale ne trouve grâce devant l’exigence de la pensée.
Frantz Fanon

Hamid Benzekri le 13/02/2016
a écrit le 14/02/2016 à 23:46 :
Sarkozy est à la droite ce que Hollande est à la gauche, une erreur de casting ……..
a écrit le 14/02/2016 à 23:42 :
Tous derrière Marion !
Réponse de le 17/02/2016 à 1:12 :
Je me demande quand même s’il ne faut pas être un peu bas du front pour porter le Front aussi haut sans en mesurer les conséquences.
a écrit le 14/02/2016 à 22:50 :
In finé, pour les Républicains le problème est une affaire de cuisson ;

Sarkozy est cramé, il s'est cramé lui même, l'arrogant sarko et les affaires sarkoton,

Sarkozy va emmené ses affidés dans une déculottée encore plus mémorable que celle de 2012, déjà remarquée

Wauquiez manque de cuisson -) Les Républicains de la base doivent bien se rappeler des piètres états de services de ce fils de banquier d'affaires, Indosuez pour les initiés, qui n'a jamais travaillé de sa vie ... et voudrait faire la leçon sur la valeur travaille ...

Wauquiez blablateur invétéré bon à rien mauvais à tout lorsqu'il a été Ministre de Sarkozy

Wauquiez dont la bourgade d'à peine 18 000 habitants du Puy en Velay (Préfecture microscopique) s'est désertifiée alors qu'il en était Maire

Wauquiez dont le département de la Haute Loire, à peine 200 000 habitants, de la taille d'une petite ville, souffre de routes mal entretenues, de désertification et de misère agricole, d'une industrie à la peine

bref une équipée Sarkwauquiez, c'est un désastre plus que certain....
a écrit le 14/02/2016 à 21:23 :
Àvec tout ce beau 💣monde⚔ sic !!!

💉💊

Je vais aller voter en suisse 👹🇨🇭
Réponse de le 15/02/2016 à 11:06 :
Moi aussi, je vais aller en Suisse, je cherche du boulot à Genève : je fais tout pour quitter la France que je rejette !
a écrit le 14/02/2016 à 19:43 :
C'est une belle vanne de Raffarin, mais je suis sûr que même en étant ministre de la fraternité BW arriverait à en détourner le sens par le langage enfin d'en faire un char de combat qui aille dans le sens de ses idées qu'il commence à beaucoup confirmer je trouve.
a écrit le 14/02/2016 à 18:47 :
J P Raffarin a oublié le cinquième tour, celui où on ne rassemble personne et c'est ce qui va se passer au LR, avant même le 5ème tour, car la désunion pointe derrière un accord de façade. Il faut que NS comprenne que son fan club se réduit comme une peau de chagrin et qu'ils seront bientôt juste assez pour faire une partie de bridge.
a écrit le 14/02/2016 à 17:55 :
Il est dans le déni qu'une partie de ceux qui avaient voté pour lui en 2007 ont bien compris que ce Monsieur est un loseur, rien de bon à attendre. Fini le temps d'une France sourde aux mensonges et autres magouilles de petits politiciens, M. Sarkozy, M. Hollande pour ne citer que les deux loseurs qui ont déjà tenus le manche avec un bilan de 6 millions de chômeurs et 2000 milliards de dette . La France a besoin de compétences d'homme d'Etat le seul, pb qui? pas dans ceux qui tiennent le crachat dans les médias ou tous ces vieux en politique malgré leur âge comme M. Wauquiez , M. Valls et autres brushing de la télé.
Réponse de le 16/02/2016 à 15:24 :
La structure électorale de notre pays est faite pour que lui et Hollande garde toute leur chance d'être élu en 2017... Pour que ce magouilleur sorte de la politique, y a que si lui le veut. Nous lui avons mis une déculotté en 2012 pour qu'il parte pourtant il est toujours là (malgré le fait qu'il annonce se retirer de la politique) et a toute ces chances pour 2017 face à un Hollande qui a la même ligne politique que lui... Maintenant si on ne veux ni de equel, ni de jequel, on vote pour qui?
a écrit le 14/02/2016 à 17:30 :
Il est dommage qu'un homme politique contrairement à un footballeur ne peut pas être interdit de pratiquer la politique en fonction de ces "dires des autres". Bien évidemment cela concerne autant Mr Sarkozy que Mr Hollande et Mme Le Pen...

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